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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:38

 

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Bibliographie

 

La guerre du Viet-Nam de John Prados, Perrin, 2011.

 

 

 

 

 

 

I. La guerre d'Indochine (1946-1954).

 

1°) L'Indochine Française.

 


A°) La présence française en Indochine.

 

La France est présente en Indochine depuis la fin du 19eme siècle. Sous l'impulsion de Jules Ferry, surnommé "le tonkinois", père de l'école obligatoire et gratuite française et grand promoteur de la colonisation, la République créa l'Indochine Française, en 1884, réunissant l'Annam, la Cochinchine, le Laos, le Cambodge et le Tonkin.

 

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L'Indochine ne fut pas une colonie de peuplement, comme l'Algérie, il n'y avait que 30 000 français qui habitait ce pays, en 1940, sur 22 millions d'habitants.

Cette colonie d'exploitation se concentrera sur la culture de l'hévéa, pour produire le caoutchouc.

 

B°) Le rôle de la seconde guerre mondiale.

 

Durant la seconde guerre mondiale, l'Indochine, malgré la défaite française,  sous la férule de l'amiral Decoux, réussit à garder une certaine intégrité du territoire malgré la pression des nippons. Toutefois, il dut faire des concessions aux japonais et ne put stopper l'invasion nippone, le 9 mars 1945, qui se traduisit par la proclamation de l'indépendance du Viêt Nam, le 10 mars. Comme dans les colonies africaines, la défaite du colonisateur français ne fit qu'accélerer le désir d'indépendance des populations colonisées.

Lors de la capitulation japonaise, le 2 septembre 1945, le leader du Parti Communiste Indochinois, Ho Chi Minh,

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/17/Ho_Chi_Minh_1946_cropped.jpg

 

à Hanoï, lut la déclaration d'indépendance.

 

2°) La guerre d'Indochine.

 

A°) Un conflit inévitable.

 

Le communiste Ho Chi Minh s'appuie sur la Charte de l'Atlantique, énoncée par le président Roosevelt, en 1941, pour légitimer l'indépendance du Viêt Nam, alors que la France, elle, veut encadrer cette indépendance. Le 6 mars 1946, l'envoyé du Gouvernement français, Jean Sainteny, signe un accord avec Ho Chi Minh, reconnaissant l'existence d'un Etat libre du Viêt Nam au sein de l'Empire français. Mais, dans le camp français, certains militaire ne veulent pas de ces accords. Le 23 novembre 1946, des échauffourées entre français et vietnamiens entraînent le bombardement du port de Haiphong par la marine française. Le 19 décembre, Ho, chef du Viet Minh (coalition de mouvements vietnamiens pour l'indépendance) lance une offensive pour libérer Hanoï qui marque le début de la guerre d'Indochine.

 

B°) Une guerre impopulaire.

 

Dans un contexte de guerre froide naissante, le parti communiste français qui pèse 25 % des voix en France, soutient le Viet Minh, dirigé par les communistes. Il s'oppose à cette guerre impérialiste et fait bloquer, dans les ports, par les dockers, des transports de troupes en partance pour l'Indochine, comme le Pasteur, bloqué 48 heures à Marseille.

La République a besoin de volontaires pour aller combattre. Le 27 mai 1948, le ministre de la Justice, André Marie, s'adresse aux directeurs de l'administration pénitentaire pour leur demander de sélectionner des détenus pour aller se battre en Indochine. 4 000 volontaires se font inscrire, pour racheter leur peine, souvent pour faits de collaboration. Ils formeront le 1er BILOM, surnommé le " bataillon des damnés" par Raymond Muelle.


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L'armée française est surtout constituée de troupes coloniales, de la Légion Etrangère et des unités de parachutistes.

 


C°) Une guerre ingagnable.

 

Si la France contrôle les grandes villes, l'armée ne maîtrise pas le pays profond, couvert par une jungle impénétrable. En 1949, la victoire des communistes en Chine, sous la férule de Mao, va constituer un tournant, puisque les chinois vont désormais aider les troupes du Viet Minh, contre les français, et leur offrir un sanctuaire, de l'autre côté de la frontière.

L'armée française connaîtra d'ailleurs sa première défaite, en 1949, face aux troupes vietnamiennes, à Cao Bang.

 

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Le général de Lattre de Tassigny est alors envoyé en Indochine pour redresser la situation militaire, ce qu'il arrive à faire, avant de s'éteindre en 1952.

 

D°) D'une guerre coloniale à une guerre contre le communisme.

 

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, qui focalise la guerre froide en Asie, la France va s'inscrire dans une lutte contre les communistes, en donnant l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Viêt Nam. L'armée française profite de l'aide américaine pour combattre le Viet Minh. En 1953, le nouveau président des USA, Einsenwoher, annonce sa "théorie des dominos", et renforce son aide aux français.

 

E°) La défaite de Dien Bien Phu et la fin de la guerre.

 

La France s'épuise dans cette guerre lontaine et en mai 1954, l'armée française connaît une défaite historique dans la cuvette de Dien Bien Phu. Cette déroute accélère le désengagement des français et Pierre Mendès-France clôt le chapître français en Indochine avec les accords de Genève, signé en juillet 1954, qui mettent fin à la présence française en Asie. Le Viêt Nam est divisé en deux entités dont la frontière était le 17eme parallèle. Au Nord, les communistes de Ho Chi Minh dominaient, au sud, un gouvernement nationaliste existait.

 

II. La guerre du Viêt Nam (1964-1975).

 

1°) Deux Viêt Nam.

 

Au Nord, une République Démocratique du Viêt Nam, dirigé par les communistes et Ho Chi Minh, au sud du 17eme parallèle, depuis 1955, une République du Viêt Nam dirigée par Ngo Diemh, soutenue par les américains, qui refuse les accords de Genève et l'horizon de la réunification.

 

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Le nord Viêt Nam va alors alimenter une guérilla pour déstabiliser le régime pro-américain de Ngo Diemh, en s'appuyant, dès 1960, sur le Front National de Libération du Sud Viêt Nam (FNL) également appelé Viêt-Cong. Ce dernier était soutenu par l'URSS et la Chine communiste alors que dans la logique de la guerre froide, les USA, selon la "théorie des dominos", appuyèrent le Viêt Nam du sud.

En janvier 1961, devant l'activisme du FNL contre le sud, le président Kennedy porta à 15 000 soldats US, la présence américaine au Viêt Nam du sud.

 

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Devant l'impopularité du régime de Ngo Diemh, les américains autorisèrent un coup d'état contre ce dernier, le 1er novembre 1963, qui ne faisait que renforcer les velléités belliqueuses du nord.

 

2°) Le début de la guerre du Viêt-Nam.

 

a°) Le président Kennedy pour le retrait des troupes du Viêt-Nam ?

 

L'historien John Prados (La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133-134) affirme que la volonté de Kennedy de se désengager du sud Viêt-Nam fut surtout entretenue, après sa mort, par quelques uns de ses conseillers, comme Robert McNamara et repose sur une de ses décisions, éditée dans la NSAM 263, de début octobre 1963, qui actait le retrait de 1000 conseillers militaires pour la fin 1963. Or, il ne faut pas oublier que c'est sous la présidence Kennedy que la présence américaine au sud Viêt Nam est passée de 1200 à 15 400 soldats, de 1962 à 1963 ! De même, dans deux émissions télévisées, l'une sur CBS, l'autre sur NBC, en septembre 1963, le président avait réaffirmé qu'un retrait des forces américaines serait une erreur. Tous les plans de retrait étaient assujettis à la défaite du Front National de Libération du sud Viêt Nam, condition qui n'était nullement réunie à l'époque. Pour John Prados, ce mémorandum NSAM 263, envisageant le retrait de 1000 conseillers américain, était un moyen de faire pression sur le président Diem, pour qu'il réforme ou quitte le pouvoir, condition sine qua non à une aide américaine.

De plus, à la même époque, le président autorisa une escalade militaire au Laos, pour soutenir les forces nationalistes pro-américaines contre le Pathet Lao, mouvement communiste soutenu par le nord Viêt Nam, qui avait repris les hostilités en 1963. Or, la problématique laotienne était intimement liée à la situation vietnamienne.

Par contre, Kennedy était pour une "vietnamisation" progressive du conflit, position qui sera adoptée par Johnson et Nixon.

 


b°) Le sud Viêt Nam, un régime à la dérive.

 

Le coup d'état du 1er novembre 1963 fut suivi par  d'autres, en cette année 1964, dont celui du général Kanh qui renversa le régime de Minh ! Cette déliquescence du régime sud Viêtnamien inquiétait les américains, alors que les forces Viêt Cong accentuaient leurs pressions.

 

c°) La guerre civile au Laos, prolégomène à la guerre du Viêt Nam.

 

Au Laos, la guerre civile gagna en intensité, à partir de 1963, et les forces nationalistes pro-américaines étaient mises en difficulté par les communistes du Pathet Lao soutenus par le nord Viêt Nam. Il y eut une escalade militaire au Laos, actée par le président Kennedy dans le NSAM 259. En mai 1964, des bombardiers américains bombardèrent la piste Ho Chi Minh, au Laos, voie qui ravitaillait la guérilla du FNL au sud Viêt Nam. L'intervention militaire des américains au Laos ne pouvait être qu'un prodrome à l'intrevention militaire au Viêt Nam, puisque la problématique était la même, un régime pro-américain, dans les deux pays, qui s'effondraient devant la guérilla communiste.

 


d°) L'indicent du Golfe du Tonkin.

 

Entre le 2 et 4 août 1964, dans le golfe du Tonkin, des tirs sont échangés entre des torpilleurs nord-vietnamiens et deux destroyers américains, les USS Maddox et Turner Joy. Après ces incidents, le Congrès des USA approuva, le 7 août, la "résolution du golfe du Tonkin" qui permettait au président Johnson,

 

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"de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire échec au communisme" ce qui signifiait une intervention militaire américaine.

 

3°) La guerre du Viêt Nam.

 

a°) Opération Rolling Thunder.

 

Les américains choisissent d'utiliser les bombardements stratégiques, avec l'opération Rolling Thunder,  pour faire plier le nord Viêt Nam. Ces bombardements massifs qui dureront de 1965 à 1968 seront un échec, puisqu'ils ne pourront amener le pouvoir communiste de Hanoï à négocier.

Par contre, de 1965 à 1973, les bombardiers américains bombardèrent massivement les bases arrières du Viêt Cong au Cambodge, dans le plus grand secret.

 

b°) L'offensive du Têt: défaite militaire mais victoire politique.


 

De 190 000 soldats, début 1965, les effectifs militaires américains vont augmenter à 525 000, début 1968.

Le 30 janvier 1968, les forces combinées du FNL et de l'armée nord-vietnamienne passent à l'offensive lors de l'offensive du Têt,  en attaquant les villes du sud Viêt Nam. Mais après 5 semaines de combat, l'attaque communiste sera un échec sanglant. Mais politiquement, cette offensive fut une victoire, puisque médiatiquement parlant, les combats de rues montrés à la TV américaine et les 700 boys morts surant le Têt, accéléra le retournement de l'opinion publique américaine.

 

c°) L'opposition américaine à la guerre du Viêt Nam.

 

Le 21 octobre 1967, une marche vers le Pentagone, contre la guerre du Viêt Nam, va mobiliser 100 000 personnes. Le 15 novembre 1969, de 250 à 500 000 personnes participeront à la marche anti-guerre vers Washington.

Beaucoup de jeunes américains refusent de partir se battre au Viêt Nam, le plus célèbre des objecteurs de conscience fut le boxeur Mohamed Ali.

 

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Le mouvment hippie anti-guerre, s'appropriera le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".


d°) Nixon ou le désengagement progressif.

 

Richard Nixon, élu fin 1968, avait fait du désengagement progressif du Viêt Nam une promesse de campagne.

 

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Sous l'influence de son conseiller, Henry Kissinger, il commença des pourparlers de paix avec le nord Viêt Nam, à Paris, à partir de 1969.

La nouvelle stratégie des américains fut la "vietnamisation" du conflit, c'est à dire remplacer, progressivement, les boys par des sud-vietnamiens, capables de se défendre eux-mêmes.

Mais cette stratégie ne fonctionna pas, le régime du sud Viêt Nam étant trop corrompu pour avoir un quelconque crédit par rapport à sa population.

 

e°) Les accords de paix de Paris (1973).

 

Américain et vietnamien signent, le 27 janvier 1973, les accords de Paris, les américains s'engageant à retirer leurs troupes et les vietnamiens s'engagaient à libérer tous les prisonniers. L'agonie du sud Viêt Nam dura encore près de 2 ans, jusqu'à la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, clôturant 11 ans de guerre.

 

4°) La guerre du Viêt Nam dans la culture américaine.

 

Si Les Bérets Verts, de John Wayne, en 1968, était une ode à l'action militaire au Viêt Nam, rapidement, le cinéma américain va aborder la violence de cette guerre, dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, en 1979, 

 

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souligner les conséquences psychologique et sociale du conflit, avec Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, en 1978, 

 

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et Rambo, de Ted Kotcheff, en 1982.

 

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Par rapport à la censure touchant la guerre d'Algérie, en France, Hollywood, peu après la fin de la guerre, a pu évoquer ce conflit dans tous ses aspects.

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