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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 14:05

Pour approfondir le sujet, voici une bibliographie sommaire.

 

I. Les victoires militaires de l'Axe.

 

1°) La drôle de guerre.

 

a°) La posture défensive des alliés.

 

Depuis le début du conflit mondial, le 1er septembre 1939, après l'anéantissement de la Pologne par les armées allemandes et soviétiques, le front est resté calme, à l'Ouest. Les deux armées, alliées et teutonnes se regardent en chien de faïence.

Les français, sous le commandement de Gamelin, n'ont pas une armée faite pour l'attaque, puisque une stratégie défensive, symbolisée par la Ligne Maginot, est en place depuis 1918, théorisée par le Maréchal Pétain.

Les anglais, eux, n'ont pas encore une armée de terre digne de ce nom, puisque La British Expeditionary Force (BEF), commandé par Lord Gort,  ne concentre que 10 divisions et une Brigade Blindée, ce qui en  fait juste une force d'appoint.

 

b°) Hitler ronge son frein !

 

La problématique du côté allemand est un peu différente. Le Führer avait tancé ses généraux pour attaquer au plus vite à l'Ouest, sachant pertinemment, que le temps jouait contre lui. Mais un hiver rigoureux et surtout la capture, par les alliés, du Plan Jaune, à Mechelen, le 10 janvier 1940, reporta l'attaque à l'Ouest au printemps 40, à la grande fureur du Führer !

 

c°) La tentative de médiation des américains.

 

Devant cette neutralisation apparente des deux ennemis, le n°2 du département d'état, Sumner Welles, est envoyé, en février-mars 1940, par le président Roosevelt, en Europe, pour trouver une médiation entre les belligérants. Mais sa mission est un échec, car aucun des pays en guerre n'est prêt à s'asseoir à une table de négociation. Les anglais, notamment, pensent qu'il est impossible, désormais, de négocier avec les nazis.

 

2°) Victoires allemandes.

 

a°) Les regards se tournent vers la Scandinavie.

 

En novembre 1939, l'URSS attaqua la petite Finlande, qui, courageusement, résista aux ardeurs guerrières soviétiques. Les franco-anglais, qui disposaient d'une supériorité maritime, planifièrent alors d'envoyer des troupes pour aider les courageux finlandais. De plus, les alliés pensaient déjà profiter de cette opération dans le Nord de l'Europe pour couper la route du fer, qui, des mines de Gällivare en Suède, jusqu'à l'Allemagne, étaient vitales pour l'effort de guerre allemand.

 

b°) Opération Weserübung, l'invasion de la Norvège.

 

La perspective de voir les alliés prendre pied en Scandinavie et menacer le ravitaillement en fer de l'Allemagne fait réagir Hitler qui lance l'Opération Weserübung, le 9 avril 1940. Alors que des troupes envahissent le Danemark, pour contrôler les détroits dans la Baltique, les parchutistes allemands sautent sur Oslo, bientôt rejoint par une flotte allemande d'invasion, qui perdra malgré tout le croiseur lourd Blücher.

Alliés et allemands vont alors férocement battre pour contrôler la ville de Narvik, dans le nord de la Norvège.

 

Weserubung.png

 

c°) La Bataille de France, les 10 jours qui ébranlèrent le monde !

 


# Manstein, le concepteur du plan allemand.

 

Le premier plan Jaune, tombé aux mains des alliés en janvier 1940, reprenait les directives du plan Schlieffen, de 1914, d'une attaque par la Belgique. Obligé de changer son fusil d'épaule, Hitler fut sensible aux idées du général von Manstein,

 

von-manstein.jpg

(source: wikipedia)


qui eut l'idée de concenter les divisions blindées allemandes pour attaquer dans les Ardennes, massif réputé infranchissable par les militaires français, et donc non protégé par la Ligne Maginot.

 

# La percée des Ardennes, les français tombent dans le piège.

 

Le généralissime Gamelin, chef des armées françaises, est persuadé que les allemands vont passer par la Belgique, comme en 1914 et a concentré ses meilleures unités mobiles sur la frontière belge, prêtes à contrer l'offensive allemande.

Dans les Ardennes, les troupes françaises sont de seconde catégorie. Le 10 mai 1940, alors que les services de renseignements français n'ont pas détecté la concentration des 7 divisions blindées allemandes face à Sedan, qui seront le fer de lance de l'offensive teutonne, le PanzerGruppe von Kleist, premier groupe blindé de l'histoire militaire, attaque en traversant le massif ardennais, loin d'être infranchissable ! Après 4 jours de combat, les allemands ont percé la ligne de front française, à Sedan, débouchant sur les arrières des armées françaises. Gamelin n'ayant pas prévu de réserve en cas de coup dur, ne peut pas réagir.

 

682px-France_1940-Plan_de_bataille.svg.png

(Source: wikipedia)

 

Les 7 divisions blindées allemandes se ruent alors dans la brèche, prenant à revers la ligne Maginot et remontant vers la mer du Nord, pour encercler les divisions alliées qui s'étaient imprudemment avancées en Belgique dans le cadre de l'opération Dyle-Breda.

 

# La Belgique et les Pays-Bas tombent.

 

 

Alors que les divisions blindées de von Kleist s'affairent dans les Ardennes, le Groupe d'Armées B, de Fedor von Bock, attaquent simultanément la Belgique et les Pays-Bas, pour faire croire à une redite du Plan Schlieffen de 1914.

Une opération commando allemande, avec l'intervention des parachutistes, fait tomber le fort d'Eben-Emael, réputé imprenable.

Au Pays-Bas, la 18e armée de von Kuchler disposant de 4 division d'infanterie, de la 9e PanzerDivision, d'une division de Cavalerie (la seule de l'armée allemande), et de régiments de la Waffen SS (Der Führer, Germania et LAH) devait investir le pays. La 7e Fliegerdivision, unité de parachutistes, commandée par Kurt Student, et la 22e infanterie aérotransportée, dirigée par von Sponeck, investissent les aéroports de  La Haye et Rotterdam. Mais devant la résistance hollandaise, Rotterdam fut bombardée par la Luftwaffe (= armée aérienne allemande), le 14 mai 1940, premier bombardement de terreur de la seconde guerre mondiale. Les Pays-Bas capitulèrent le 15 mai, l'armée belge, le 28 mai.

 


# La poche de Dunkerque et l'Opération Dynamo.

 

Les armées alliées, en déroute, pressées par les panzers allemands, reculent dans la ville portuaire de Dunkerque, où elles sont assiégées par les armées hitlériennes. Siège relatif puisqu'Herman Goering, le chef de la Luftwaffe, persuada Hitler de lui laisser le champ libre pour détruire, avec son aviation, les reliquats des armées alliées. Le Maréchal de l'air, homme vaniteux, avait pris ses désirs pour des réalités, et permit à la Royal Navy d'évacuer 330 000 soldats de la poche, sauvant les armées anglaises de la captivité.


 

# La trahison italienne.

 

Le 10 juin 1940, Mussolini, du haut de la piazza de Venezia,

 

 

 

 

déclarait la guerre à la France et à la Grande-Bretagne. Le Duce, malgré les réticences de son chef d'état major, le général Badoglio et de son gendre et Ministre des Affaires Etrangères, le comte Ciano, prétextant l'effondrement imminent des français, voulut sa part du gâteau ! Le président Roosevelt qualifia le jour même, la déclaration de guerre italienne comme un véritable "coup de poignard dans le dos" !

 

# Pétain demande l'armistice.

 

Devant le désastre militaire, Paul Reynaud démissionne, le 16 juin, et est remplacé par le Maréchal Pétain, ouvertement favorable à un armistice.

 

 

 

 

 


Pourtant, le général Noguès, chef des forces françaises en Afrique du Nord, se montre prêt à continuer le combat dans l'Empire, soutenu par De Gaulle et le général Mittelhauser, chef des forces armées au Levant.

Mais, le ralliement de Darlan, chef de la Royale, à l'armistice, le fait que les conditions allemandes ne touchent ni la Marine française, ni l'Empire, va désamorcer les velléités belliqueuses de Noguès, qui va se rallier à l'arrêt de combats.

Seul, le général de Gaulle, alors sous-secrétaire de l'état à la Guerre, exilé à Londres, demande aux français de le rejoindre pour continuer le combat, lors de son célèbre appel du 18 Juin.

 

appel-juin-gaulle.jpg

 


Le 22 juin 1940, la France, meurtrie, accepte les conditions très dures de l'ennemi. Hitler vient de terrasser la "première" armée du monde et l'aigle nazi trône sur Paris.

 

 

II.Londres ou/et Moscou ?

1°)  Allemagne-Angleterre :une paix introuvable, une guerre improbable.

a°) Hitler veut faire la paix avec l'Angleterre.

# Le désir de paix d'Hitler.

La victoire écrasante de l'armée allemande sur la France, avait persuadé Hitler que l'Angleterre allait s'asseoir à la table des négociations. Dès le 21 mai 1940, alors que le grand-Amiral Raeder avait évoqué, devant Hitler, un possible débarquement sur les îles Britanniques, le marin s'était vu répondre que la Grande-Bretagne accepterait la paix, après la défaite de la France ! La modération du Führer, envers l'Angleterre, se manifeste encore le 13 juin, dans une interview qu'il donne au journaliste américain Karl von Wiegand, le correspondant du New-York Journal American, le principal quotidien isolationniste du groupe Hearst.
Le comte Ciano, le 18 juin, à Munich, sera impressionnée par le désir de paix du Führer avec les anglais, il lui fera l'effet d'un "joueur de poker ayant réussi un gros coup et qui voudrait quitter la table !"
Le 24 juin, alors que l'armistice avec la France est signé, Hitler affirme que la guerre est finie à l'Ouest, qu'un terrain d'entente sera trouvé avec les anglais et qu'il ne restera qu'à régler nos comptes à l'Est.
Le 13 juillet, Halder, le chef d'état-major de l'OKH, en visite au Berghof, évoque la perplexité du Führer face à la "mauvaise grâce anglaise à ne pas faire la paix" !
Après avoir repoussé son discours de "paix", tout le mois de juillet, pour sonder les anglais sur leurs intentions, Hitler, le 19 juillet, devant le Reichstag, fit sa tirade. Après avoir égréné le nom des 12 généraux qu'il élevait à la dignité de feld-maréchal, le dictateur allemand affirma que la position de l'Allemagne était désormais inexpugnable et il invitait l'Angleterre à faire la paix, tout en la menaçant, en cas de refus.
Une heure après, la réponse de Londres se fit entendre ...c'était "NON" !

# Les anglais jouent l'offensive sur mer.

Mais les anglais se montrent inflexibles dans leur volonté de combattre, guidés par Winston Churchill. D'ailleurs, le 3 juillet 1940, dans le cadre de l'opération Catapult, l'amiral Sommerville, lança un ultimatum à la flotte française mouillant à Mers-el-Kébir. Devant le refus de l'amiral Gensoul d'accepter les conditions anglaises, l'escadre britannique ouvrit le feu pour neutraliser les navires de guerre français. Prendre le risque de voir deux cuirassés et deux croiseurs lourds français rejoindre l'Axe, n'était pas pensable pour les britons.
Les anglais remettent le couvert contre une flotte italienne, le 9 juillet, à Punta Stilo, au large de la Calabre, puis, le 19 juillet, au Cap Spada, en coulant, au large de la crète, un croiseur léger italien, consacrant la supériorité navale britannique sur les transalpins.
Mais le coup de maître de la Royal Navy, fut l'attaque du port militaire de Tarente, où mouillait la flotte italienne, dans la nuit du 11 au 12 novembre. En effet, deux escadrilles de Swordfish, décollant du porte-avions Illustrious, mirent hors service 4 navires italiens. Ce fut la première attaque aéro-navale de la guerre.
La volonté de combattre ne faisait donc aucun doute de la part des anglais et le refus de négocier une paix avec le Reich ne fut pas une surprise, le 19 juillet. Il s'inscrivait dans la politique séculaire de l'Angleterre de combattre la puissance dominante sur le continent.

b°) L'Opération Otarie, bluff ou réalité ?

Le mémorandum Jodl, du 30 juin 1940, intitulé "La continuation de la guerre contre l'Angleterre", reflète la pensée du Führer:
"La victoire décisive sur l'Angleterre [...] n'est plus maintenant qu'une question de temps. L'ennemi n'est plus capable d'offensives de quelques ampleurs. Aussi l'Allemagne peut choisir une méthode de guerre qui préserve ses forces, tout en évitant les risques. Priorité doit être donné au combat contre l'aviation anglaise. [...] Tout débarquement ne saurait être envisagé qu'en dernier recours. Comme l'Angleterre ne peut plus se battre pour la victoire, mais uniquement pour préserver sa situation, tout indique qu'elle sera tentée de faire la paix."
Le 16 juillet, 3 jours avant son discours au Reichstag, ne voyant rien venir du côté anglais, Hitler signa la directive n°16, pour lancer les préparatifs pour envahir les îles Britanniques. Mais le Préambule du plan d'invasion était au conditionnel, dans la lignée du Mémorandum Jodl :
"Puisque l'Angleterre, en dépit de sa situation militairement désespérée, ne donne encore aucun signe reconnaissable d'inclination à trouver un accomodement, j'ai résolu de préparer une opération de débarquement contre l'Angleterre, et, si besoin est, de l'exécuter."

De plus, Hitler s'intéressa assez peu aux plans d'invasion de la Grande-Bretagne, ce qui n'était guère dans ses habitudes et traduisait le peu d'intérêt que le Führer portait à cette option, espérant encore que l'offensive aérienne sur l'Angleterre pousserait ces derniers à s'asseoir à la table de négociation.

c°) La bataille d'Angleterre : "The finest hour" !

Le 1er août 1940, Hitler signait la Directive n°17, décrétant l'offensive aérienne contre la Grande-Bretagne, assujetissant l'invasion de l'Angleterre au succès de celle-ci.

# La victoire du renseignement anglais et du radar.

Les britanniques avaient une longueur d'avance par rapport aux allemands, au niveau du renseignement. En effet, dès le 21 mai 1940, les casseurs de code de Bletchey Park réussissaient avec Ultra, à casser les codes de la Luftwaffe !
De plus, les anglais ont une arme secrète inconnue des allemands, le radar, qui peut repérer les escadrilles allemandes bien avant qu'elles survolent le territoire britannique.
Ces deux "secrets", vont permettre aux anglais de contrer efficacement les escadrilles adverses.

# La chasse anglaise plie mais ne rompt pas.

Les anglais avaient deux excellents chasseurs, le Hurricane et le Spitfire, qui vont combattre efficacement contre les escadrilles allemandes et le Bf-109.

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Le "Jour de l'Aigle", le 13 août 1940, qui débute l'attaque massive de l'aviation allemande sur l'Angleterre, n'arrivera pas à faire plier les anglais. Alors que les allemands s'attaquent dans un premier temps, aux aérodromes et aux stations radars, ce qui s'avéra une stratégie payante, un bombardement anglais sur Berlin, dans la nuit du 25 au 26 août, mit en fureur Hitler, qui décida alors de raser les villes anglaises ! Et le 5 septembre, Goering

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reçut l'ordre de bombarder Londres. Ce changement de stratégie emmena l'offensive aérienne allemande dans une impasse.

2°) Attaquer la Russie.

a°) Génèse d'un plan.

Le pacte germano-soviétique d'août 1939 avait surpris tout le monde, puisque Mein Kampf, désignait les juifs et les bolcheviques comme les ennemis mortels des allemands.
Alliance de circonstance, pour pouvoir avoir les mains libres à l'Ouest, Hitler n'avait pas renoncé à régler son compte à l'URSS. D'ailleurs, le 23 novembre 1939, il dira à son aide de camp, von Below, que l'attaque contre la France ne peut être repoussée puisqu'il aura besoin de ses divisions blindées pour agir contre l'URSS, au printemps 1940 ! (Herman Goering de François Kersaudy, Perrin, 2009, page 328)
La chute de la France, en juin 1940, allait accélerer sa décision de se retourner contre son ancien allié.
Pour Benoît Lemay, dans son Manstein, dès la fin mai 1940, l'OKH avait déjà diligenté une étude sur une invasion de l'URSS, auprès du Général Marcks, sous le nom de code d'Opération Otto. L'armée de terre ne faisait que précéder les désirs de son maître, puisque dès le 28 juin, Albert Speer, alors en visite chez le Führer, entendit celui-ci dire à Keitel, chef de l'OKW:
" Croyez-moi, Keitel, maintenant que nous avons montré de quoi nous sommes capables, une campagne contre la Russie ne serait, en comparaison, qu'un jeu d'enfant dans un bac à sable."
Un mois après, le 21 juillet, Hitler donne pour instruction à von Brauchitsch d'écraser l'armée russe ou au moins, prendre autant de territoire russe qu'il est nécessaire pour empêcher un bombardement de Berlin ou des industries silésiennes.
Le 29 juillet, lors d'une réunion des officiers de l'OKW, Jodl, le chef des opérations de l'OKW, informe l'aéropage de la volonté d'Hitler d'attaquer l'URSS, dès le printemps 1941, sans se soucier de l'Angleterre. Le plus sûr moyen d'arriver à faire asseoir les anglais à une table de négociation serait de battre les bolcheviques.
2 jours plus tard, au Berghof, devant ses chefs militaires, Hitler prévient que sa décision d'envahir l'URSS, au printemps 1941 est définitivement arrêté.

b°) L'Opération Barbarossa.

Les russes n'avaient pas chômé depuis lors. Après l'annexion de la Pologne orientale, voici qu'ils avaient, après quelques humiliations, réussi à battre la petite Finlande, qui s'était dépouillée d'une partie de l'isthme de Carélie, pour avoir la paix. L'URSS avait profité que l'Allemagne nazie soit occupée à l'Ouest, pour mettre la main sur la Bessarabie et la Bukovine en juin 40, puis sur les pays Baltes, en juillet 1940. Les soviétiques dépassaient les clauses secrètes du pacte germano-soviétique, puisque la Lituanie n'avait pas été dévolue à l'URSS, mais devait rester dans l'orbite allemande.

Du 12 au 14 novembre, c'est un Molotov confiant et offensif qui arrive à Berlin.

 

molotov

 

Alors qu'Hitler se lance dans des discours généraux sur le partage du monde, le Commissaire du peuple aux Affaires Etrangères bombarde le dictateur allemand de questions précises sur la présence de troupes allemandes en Finlande et en Roumanie, renvoyant aux calendes grecques un éventuel accord sur le futur partage du monde.

C'est après cette visite peu conciliante qu'Hitler va émettre, le 18 décembre 1940, la directive n°21, concernant l'opération Barbarossa, l'invasion de l'URSS, malgré l'opposition d'Hermann Goering.

 

3°) L'Axe et le front méditerranéen  .

 

a°) Le désintérêt d'Hitler.

 

L'armistice avec la France, le 22 juin 1940, laissant à celle-ci l'intégrité de son Empire et sa flotte de guerre, annonçait déjà ce désintérêt allemand pour le front méditerranéen. Pourtant, Jodl, chef des opérations de l'OKW, le 30 juin puis le 13 août, prônait une stratégie contre l'Angleterre qui passait par la Méditerranée. En septembre 1940, le grand-Amiral Raeder remit un Mémorandum à Hitler, prônant une stratégie périphérique contre l'Angleterre, avec l'objectif de prendre Gibraltar, Malte et l'Egypte. Ce Mémorandum restera lettre morte, le Führer étant trop obnubilé par les steppes russes.

 

b°) Les illusions italiennes.

 

# Le Duce ronge son frein.

 

Les succès allemands irritent le vaniteux Duce,

 

mussolini

 

 

 

qui n'a rien tiré de son entrée en guerre contre les français, Hitler préférant mécontenter son remuant allié italien que de s'aliénier la flotte et l'Empire français. Les Balkans, l'Egypte, Mussolini hésite, mais les allemands lui font vite comprendre qu'il faut oublier les Balkans, dès l'été 40. Hitler, dès le 20 juillet, avait bien dit à Ciano, gendre du Duce et Ministre des Affaires Etrangères, qu'il attachait la "plus grande importance au maintien de la paix dans les régions du Danube et des Balkans.".

 

# L'échec de l'offensive italienne vers l'Egypte.

 

En septembre 1940, la Xe armée italienne dirigée par le général Graziani se meut, lentement, vers l'Egypte. L'armée italienne si elle dispose d'une supériorité écrasante sur les troupes anglaises, n'a pas une armée adaptée à l'offensive et dispose de chars désuets. Son offensive est lente et courte, puisque les forces italiennes s'arrêtent juste après la frontière égyptienne.

Le 9 décembre 1940, les anglais lancent l'opération Compass, contre-offensive énergique contre les forces italiennes, qui vont rapidement s'effondrer !

Il faudra qu'Hitler envoie le 10e corps aérien en renfort, pour éviter l'effondrement italien, avant l'arrivée imminente de l'Afrika Korps !

 

# L'échec en Grèce.

 

Mussolini et Ciano, le ministre des Affaires Etrangères,

 

ciano

 

rêvaient d'investir les Balkans, après la chute de la France. Mais Hitler qui avait besoin des pétroles roumains mit son veto à toute action dans cette région. L'interventionnisme allemand dans la zone, comme l'envoi, en Roumanie, de troupes allemandes, en septembre, pour sécuriser les champs pétroliers de Ploiesti, mit en rage le Duce, qui considérait la région danubienne comme faisant partie de sa zone d'influence. Aussi, décida-t-il d'attaquer la Grèce, en octobre, sur un coup de tête, sans prévenir son allié teuton.

L'offensive fut très mal préparée, avec un nombre d'unités insuffisant. L'attaque débuta sous un déluge, dans la région montagneuse de l'Epire. Loin d'avancer, les divisions italiennes durent progressivement reculer et l'armée grecque du général Papagos, en décembre, entra même dans l'Albanie italienne, poussant les transalpins dans leur dernier retranchement.


 

3°) Pétain plutôt que Franco.

 

Franco, après la chute de la France, était prêt à entrer en guerre au côté de l'Axe, sa correspondance avec son beau-frère et Ministre des Affaires étrangères, Serrano Suner, l'atteste sans ambiguité.

Mais le Caudillo,

 

francisco franco

 

pour prix de son ralliement, demandait le Maroc français. Or, Hitler, en signant l'armistice avec la France, voulait neutraliser à tout prix la flotte française et son Empire. Il était donc hors de question, pour le Führer, de remettre en cause cet accord, même au prix de l'entrée en guerre de l'Espagne. Surtout que l'allemand avait une piètre idée de l'armée espagnole, depuis la guerre civile, gagnée péniblement par Franco, malgré l'aide germano-italienne. Et l'armée de Vichy avait montré sa détermination, fin septembre 1940, lorsque le gouverneur Boisson avait repoussé, à Dakar, une force navale anglo-gaulliste qui voulait débarquer.

Aussi, lorsque les deux dictateurs se rencontrèrent à Hendaye, le 25 octobre 1940,

 

fransisco franco y adolf hitler

 

 

ce fut un dialogue de sourds entre les deux hommes, l'espagnol refusant de rallier l'Axe les mains vides !

Cette mésentente sauva certainement le rocher de Gibraltar.

 

4°) La mobilisation américaine.

 

a°) Un isolationnisme qui se fissure.

 

La politique isolationniste (= neutre) des USA avait été déjà écornée par la disposition "Cash and Carry", votée avec le renouvellement du Neutrality Act, en 1937, qui favorisait ouvertement les puissances maritimes, de facto, la Grande-Bretagne et la France.

Lors du discours de Charlotesville, le 10 juin 1940, le président Roosevelt avait stigmatisé (= condamné) l'entrée en guerre de l'Italie, qualifiée de "coup de poignard dans le dos" ! Il déclare aussi le renforcement de l'armée américaine et affirme qu'il mettre les ressources du pays au service des alliés !

Le 17 juin 1940, alors que l'armée française s'effondre sous les coups de butoirs des Panzer, et que l'armistice s'annonce,  Cordell Hull,

 

220px-Hull-Cordell-LOC.jpg

 

le secrétaire d'Etat américain, fait pression sur Pétain pour que la flotte française ne soit pas mis à la disposition des forces de l'Axe.

Roosevelt, qui est en pleine campagne présidentielle, est obligé de tenir un double langage. Tout en certifiant au peuple américain qu'il n'enverra jamais les "boys" faire la guerre, rien ne l'empêchait en sous-main, d'aider, matériellement, la Grande-Bretagne et de préparer la guerre en renforçant l'armée américaine.

Le 2 septembre 1940, les USA franchissent le Rubicon, en signant, avec les anglais, un accord prévoyant la livraison de 50 vieux destroyers aux britanniques.

 

 

b°) La mobilisation militaire et économique.

 

Dès le 16 mai 1940, le président avait sollicité le Congrès pour construire 50 000 avions par an. 

En septembre, le Congrès votait une loi sur le service militaire sélectif, qui permit d'engager près de 800 000 soldats.

En octobre, le Congrès vota des crédits destinés au réarmement de 17,7 milliards de $, une vertigineuse augmentation des moyens financiers alloués à la production d'armes.

Le 4 novembre 1940, suite à la réflexion stratégique des militaires américains, l'amiral Stark présentait un Mémorandum, le Plan Dog, désignant, pour la première fois, l'Allemagne et l'Italie comme les ennemis principaux et le théâtre Occidental comme plus important que le théâtre Pacifique.

Mais la date la plus importante, pour l'historien Ian Kershaw (Choix fatidiques, Seuil, 2007, page 337) reste le mois de décembre. Le Président Roosevelt,

 

roosevelt fdr

 


 

lors d'une conférence de Presse, le 17 décembre 1940, évoque une aide matérielle massive aux ennemis de l'Axe, qui sera confirmé par le discours du 29 décembre 1940, dans lequel les USA, d'après le président, deviendra "l'arsenal des démocraties".

D'ailleurs, la création, le 20 décembre 1940, de l'Office Production Management, sous la direction de William S.Knudsen, chargé de coordonner la production industrielle et les livraisons aux ennemis de l'Axe, sera considérée, par les allemands, comme "une agression morale" !


Conclusion:

 

Si la première partie de l'année fut une marche triomphante pour la Wehrmacht, en Norvège, aux Pays-Bas, en Belgique, puis en France, la deuxième partie de l'année fut plus décevante, avec une bataille d'Angleterre qui fut un échec pour la Luftwaffe, et les campagnes d'Egypte et de Grèce qui furent deux désastres pour Mussolini.

De juin à décembre 1940, la stratégie de l'Axe, par ses hésitations et un manque criant de collaboration, fut confuse.

Une entente germano-italienne se concentrant sur l'Egypte aurait pu faire florès. Mais Hitler était trop occupé par sa future invasion de l'URSS et Mussolini trop obnubilé par les Balkans, pour que cette stratégie fut adeptée.

Mais la nouvelle la plus importante de cette année 1940, est, peut-être, la décision de Roosevelt de devenir, officiellement, "l'arsenal des démocraties", apportant le poids, décisif, de toute l'industrie américaine, en faveur des ennemis de l'Axe.

 

Un QUIZZ pour tester vos connaissances.

 

Retour sur la Bataille de France.

 

 

 

 

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