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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 08:12

Syrie.png

(Source: wikipedia)

 

La Syrie actuelle n'épouse pas la géographie de la "Grande-Syrie", qui comprenait le Liban, la Jordanie, Israël, la Palestine et une petite partie de la Turquie actuelle.

Le territoire syrien fut toujours stratégique, car il est l'interface (=le lien) entre l'Afrique et le Moyen-Orient asiatique et fut disputé, tout au long de son histoire, par des puissances concurrentes. De plus, sa proximité avec l'Egypte, grenier à blé durant l'Antiquité, en faisait une zone importante, dont le contrôle permettait  d'accéder ou de protéger l'antique terre des pharaons 

Elle fut aussi une territoire qui vit l'urbanisation émerger et concentra le premier royaume chrétien.

 

I. Des phéniciens aux romains.

 

1°) Alep et Damas, deux des villes les plus anciennes du monde.

 

L'urbanisation est apparue en Syrie au IVeme millénaire avant J.C., juste après l'apparition du phénomène, en basse-Mésopotamie (L'Irak aujourd'hui), qui vit la naissance de la cité d'Uruk, sur l'Euphrate. Alep et Damas sont habitées depuis près de 5000 ans !!

 

2°) Les phéniciens, peuple de commerçants méditerranéens.

 

La Phénicie correspond au Liban actuel, à une partie de la Syrie et de la Palestine. C'est un peuple de navigateurs et de commerçants qui vont créer des cités sur tout le pourtour méditerranéen, comme la célèbre Carthage, au 9eme siècle avant JC (aujourd'hui Tunis). Contrairement aux grecs, les phéniciens ne cherchent pas à s'installer dans des terres lointaines avec des colons, mais à construire des ports qui seront des comptoirs achetant leurs marchandises et servant d'interface (= de lien) avec l'arrière-pays, comme le feront les vénitiens, 2000 ans plus tard !

 

3°) Egyptiens contre Hittites.

 

Au deuxième millénaire avant JC, l'empire égyptien va s'opposer à l'empire hittite, qui épousait l'Anatolie, la Mésopotamie et une partie de la Syrie.

 

hittite.png

(Source: wikipedia)

 

Le choc entre les deux empires va se concrétiser à Qadesh, en 1274 avant J.C, dans le sud de la Syrie, première bataille de l'histoire universelle pour laquelle nous avons des sources écrites, puisque Ramsès II, commémora la bataille sur les murs de plusieurs temples.

 

qadesh-kadesh-liban.png

(Source: wikipedia).

La bataille eut une issue incertaine, et ne vit, certainement, aucun adversaire l'emporter, mais le pharaon instrumentalisa (=se servit) cette bataille à des fins de propagande et transforma un "match nul" en une victoire légendaire !

 

4°) Les peuples de la Mer et les assyriens.

 

L'empire hittite et les phéniciens vont être sumbergés par les peuples de la Mer, expression générique désignant des envahisseurs mal idendifiés, et surtout par les assyriens (ou araméens), peuplades du nord de la Mésopotamie, qui, au 8eme et 7eme siècle avant J.C. vont envahir et contrôler la Turquie, l'Irak, la Syrie, le Liban et une partie de l'Iran.

 

assyrie syrie sexy

(Source: wikipedia)

L'empire assyrien, développa une civilisation brillante, notamment au niveau architectural, avec ses magnifiques taureaux androcéphales (= avec une tête d'homme) que l'on peut admirer au musée du Louvre.

Taureau-aile-fly-corrida-assyrie.jpg

(Source: wikipedia).

 

5°) Des Perses à Alexandre le Grand (-539 à -320 avant JC).

Affaiblie par les conflits internes, l'Assyrie va s'affaiblir, avant de s'effondrer, à la fin du 7eme siècle avant J.C, pour des raisons encore inconnues. En 539 avant J.C, c'est Cyrus le Grand, fondateur de l'émpire achéménide (ou Empire Perse), qui s'étendra du Pakistan à l'Egypte, en passant par l'Anatolie, qui contrôlera la Syrie. 

Empire gigantesque, l'empire Perse passera son temps à combattre les cités grecques mais sera terrassé par les phalanges macédonienne d' Alexandre le Grand.

 

alexandre-le-grand.jpg

(Source:wikipedia)

 

Lors des batailles du Granique et surtout d'Issos, en 333 avant J.C, Alexandre sur son cheval Bucéphale, s'ouvrira le territoire syrien puis égyptien.

 

6°) Les lagides contre les séleucides (-320 à -64 avant JC).

 

A la mort d'Alexandre, 10 plus tard, les compagnons du macédonien vont se partager son immense empire. Ptolémée, un lagide, prendra l'Egypte et la Syrie alors que Séleucos s'installera en Mésopotamie et en Perse.

De 274 à 168 avant JC, soit durant plus de 100 ans, armées lagide et séleucide s'affonteront pour le contrôle de la Syrie, interface entre l'Afrique et l'Asie, dans ce que les historiens appeleront les guerres syriennes. Au final, la Syrie sera annexée à l'Empire Séleucide, par Antiochos III, en 195 avant J.C, qui profitera des problèmes internes en Egypte, affaiblissant la dynastie lagide.  

Pendant ces 270 ans de présence héllène, de nouvelles cités vont être créées, comme Antioche, nouvelle capitale royale sur le bas Oronte, avec son port, Séleucie,  et des colonies militaires comme Apamée.

 

7°) La Syrie romaine (-64 av JC à 395 après JC).

 

a°) La Syrie tombe aux mains de Pompée.

 

En 67 avant J.C, le consul romain Pompée reçoit un commandement du Sénat romain pour éliminer la piraterie en Méditerranée, qui s'attaquait aux bateaux de céréales venant d'Egypte et ravitaillant Rome. Mais cette mission a surtout pour objectif d'éliminer le roi Mithridate VI, du royaume du Pont Euxin, qui domine toute l'Anatolie. L'année suivant, il chasse le roi anatolien ouvre à Rome les territoires du Proche-Orient, notamment la Syrie, qui deviendra province romaine en 64 avant J.C et la Judée.

 

b°) La bataille de Carrhes ou la destruction de 3 légions romaines par les Parthes.

Les Parthes étaient un peuple venant de la Caspienne. Ils constituèrent un immense ensemble politique, à l'est de la Syrie,  sur les cendres de l'Empire séleucide. Nécessairement, les deux impérialismes (=volonté de dominer) romain et parthe ne pouvaient que s'affronter.

En 55 avant J.C, Crassus,

 

crassus-spartacus-syrie.jpg

(Source: wikipedia)

 

le vainqueur de Spartacus et des ses esclaves, est nommé proconsul en Syrie. Avide de gloire, le romain, avec 3 légions, veut desserer l'étau parthe, à l'est qui menace la province syrienne.

Au Printemps 53 avant J.C, Crassus et ses légions traversent l'Euphrate à Zeugma, comme l'avait fait Alexandre. Des alliés de Rome avaient fourni des contingents de guerriers, comme les 1000 cavaliers gaulois commandés par le fils de Crassus, Publius et le roi Agbar d'Edesse, avait en partie financé cette expédition.

A Carrhes, les cataphractaires, cavaliers lourds dotés d'immenses lances et les archers parthes sur leurs chevaux, disposant d'un arc composite tirant des flèches deux fois plus loin que leurs homogues romains, commandés par le général Suréna, vont mettre en pièce les légions adversaires. Crassus, se rendant à l'ennemi, sera exécuté et de l'or sera fondu dans sa bouche, en signe de sa cupidité (=goût pour l'argent). 7 aigles romains iront ornés les temples de Ctésiphon, la capitale du roi parthe Orodès II.

Auguste les récupèrera 33 ans plus tard !

 

c°) L'hellénisation et la romanisation de la Syrie.

 

250 ans de présence hellène suivie par la conquête romaine marquèrent profondément la Syrie. Progressivement, la langue phénicienne disparut au profit du latin. Des éminents philosophes, comme Posidonios d'Apamée furent connus dans tout l'Empire, et le dernier historien de l'Empire romain, Ammien Marcellin, était d'Antioche.

 

8°) Au pays des premiers chrétiens.

 

Si Paul de Tarse eut une révélation sur le chemin de Damas, et se convertit au christianisme,

 

caravage-paul-damas.jpg

(La conversion de Paul sur le chemin de Damas, Le Caravage, source: wikipedia).

 Saint-Pierre fut le premier évêque d'Antioche, et la cité syrienne fut la patrie d'un des premiers Pères chrétiens de l'ère apostolique, Ignace.

Quand l'Eglise catholique s'organisera autour de 3 patriarcats, le patriarche d'Antioche sera la plus haute autorité religieuse de l'église d'Orient.

Le royaume d'Edesse, fondée par des colons macédoniens,  appelé aussi l'Osroène, territoire contigu à la Syrie, fut, avec la conversion au christianisme de son roi Agbar, au 1er siècle après J.C, le premier royaume chrétien de l'histoire. C'est d'ici, que des chrétiens sont partis évangéliser la Mésopotamie, au 2eme siècle après J.C.

Le concile de Chalcédoine, en 451 après J.C, consacrant la double nature du Christ, humaine et divine, va diviser les chrétiens d'Orient. Certains vont suivre les décisions du Concile, d'autres vont continuer à croire à l'unique nature du Christ et vont intégrer l'Eglise monophysite.

 


9°) La Syrie entre les Empires byzantin et sassanide (395-636).

 

La création de l'Empire romain d'Orient, sous l'empereur Constantin, au début du 4eme siècle après J.C, va rattacher la Syrie à ce dernier. La région sera donc toujours romaine, malgré la chute de l'Empire romain d'Occident, submergé par les barbares, en 476 après J.C.

Mais attisera encore une fois la convoitise du nouvel empire sassanide, crée en 224 après J.C sur les cendres de l'Empire parthe.

Jusqu'à la conquête arabe, 400 ans plus tard,  les deux empires se livreront de nombreux combats pour le contrôle de la Syrie, passage obligé vers l'Egypte.


II. La Syrie des arabes aux ottomans.

 

1°) La Syrie arabe (636-1258).

a°) Le dynamisme de l'islam.

 

Au début du 7eme siècle, une nouvelle religion, l'islam, apparaît dans la péninsule arabique sous l'action du prophète Mahommet. A sa mort, en 632 après J.C, le calife Abou Bakr, lance ses armées musulmanes contre l'Irak  des perses sassanides, qui est pris sans coup férir.

En 634, c'est contre la Syrie byzantine que les troupes du calife s'attaquent.

b°) La bataille de Yarmouk, 636 après J.C.

 

Il y a des batailles qui ont une dimension symbolique et donc l'écho traverse les siècles. La bataille de Yarmouk en fait partie. Rivière délimitant la frontière entre la Syrie et la Jordanie, Yarmouk connut l'affrontement, en 636 après J.C, des armées arabe et byzantine.

Les armées de l'empereur d'Orient Héraclius, supérieure, numériquement, mais composites (=hétérogènes, composées d'une mosaïque de soldats venant de plusieurs royaumes) sont opposées aux troupes du général arabe invaincu, Khalid ibn al-Walid.

C'est la défection de 12 000 cavaliers ghassanides, des arabes chrétiens intégrés dans l'armée impériale, , qui n'avaient plus été payés depuis un moment, qui précipita la défaite de l'armée byzantine, et qui ouvrit le Levant puis l'Afrique aux armées musulmanes.

c°) La Syrie des Omeyyades (636 à 750).

 

Entre 636 et 641, les omeyyades, une dynastie de Calife prennent la Syrie et feront de Damas la capitale d'un empire qui s'étendra de l'Indus à la péninsule ibérique.

C'est durant cette période que la grande mosquée de Damas fut édifiée et que l'art architectural islamique est né, avec la Mosquée du Dôme du Rocher, à Jérusalem.

 

Dome_of_the_Rock1.jpg

 

d°) La Syrie des Abbassides (750 à 1258).

 

En 750, une dynastie de calife concurrente, les abbassides, affronte les omeyyades du calife Marwan II,  à la bataille du Grand Zab, sur les rives du Tigre, en Irak. Ce dernier est battu est les abbassides investissent l'empire omeyyade, dont un des descendants trouvera refuge dans l'Espagne andalouse, fondant une brillante civilisation islamique, à Cordoue.

Les nouveaux maîtres de l'Empire, déplaceront le centre de celui-ci vers l'Irak, en déplaçant leur capitale de Damas à Bagdad, qu'ils fonderont en 762.

Mais l'histoire des abbassides fut un long déclin. L'empire musulman, trop vaste, était soumis à des forces centrifuges et à des attaques extérieures. Les Fatimides, dynastie chiite, gouverneront à partir de l'Egypte, une partie du Moyen-Orient, au 10 et 11eme siècle.

Mais ce sont surtout les turcs seljoukides, du 10 au 13eme siècle, qui vont monter en puissance, et  dominer la Syrie.

 

Ce sont les mongols qui terrasseront les abbassides, en 1258.

 

2°) Les royaumes latins d'Orient (1099-1291).

 

En 1095, lors du concile de Clermont, le pape Urbain II, lance un appel à la Croisade pour reprendre les lieux-saints aux infidèles musulmans.

Cette première croisade investira Antioche en 1098 et surtout Jérusalem en 1099.

Les premiers royaumes latins d'Orient seront crées, dont le comté d'Edesse, la principauté d'Antioche, le Comté de Tripoli et le Royaume de Jérusalem.

 

Levant-croisade.png

(Source: wikipedia)

Saladin, né à Tikrit et mort à Damas, sera un des grands adversaires des royaumes francs d'Orient et sera l'artisan de la reprise de Jérusalem, en 1187.

Mais éloignés de l'Europe chrétienne, isolés dans un environnement hostile, et quasi-abandonnés par une chrétienté de plus en plus divisée, les royaumes chrétiens vont se réduire comme peau de chagrin, avant de disparaître en 1291.

 

3°) Les Mamelouks contrôlent la Syrie (1260-1517).

 

Alors que l'Empire abbasside se délite (=s'affaiblit) sous les coups de l'invasion mongole, les mamelouks d'Egypte, serviteurs puis protecteurs des califes abbassides, vont arrêter les hordes mongoles en Syrie.

En effet, en 1260, près de Jénine, en Palestine, mamelouks, aidés par les croisés, et mongols vont s'affronter à Aït Djalout.

 

432px-Campaign_of_the_Battle_of_Ain_Jalut_1260.svg.png

(source: wikipedia)

Les mongols, battus, seront éjectés de la Syrie, ce qui ne les empêcheront pas de prendre Bagdad, 30 ans plus tard, et de mettre fin au règne des abbassides.

Jusqu'à l'arrivée des ottomans dans la région, en 1517, la Syrie et le Proche-Orient seront, pendant 250 ans, sous la domination des mamelouks.

 

4°) La Syrie ottomane (1517-1918).

 

Les ottomans de Mehmet II, investissent Constantinople, dernier vestige de l'Empire romain, en 1453, clôturant la periode médiévale. Ce nouvel Empire s'étend de l'Indus aux Balkans.

En 1516, Selim 1er, petit-fils de Mehmet le Conquérant, dont le portrait fut tiré par Gentile Bellini, aujourd'hui au National Gallery de Londres, écrasa les forces mameloukes près d'Alep, lors de la bataille de Marj Dabiq, s'ouvrant ainsi les routes vers l'Egypte et l'Afrique du Nord et intégrant la Syrie à l'Empire ottoman.

La Syrie restera sous l'emprise ottomane jusqu'en 1918.

 

Un QUIZZ pour savoir ce que vous avez retenu !

 

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 18:28

Bibliographie

 

Histoire du surréalisme, de Maurice Nadeau, Seuil, 1970.

 

 

 

 

 

I. Les origines du surréalisme.

 

 

a°) Les chants de Maldoror ou le rêve du Comte de Lautréamont.

 

Paru en 1869, ce texte est un véritable "ovni" littéraire, pour l'époque, puisqu' Isidore Ducasse, qui prit pour  nom d'auteur, le Comte de Lautréamont, nous projette dans un univers imaginaire complexe, qui survole la réalité et fait s'entrechoquer des réalités ou des objets inattendus !

 

"Il est beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection entre une machine à coudre et d'un parapluie !"

(Les chants de Maldoror, chant VI-1)

 

Il sera le livre de chevet de nombreux surréalistes.

 

b°) Le symbolisme baudelérien.

 

A la révolution industrielle et sa rationalité, Baudelaire et Stéphane Mallarmé leur opposent le symbolisme, mouvement littéraire, né vers 1870, qui prétend que le monde ne peut pas se réduire à une équation rationnelle et réaliste. . Les deux poètes s'opposent à cette réalité morne et prosaïque (=simple) qui s'incarne chez des peintres comme Gustave Courbet, dont l'art pictural consiste à mimer avec perfection la réalité, comme dans son autoportrait, Le désespéré.

 

Gustave_Courbet_-_Le_Desespere.JPG

(Source: wikipedia)

 

c°) La révolution rimbaldienne: le poète est un voyant.

 

De Charleville à Marseille, Arthur Rimbaud sera une étoile filante dans le ciel d'Orphée, brûlant de mille feux avant de s'éteindre, foudroyé en pleine jeunesse. 

 

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27 ans de voyage et d'errance, de la guerre franco-prussienne de 1870 à la Commune aux horizons proche-orientaux d'Aden à l'Indonésie, en passant par l'Europe continentale, le jeune poète se transforma en aventurier.

Pour Rimbaud, le poète est un "voyant", déchiffrant la réalité non pas à partir de la rationalité, mais avec ses  cinq sens. Le poète se fait le médiateur entre la beauté du monde et les hommes, il est comme un prêtre, qui fait le lien entre les hommes et Dieu.

Mais Rimbaud, comme Baudelaire, prend la figure du poète maudit, artiste incompris parmi les hommes, qui tel l'Albatros baudelairien se sent étranger à la société lorsqu'il descend de son piedéstal onirique (=relatif au rêve), et qui fuit dans des paradis artificiels  ou dans des contrées lointaines, pour conjurer cette malédiction douloureuse. Rimbaud résumera ses souffrances intérieures dans Une saison en enfer, autobiographie poétique qui fut chantée par Léo Ferré.

 

 

d°) Albert Einstein et  la relativité du temps.

Le physicien Albert Einstein,

359px-Bundesarchiv_Bild_183-19000-1918-_Albert_Einstein.jpg
(Source: wikipedia)
avec sa théorie de la relativité, modifie notre perception du temps et de l'espace. Au temps absolu qui serait le même dans tout l'univers, le physicien allemand oppose un temps relatif, selon les vitesses des acteurs, comme le démontre le "paradoxe des jumeaux".
La révolution einsteinienne succède à la révolution galiléenne, qui avait remplacé le géocentrisme (=la terre, centre de l'univers) par l'héliocentrisme (=le soleil, centre de notre système solaire) et ouvre sur un nouveau questionnement philosophique sur l'espace et le temps.
Elle semble donner raison aux poètes maudits qui se méfiait des apparences de la réalité et au philosophe Platon qui, dans son allégorie de la caverne, montrait que le réel, perçu par nos sens, n'était qu'un théâtre d'ombres, et que la vérité était ailleurs, dans les Idées métaphysiques.

e°) Freud, du rêve à l'inconscient.

Au début du 20eme siècle, Siegmund Freud invente la psychanalyse et ouvre au commun des mortels un continent inconnu, l'inconscient. Le moyen pour accéder à ces rivages inconnus reste le décryptage des rêves.
Pour Freud, c'est la libido qui guide les individus, c'est à dire les pulsions sexuelles.

Sigmund_Freud_LIFE.jpg
(Source:wikipedia)
f°) Karl Marx ou la transformation du monde.

Le philosophe et économiste Karl Marx avait analysé la société capitaliste, 

marx.jpg
et avait découvert que le moteur de l'histoire était la lutte des classes, entre possesseurs du capital (=argent) et prolétaires (=ouvriers) qui ne disposaient que de leur force de travail. 
Pour Marx, l'évolution naturelle et inéluctable sera la prise de pouvoir par les prolétaires du capital des bourgeois, pour fonder une société socialiste puis communiste, arrachant notre monde de la malédiction du profit et de l'argent, moteurs de la société capitaliste.
Le marxisme promet donc des lendemains qui chantent en remettant en cause l'ordre bourgeois qui déplaît tant à nos poètes. Le terme bourgeois, en effet, est connoté négativement, synonyme de cupidité crétine et de conformisme moral.

g°) Le cubisme : une nouvelle perception du monde.

Le cubisme est un mouvement artistique et pictural qui s'est développé à partir de 1907, et dont les chefs de file seront Picasso et Georges Braque, qui s'inspire du peintre aixois Paul Cézanne qui écrivait à son ami Emile Bernard:

"Traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône ...".

Il modifie profondément la représentation du monde qu'il organise avec des motifs géométriques.

h°) Le dadaïsme, prolégomènes au surréalisme.

Alors que la première guerre mondiale provoque une hécatombe (= carnage), en Suisse, à Zurich, dans une taverne, des artistes et des intellectuels se réunissent pour fonder le mouvement dadaïste en 1916. Dada, dont le chef de file est le poète roumain Tristan Tzara, renverse toutes les règles qui guident les sociétés occidentales, et font de la provocation, un manifeste esthétique et une philosophe de vie. Tout est pris en dérision, raillé (=moqué) à une époque où les grands idéaux de la civilisation occidentale ont abouti au grand massacre de Verdun !
Dada est un manifeste contre le conformisme de la société bourgeoise, une réaction contre une guerre monstrueuse qui fauche la jeunesse européenne, un cri contre la raison au profit d'une imagination débridée quasi nihiliste, que résume bien le poète Francis Picabia:

"Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd'hui".

i°) Apollinaire, un poète est mort.

Le poète Guillaume Apollinaire, engagé dans la révolution cubiste, qui s'inscrit dans le sillage de Baudelaire et de Rimbaud, magnifiant l'imaginaire au détriment de la réalité, meurt sur le front, en 1918. La mort du poète symbolise la folie des hommes.

II. La révolution surréaliste.

a°) André Breton et le Manifeste du surréalisme.

En 1924, André Breton, poète et écrivain français, écrit le Manifeste du surréalisme, qui propose une nouvelle théorie artistique qui s'appuie sur l'imagination, l'alliance du rêve et de la réalité, une attitude non-conformiste et l'exercice de l'écriture automatique.
En effet, les surréalistes, dans la lignée de Freud, veulent écarter la raison par le biais de l'écriture automatique, pour accéder directement à l'inconscient, nouveau continent du rêve.

b°) Des "ready made" de Marcel Duchamp à l'univers de Salvador Dali.

Le surréalisme se compose d'artistes très différents qui vont réfléchir sur la notion d'art et ouvrir vers des horizons oniriques (=relatif au rêve).
Marcel Duchamp révolutionne l'approche artistique, avec ses "ready made", des objets de la vie quotidienne qu'il arrache de leur dimension utilitaire et fonctionnelle pour les exposer, comme oeuvre d'art. Pour l'artiste, la beauté n'existe pas "en soi", mais émerge de la confrontation avec le spectateur.
437px-Duchamp_Fountaine.jpg
(La fontaine, de M.Duchamp. Source: wikipedia)

 

Marcel Duchamp, avec ses "ready made", annoncera le Pop Art d'Andy Warhol, 40 ans plus tard.

 

A l'opposé, l'univers de l'espagnol Salvador Dali, brille par son inspiration, faisant cohabiter des êtres fantastiques avec des élements de la réalité. Chez Dali, le réel se dilate, se transforme, comme les molles montres de l'ibérique.

 

c°) De la subversion au communisme.

 

Les surréalistes, comme les dadaïstes, s'insurgeaient contre l'ordre bourgeois, trop bassement lié à l'argent et au conformisme, et s'opposaient à l'exploitation capitaliste et à l'esclavage du travail salarié. Aussi, beaucoup rejoindront le parti communiste français, comme le poète Louis Aragon.

Malgré tout, beaucoup d'autres refuseront de se soumettre à la discipline d'un parti, fut-il en faveur des travailleurs, les surréalistes étant beaucoup trop attachés à leur liberté de création pour se mettre au service d'une idéologie très corsetée au niveau esthétique et morale. N'oublions pas que les canons esthétiques du soviétisme (=relatif à l'URSS, qui dirigeait en fait le PCF) fut le "réalisme socialiste", bien éloigné de l'art surréaliste.

 

 

 

 


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Published by Tietie007 - dans TERMINALE FRANCAIS
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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:01

I. L'information et le spectacle en continue.

 

a°) Le village global. 

 

Aujourd'hui, avec nos centaines de chaînes de télévision, les milliers de radios, et l'accès à Internet, nous vivons dans un flot continue d'informations diverses et variées qui nous viennent du monde entier et qui font de notre terre, selon l'expression du sociologue Marshall McLuhan, un "village global". Je peux savoir, en un clic, ce qui se passe au Canada ou au Congo ou dans la ville de Tataouine-les-Bains !

 

Planete-village-mondial1-300x279.jpg

 

Contrairement à ce qu'affirme les "théoriciens du complot", qui nous rabachent, à longueur de journée, qu'on nous cache tout, l'univers médiatique actuel ressemblerait plutôt au panoptique (= prison où tout le monde voit tout le monde) de Jeremy Bentham, où des peines de coeur de Nicolas Sarkozy avec Cécilia à la couleur du slip d'un people, en passant par les turpitudes érotiques de tel homme politique,  sont connues de tous. La moindre parcelle de vie privée est aujourd'hui traquée, laissant la portion congrue à l'intimité. 

 

b°) De deux à 500 chaînes : la liberté de choix.

 

De deux chaînes dans les années 60, à 3, dans les années 70, la télévision, à partir des années 80, a connu une explosion du nombre des chaînes. En 1984, une première chaîne privée (= chaîne TV qui n'est plus financée par l'argent des contribuables, via la redevance TV, mais par la publicité ou un abonnement payant) voit le jour, avec Canal +, puis ça sera la chaîne M6 et l'arrivée des chaînes satellitaires, pour finir avec les chaînes gratuites de la TNT, en 2006, le téléspectateur disposera d'une infinité de chaînes, gratuites et surtout payantes. 

 

mosaique-tv-canal.png

Désormais, le télespectateur n'est plus lié aux programmes d'une chaîne généraliste, il peut faire son marché audiovisuel parmi des chaînes thématiques qui sont spécialisées dans le cinéma (TCM, Ciné ...), dans le sport (Eurosport, Canal+ sport, etc ...), dans les séries (Séries TV ...), dans l'information en continue (LCI, BFM), dans le documentaire (Planète, La chaîne Histoire, etc ...).

De plus, le pôle du service public a élargi son offre, avec une chaîne culturelle (Arte), des autres spécialisées dans le documentaire avec France 5, la politique (LCP) ou les DOM-TOM (France Ô).

Cette grande variété des chaînes, premet à chacun de regarder ce qu'il veut.


c°) Une censure désormais impossible ?

 

# Des acteurs médiatiques mondiaux.

 

La particularité de notre système médiatique actuel, est qu'il est devenu quasi-incontrôlable. Autant les pouvoirs politiques pouvaient contrôler aisément, les télévisions publiques et les radios d'antan, autant, aujourd'hui, avec la multiplication des chaînes satellitaires, nous pouvons regarder des programmes venant du monde entier, des Etats-unis à la Russie, en passant par le monde arabe, avec la chaîne d'information Al-Jazeera. Nous avons donc la possibilité d'avoir plusieurs points de vue concernant un même événement, diversité qui permet une meilleure objectivité.

 

# La coupure entre le politique et les médias publics.

Dans les années 60, il n'y avait que deux chaînes de télévision, contrôlées par l'Etat français, via le ministère de l'Information, jusqu'en 1969. Puis, en 1982, les socialistes voulurent couper le cordon ombilical entre le pouvoir et les médias publics en créant la Haute Autorité de l'Audiovisuel public, censée garantir l'indépendance de la télévision et de la radio. En 1986, avec l'arrivée de Jacques Chirac comme Premier Ministre, elle se transformera en CNCL, jusqu'en 1989, pour, enfin, prendre la forme du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. 9 membres composent cette commission, renouvelés par tiers tous les trois ans, et nommés par le Président de la République, le président de l'Assemblée Nationale et le président du Sénat.

Si certains stigmatisent (= critiquent) la fonction d'arbitre de cette commission, il n'en reste pas moins que cette commission aura emmené plus de liberté et moins de sujétion des chaînes publiques au pouvoir politique, qui, rappelons nous, dépendaient du ministre de l'Information, jusqu'en 1969.

 

# Internet, de l'information verticale à l'horizontalité des réseaux sociaux.

  L'irruption d'internet, au début des années 2000,  a profondément bouleversé le paysage médiatique mondial. En effet, les médias traditionnels (TV, radio, presse écrite) fonctionnaient sur un modèle vertical, où l'information nous était donnée par une caste de journalistes professionnels, médiateurs obligés entre le réel et le citoyen, comme le prêtre catholique l'était entre le croyant et Dieu.

La révolution internet comme la réforme protestante, va remettre en cause ce fonctionnement vertical, en donnant le pouvoir aux internautes (comme la réforme l'avait donné aux croyants, désormais seuls face à leur Dieu), qui par le biais des réseaux sociaux (facebook, twitter), des blogs ou des sites web, vont pouvoir commenter eux-mêmes l'actualité, sans passer par la médiation d'un journaliste professionnel. 

 

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# Nous sommes tous des journalistes.

Aujourd'hui, internet, couplé avec la généralisation des technologies nomades (Iphone, Ipad), permettent à n'importe quel quidam de photographier ou de filmer, un événement dans le monde et le mettre dans l'heure qui suit sur You Tube ou Facebook, à l'insu des pouvoirs en place et avec une facilité déconcertante. Le caméscope avait joué ce rôle, il y a quelques années, mais avec moins d'aisance. 

Les révolutions arabes, en 2011, furent alimentées par cette liberté des technologies nomades qui ont pu cimenter les manifestants entre eux et montrer au monde la réalité de ces manifestations, face à des pouvoirs incapables de censurer ou de contrôler ce flux d'informations. L'économie d'un pays est tellement dépendante de ces nouvelles technologies, qu'il est impossible à un pays, fut-il une dictature, de couper complètement ces flux d'informations, sous peine d'effondrement.

En France, en 2005, lors de la campagne du référendum pour le Traité Constitutionnel Européen (TCE), Etienne Chouard, un obscur professeur de lycée, partisan du non, a fait un carton avec son blog qui fut consulté par des millions de citoyens français, portant haut la contestation à ce TCE qui était soutenu par les médias  mainstream. (= les médias officiels, comme TF1, France 2 pour la TV, ou Le Monde et le Figaro pour la presse écrite.).

 

II.Des médias manipulés ?

 

Beaucoup d'intellectuels ou de militants politiques stigmatisent le discours médiatique, accusé de manipuler les esprits, d'appauvrir les contenus proposés ou de ne participer qu'au consumérisme ambiant.

 

a°) Le contrôle des médias par les puissances d'argent.

 

Si les télévisions et les radios du service public sont à l'abri des puissances d'argent, il n'en est pas de même pour les télévisions privées, qui demandent des investissements très lourds et donc dépendent de grands groupes multinationaux comme TF1, contrôlé par le groupe Bouygues, et sont financées par la publicité, et donc dépendant d'annonceurs privés.

Depuis l'irruption d'internet, on peut aussi constater la baisse d'audience des journaux d'informations politiques et générales comme Le Monde, le Figaro, Libération ou L'Humanité, qui ont tous perdu des lecteurs et qui sont dans un équilibre financier très précaire.

Cette crise du lectorat génère une dépendance de plus en plus forte de ces journaux écrits au puissance d'argent, puisque Libération a été racheté en partie par Edouard de Rotschild, une grande fortune française, en 2005.

Le groupe Le Monde connaît aussi des difficultés financières très graves et sera racheté, en partie, par le milliardaire français Pierre Bergé et le patron de Free, Xavier Niel.

Cette consanguinité entre les médias et le grand capital, fait dire à certains que les premiers sont manipulés par les puissances d'argent pour promouvoir une idéologie libérale.  C'est la thèse du journaliste du Monde Diplomatique, Serge Halimi, dans Les nouveaux chiens de garde, en 1997, qui met l'accent sur la proximité des journalistes vedettes avec des grands patrons.

 

 

 

Mais si la critique de Serge Halimi est, par certains côtés, assez juste, elle est un peu trop manichéenne (= vision binaire du monde divisé en bons et en méchants), faisant de tous journalistes non-marxistes, des vendus au grand capital. Or, certains journaux comme Marianne, qui se proclame républicains, ne sont pas financés par les puissances d'argent. De plus, certaines rédactions ne sont pas désignées par l'actionnaire, mais par les journalistes, comme au Monde, limitant l'influence des patrons sur leurs journalistes.

Il existe aussi, en France, un service public qui dépend de la redevance audiovisuelle et ne dépend pas des puissances d'argent.

Enfin, Halimi a écrit son opus avant l'irruption d'internet, qui a changé la donne, en permettant à beaucoup de mouvements minoritaires passant peu à la télévision, d'avoir une exposition sur internet, comme les alter-mondialistes et les anti-capitalistes sur des sites comme Bellaciao ou Le Grand Soir.

Il est toujours difficile de juger de la qualité d'un système médiatique, puisque les oppositions au pouvoir en place ou au système, mettront toujours sur le dos des médias leur faiblesse numérique. Par contre, on peut légitimement reconnaître que la multiplication des médias ne peut qu'améliorer la perception des informations.

En définitive, même si le système médiatique actuel est imparfait, la multiplicité des médias et la concurrence acharnée de ceux-ci, garantissent une objectivité de l'information supérieure aujourd'hui que par le passé.

 

b°) La télévision, l'opium du peuple ?

 

Beaucoup d'intellectuels stigmatisent (=condamnent) l'appauvrissement des programmes télévisuels et l'irruption de la TV réalité, dont l'objectif est de flatter le voyeurisme des téléspectateurs en filmant les tensions entre individus isolés dans un espace clôs. C'est M6, avec son programme Loft Story, qui a lancé cette mode, qui a fait des petits, par la suite, avec La Ferme des célébrités, Koh Lanta, ou autres Greg, le millionnaire, programmes qui ne brillent pas par leur intelligence et qui font de quelques français moyens en mal de reconnaissance des héros sans lendemains !

 

 

 

La vacuité de ces programmes est incarnée par le personnage de Mickael Vendetta, produit phare de cette télé réalité !

 

 

Avec la TV réalité, les chaînes généralistes nous abreuvent de football, de séries TV policières ou à l'eau de rose, de jeux plus ou moins débiles qui détournent le téléspectateur-citoyen des vrais problèmes de la société, faisant des programmes de divertissement une sorte d'opium du peuple, comme aurait dit Karl Marx.
Mais il ne faut pas exagérer la médiocrité des programmes TV actuels, car il ne concerne que certaines chaînes qui vivent de revenus publicitaires, comme TF1, M6 ou certaines chaînes de la TNT. Des chaînes publiques comme Arte, LCP ou France 5 sont de qualité, comme les chaînes satellitaires thématiques,  Planète, La Chaîne Histoire. En fait, la variété de l'offre télévisuelle permet de regarder ce qui vous sied, et va du pire au meilleur.
Le fait que des programmes plutôt médiocres soit les plus regardés ne relève pas d'une offre télévisuelle manquant de qualité, mais plutôt de l'appétence des téléspectateurs pour des programmes de divertissement plutôt que pour des émissions de réflexion. C'est le revers de la médaille de la liberté si le téléspectateur préfère regarder TF1 plutôt qu'Arte !

c°) La fabrication du consentement et de Tina.

L'expression est de Noam Chomsky, linguiste américain, qui affirme que les médias mainstream concourent à présenter l'idéologie néo-libérale aux téléspectateurs,  comme nécessaire et inéluctable, et qu'il n'y a pas d'alternative à cette option (=Tina, There is not alternative).
Sous le vernis de la liberté de la presse et de l'apparente liberté des acteurs médiatiques, l'ensemble des journalistes qui travaillent dans les médias importants travaillent le public pour lui faire accepter l'idéologie dominante et fabriquent du consentement.
Pour Chomsky, c'est une forme de "dictature douce", qui ne prend pas les atours violents des régimes nazi ou stalinien, mais qui est efficace pour manipuler les esprits.
L'analyse du linguiste est intéressante mais pêche par son outrance. En effet, tous les médias dits mainstream étaient pour l'accceptation du Traité Constitutionnel Européen, en 2005, affirmant qu'il n'y avait pas d'autres alternatives ...Pourtant, le TCE a été rejeté par les citoyens français par le biais d'un référendum, preuve que les individus ne sont pas des moutons suivant, à la lettre, la volonté des médias !
La vision chomskyenne serait bien illustrée par cet extrait d'Invasion Los Angeles de John Carpenter, en 1988.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 13:02

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La société de consommation est un organisation économique et sociale dans laquelle un système productif produit une offre en biens de consommation très vaste et une demande solvable constituée d'individus qui ont assez d'argent pour acheter ces produits.

 

I. La société de consommation, une libération.

 

a°) L'émergence de la société de consommation.

 

Elle est la conséquence de la révolution industrielle au 19eme siècle, qui va produire de nombreux nouveaux produits et de l'émergence d'une classe moyenne solvable, qui peut se permettre d'acheter autre chose que des biens de première nécessité, comme de la nourriture, du logement et des vêtements.

Cette société de consommation se développe surtout après la seconde guerre mondiale, qui se termine en 1945, époque qui va connaître une croissance économique importante désignée sous l'expression : "Les Trente Glorieuses".

 

b°)  Et la voiture libèra l'homme !

 

La voiture va devenir le mythe du triomphe de la société de consommation. Réservé, jadis, aux riches, progressivement, par la baisse des coûts de production conjuguée à la hausse des salaires, son accès va être démocratisé. L'exemple de cette démocratisation de la voiture va s'incarner dans l'aventure de la Ford T, aux USA, premier véhicule à moteur connaissant une production de masse.

Dans la France de l'après guerre, la 2 CV, qui fut produite durant presque un demi-siècle, de 1948 à 1990, peut être considérée comme la voiture populaire accessible à tous.

 

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(Source:wikipedia)

 

Roland Barthes comparera la DS,  berline populaire,

 

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(Source: wikipedia)

 

a une cathédrale gothique pour illustrer la fascination qu'a pu exercer cette voiture durant les 30 glorieuses.

La voiture fut créatrice d'une nouvelle civilisation, porteuse de libération, puisque les distances s'abolissaient et permettaient aux français de connaître les joies des vacances à la mer ou à la montagne. Charles Trenet résuma cette révolution des transports dans sa Nationale 7, route qui emmenait les parisiens vers la Méditerranée.

 

 

Dans certains pays, je pense aux USA, l'automobile a fondé de nouvelles manières de vivre, comme le drive-in, le fait de manger dans sa voiture, ou le cinéma-in, le fait d'aller au cinéma sans sortir de sa voiture.

 

 

 


c°) Et l'électro-ménager libèra la femme.

 

L'équipement des ménages, notamment en appareil électro-ménagers va libérer la femme des tâches domestiques. Dans le passé, les femmes étaient enchaînées à leur tâche ménagère qui étaient chronophages (= mangeuse de temps). Faire la lessive au lavoir, demandait souvent une journée entière d'un dur labeur. Aussi, l'invention de la machine à laver, a participé à améliorer la condition féminine, comme tous les autres appareils électro-ménagers.

 

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(Moulinex était une marque d'électro-ménager française)

 

d°) L'accès universel à la culture.

 

La société de consommation a aussi démocratisé l'accès à la culture. La télévision après-guerre, a ouvert une lucarne sur le monde et  le DVD musical ou cinématographique ont permis une culture pour tous. Je ne parle même pas du développement exponentiel des micro-ordinateurs et d'internet, qui ont renforcé cet accès à la culture universelle.

Le livre, jadis produit de luxe, est aujourd'hui à la portée de toutes les bourses avec les collections de poche.

Enfin, la baisse du coût des voyages, a permis à une grande partie des citoyens de pouvoir voyager et de connaître d'autres cultures.

 

e°) De la distinction.

 

Comme le disait le sociologue Jean Baudrillard, dans La société de consommation, au-delà de satisfaire nos besoins, sert aussi et surtout à nous distinguer des autres, à satisfaire notre ego en achetant des objets singuliers qui sont censés exprimer notre unicité. Tout à l'opposé d'une société de non-consommation comme la Chine de Mao, par exemple, qui mettait l'accent sur le groupe et non sur l'individu, et préférait l'uniformité à la singularité.

 

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(source)

 

f°) Vivre mieux et plus longtemps.

 

L'accès aux médicaments et aux soins, une meilleure nourriture, de meilleures conditions de vie, ont permis à l'espérance de vie des occidentaux de s'allonger.

 

Mais si la société de consommation nous a apporté de nombreux bienfaits, abondance et prospérité, elle a aussi une face obscure, plus noire, qui met en péril nos sociétés.

 

II. La société de consommation, une dangeureuse aliénation ?

 

a°) La consommation, chronique d'une dérive addictive (=qui agit comme une drogue).

 

Si la société de consommation donne un accès aisé au savoir et à la culture, si elle a amélioré nos conditions de vie, elle nous aliène aussi au monde des objets, qui deviennent comme une drogue.

La publicité, présente de partout, nous détermine à acheter toujours plus et les centres commerciaux sont devenus les cathédrales du 21eme siècle, où le croyant s'est transformé en consommateur compulsif.

 

 

 

 

 


Nos chaînes de TV sont envahis de messages publicitaires et la finalité pour les directeurs des chaînes, n'est pas de cultiver les téléspectateurs, mais de le divertir, pour exacerber (=renforcer)  son désir de consommer. Comme disait Patrick Le Lay, directeur de TF1 :

 

"Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le divertir, de le détendre, pour le préparer entre deux messages.[...] A la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola à vendre son produit !"

 


Etre est devenu Avoir ! La réussite de nos vies ne se mesurant plus à la qualité intrinsèque des individus (savoir, sagesse, etc ...) mais à l'importance de son compte en banque ou à la possession d'objets de prestige suivant l'incise du publicitaire Jacques Séguéla, affirmant, de manière péremptoire:


"T'a pas de Rolex à 50 ans, t'as raté ta vie !".

 

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L'accumulation des biens de consommation devient un passeport illusoire pour le bonheur, qui va mécaniquement fruster ceux qui n'ont pas accès pleinement à cette consommation et qui va générer des pratiques déviantes, comme un endettement des ménages pour pouvoir acheter à tout prix ou des pratiques délinquantes pour avoir accès au rêve consumériste, synonyme de réussite.

Les cartes de crédit envahissent notre quotidien et le nombre d'interdits bancaires a explosé, atteignant un chiffre de 2 millions de français, en 2008, mettant en péril la vie de millions de personnes qui sont souvent des "fashion victim".

L'art s'est emparé du phénomène en dénonçant cette folie consumériste, notamment avec le Pop Art, dont un des leaders, Andy Warhol, fait des produits de consommation courante des oeuvres ...jetables !!

 

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(Source wikipedia)

 

b°) Du citoyen au consommateur.

 

Le consumérisme, c'est à dire le fait de n'avoir que comme horizon, la consommation, devient aujourd'hui l'idéologie dominante. Les citoyens se désintéressent des élections et oublient de s'interroger sur les grandes questions philosophiques ou éthiques (=morales) qui guident nos vies, pourvu qu'ils puissent consommer en toute liberté.

Aujourd'hui, la marchandisation (= tout s'achète et tout se vend, même des organes)  du monde fait oublier l'humain au profit du plaisir que procure l'acte de consommer et les échelles de valeur traditionnelles ont éclaté sous la pression de l'individualisme ambiant. Le "common sense", le "sens commun", qui guidait le jugement des inidividus, dans les années 50,  comme le dit le philosophe Jean-Claude Michea, n'existe plus, et le consommateur lambda trouve à la limite normal que les sportifs touchent des fortunes et s'achètent des montres à 300 000 €uros, alors que des rmistes survivent avec 400 € par mois.


Le problème, c'est que le rmiste participe lui aussi à cette fête de la consommation, puisque des magasins bon marché lui permettent de participer à la fête consumériste et ne remet pas en cause le système, se réfugiant dans les paradis virtuel pour 40 euros par mois (les jeux vidéos en ligne).

 

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(un geek = un drogué d'internet).

 

Karl Marx, dans sa théorie du fétichisme de la marchandise, avait déjà mis en valeur le pouvoir séducteur des objets, masquant la réalité sociale et productive se cachant derrière eux.

On constate donc un affaibissement de toutes les structures représentatives, que ça soit les partis politiques ou les syndicats. Et dans certains pays pratiquant l'hyper-consommation, comme aux USA, la conscience politique a presque totalement disparu, les consommateurs/citoyens étant préparés à la consommation dès l'école.

 

C°) Une consommation destructrice.

 

Notre modèle consumériste, à terne, ne sera plus viable. L'exploitation à outrance des richesses naturelles pour contenter notre désir de consommer, détruit les écosystèmes. Les forêts disparaissent, les océans se vident, l'air se pollue. Certaines espèces animales sont en voie de disparition pour satisfaire le consommateur, comme le thon rouge, en Méditerranée,

 

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(Source: Greepeace).

 

 

Les déchêts produits par notre sur-consommation, polluent les terres et les océans, jusqu'à créer un 6eme continent de plastique, dans l'océan pacifique.

Sans compter ce réchauffement climatique, effet de la consommation mondiale, qui risque de mettre en péril l'espèce humaine !

 

Conclusion:

 

Si notre société de consommation a permis une amélioration de nos conditions de vie, par son extension à des pays émergents, comme la Chine, elle épuise les ressources naturelles et met en péril notre propre existence.

 


 


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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 03:18

chine

(source: http://www.lexilogos.com/chine_carte.htm)

 

I.Un pays continent.

 

1°) La diversité des paysages chinois.

 

Avec 9,6 millions de km2, la Chine est le troisième pays le plus grand du monde, par sa superficie.

A L'Ouest, la chaîne de montagne himalayenne qui la sépare du monde indien, avec les hauts-plateaux du Tibet. Au nord-ouest des grands déserts, comme le désert de Gobi,  qui fut, en son temps, traversé par la "croisière jaune".

A l'Est, des vastes plaines qui  débouchent sur le littoral ouvrant sur la Mer de Chine.

Le fleuve Yangtsé, qui prend sa source dans l'Himalaya, avec ses 6 300 km, 3eme fleuve le plus long du monde derrière l'Amazone et le Nil, traverse tout le pays d'Ouest en Est. Le fleuve jaune ou Huang He, long de 5 464 km, irrigue le nord de la Chine.

 

2°) La première production agricole du monde.

 

Le pays concentre 10 % des terres arables (=cultivables) mondiale, qui sont situées, à 90 %, dans l'est du pays, dans les grandes plaines. Le pays dispose d'un réseau hydrographique important, le 1er au monde, qui permet d'irriguer les terres arables.

La production de riz occupe 25 % des terres et la Chine en est le premier producteur mondial.

La Chine est aussi le premier producteur de blé mondial.

Elle est aussi le premier producteur de viandes.

 

3°) Des réserves minières variées.

 

L'immensité de son territoire permet une grande variété de gisement minier. La Chine est le 1er producteur d'or au monde, 1er producteur de zinc au monde, le 2eme producteur de plomb mondial, 2eme producteur de bauxite (pour faire l'aluminium), 3eme producteur mondial de cuivre.

 

4°) Le charbon, énergie de la Chine.

 

77 % de l'énergie produite en Chine, l'est par des centrales à charbon. Déjà, Marco Polo, revenu de son périple dans l'Empire du Milieu (=nom donné à l'Empire chinois), avait raconté que les chinois faisaient cuire leur tambouille avec d'étranges pierres noires, qui étaient en fait du charbon.

La Chine est le premier producteur de charbon au monde, avec 40 % de la production mondiale !

Mais les centrales à charbon sont très polluantes et participent grandement à l'effet de serre qui provoque le réchauffement climatique.

Aussi, le pays essaie de diversifier sa production d'energie, avec notamment la construction du barrage des Trois Gorges, sur le Yangtsé, qui alimente la plus grande centrale électrique du monde.

Malgré tout, la Chine n'est pas auto-suffisante au niveau de l'énergie. Disposant de très peu de gisements pétroliers et gaziers, elle est obligée d'acheter le pétrole et le gaz sur le marché mondial, concourant à la hausse des prix de l'énergie.

Elle est très présente dans la région de la Caspienne, notamment au Turkmenistan, avec lequel elle a signé un contrat pour la livraison de la moitié de ses besoins en gaz.

 

5°) Désertification et pollution, les deux maux de la Chine.

 

La surexploitation des ressources naturelles et la déforestation a provoqué une avancée des déserts, dans le pays, qui occupent 30 % du territoire. Cette désertification a des conséquences désastreuses au niveau économique, mais aussi sur les conditions de vie des populations, comme ces tempêtes de sable qui touchent même la capitale, Pékin (Beijing). Mais c'est surtout l'Ouest du pays qui est touché.


 

 

La pollution de l'air prend aussi une ampleur inquiétante, à cause, notamment, des centrales à charbon. 2 villes sur 3 dépassent les limites de pollution autorisées, entraînant de nombreuses maladies respiratoires dans la population citadine.

 

 

 

II.Un géant démographique.

 

1°) Le pays le plus peuplé au monde.

 

Avec un un milliard et demi d'habitants, la Chine concentre 20 % de la population mondiale.

Malgré la politique coercitive (=répressive) du pouvoir pour promouvoir une famille avec un enfant unique, la population continue d'augmenter.

 

 

 

 

 

2°) Un contraste Est/Ouest et Nord/Sud.

 

C'est surtout à l'Est et au Sud, sur le littoral chinois, que se concentre la majorité de la population chinoise et les mégapoles (=grandes villes). Les provinces de l'Ouest et du Nord-Ouest, enclavées (=isolées), désertiques et montagneuses ont une densité de population très faible.

 

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3°) Les problèmes de la croissance urbaine.

 

L'exode rural (=les paysans qui vont vivre en ville) a accéléré la croissance urbaine avec son cortège de problèmes. La cité chinoise s'aggrandit sur les terres arables et les forêts, provoquant une dégradation des sols et des glissements de terrain. L'aménagement urbain ne suit pas toujours, notamment au niveau des réseaux de communications, entraînant des embouteillages monstres, avec la pollution qui va avec !

 

 

Car la Chine est devenue, aujourd'hui, le plus gros marché automobile au monde et toutes les villes connaissent d'énormes problèmes de circulation.

4°) Le plus gros marché du monde.

Avec la hausse du niveau de vie, la Chine est devenue le plus vaste marché de consommateurs au monde, attirant toutes les multinationales. La France vend surtout des produits agroalimentaries aux chinois, comme le vin et les spiritueux ainsi que les produits de luxe.
Le nombre de milliardaires chinois a explosé depuis 10 ans et une croissance économique à deux chiffres. de 20 en 2000, ils sont passés à 1 400 en 2010, faisant de la Chine le futur eldorado pour les marques de luxe.

 

 

III. Naissance d'un géant industriel et financier.

 

1°) Den Xiaoping, du communisme au capitalisme.

 

Successeur du grand leader de la révolution chinoise, Mao Zedong,

 

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Deng Xiaoping va, selon sa formule:"Il est bon de s'enrichir", lancer des réformes économiques, libérant les énergies et permettant aux multinationales étrangères de venir produire en Chine.

Depuis le début des années 80, le pays a connu un développement économique prodigieux, avec une croissance qui dépasse les 10 % par an.

 

2°) Main d'oeuvre bon marché et stabilité politique.

 

Le système politique chinois est toujours dominé par le parti communiste, seul autorisé. Même si la répression s'est assouplie, le régime chinois n'hésite pas à faire intervenir l'armée pour réprimer des manifestations, notamment celle de la place Tian'anmen, en 1989, qui aura fait des milliers de morts chez les étudiants.

 

 

Cette stabilité politique, au prix fort; met en confiance les investisseurs du monde entier qui peuvent aussi profiter d'une main d'oeuvre disciplinée, bon marché et de l'absence de syndicats.
Toutes les multinationales mondiales ont donc délocalisées leurs unités de production dans l'Empire du Milieu, pour baisser leur coût.

3°) Naissance d'une industrie chinoise.

Mais l'industrie chinoise ne se contente plus d'être l'atelier du monde et accouche aussi d'entreprises locales qui sont devenues des acteurs mondiaux dans leur secteur, comme l'entreprise informatique Lenovo, 2eme fabricant d'ordinateurs dans le monde.
4°) La Chine, puissance régionale.

La Chine a normalisé ses relations diplomatiques avec ses voisins, en intégrant l'Organisation de Coopération de Shangaï, en 2001, avec la Russie, le Kazakhstan, l'Ouzbekhistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
L'objectif de cette coopération est de renforcer les échanges économiques entre ces pays. Et les 4 pays de la Caspienne, ont l'avantage de concentrer des réserves pétrolières et gazières dont a absolument besoin la Chine.
Elle investit massivement, dans ces pays, 20 fois plus qu'il y a 20 ans et un gazoduc de 1900 km relie désormais le Turkmenistan à la Chine, depuis 2009, pour ravitailler l'Empire du Milieu en gaz.
De même elle finance presque entièrement les installations portuaires du port de Gwadar, au Pakistan, voie stratégique pour l'acheminement de produits pétroliers et de matières premières.

5°) La Chine, grand argentier du monde ?

Le régime des retraites n'existant pas, en Chine, les salariés chinois épargnent une bonne partie de leurs revenus, ce qui donne aux banques chinoises, des capitaux à profusion, qui vont s'investir dans le monde entier.
4 des 5 premières banques du monde, sont désormais chinoises,

Les Premières banques mondiales, 2010.

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(Source: La Tribune)

Loin de la crise financière que connaît, depuis 2008, la zone Euro, la Chine investit à tout crin. Elle finance, notamment, les dettes des pays riches, et notamment celle, abyssale (=gigantesque) des USA, son meilleur client.
Elle est devenue le premier investisseur en Afrique, en Asie Centrale et ses investissements en Europe ont été multipliés par 10 depuis 2001.

6°) Le problème des droits de l'homme.

Ce dynamisme économique se fait au détriment des droits de l'homme. Les conditions de travail sont souvent très dures et génèrent des révoltes parfois sanglantes de la part d'ouvriers excédés.
La Chine est aussi le pays qui exécute le plus de condamnés à mort, avec 4 000 exécutions en 2011.

Enfin, Pékin connaît des tensions avec sa périphérie, notamment au Tibet, où la répression est continue.
Le Dalaï Lama est toujours personna non grata sur le territoire chinois.
De même, au Xinjiang, province musulmanes de l'ouest du pays, des affrontements sont récurrents entre autochtones et chinois.
Mais avec le développement économique du pays et l'enrichissement des chinois, il est probable que ce pays se pacifie et que le respect des droits de l'homme progresse.

Bref, la Chine a tous les atouts pour devenir la puissance dominante de demain.

 

 

 




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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 15:13

afghanistan carte map

 

Bibliographie:

 

Le carrefour afghan de Bernard Dupaigne et Gilles Rossignol, Gallimard, 2002.

 

 

 

 

 

 

 

L'Afghanistan fait partie des Pays les Moins Avancés de la planète, qui souffre de nombreux maux, comme la pauvreté, l'analphabétisme et, pour ce pays, une guerre civile qui ravage le pays depuis près de 37 ans.

 

1°) L'Afghanistan, un pays montagneux enclavé (=sans accès à la mer).

 

L'Afghanistan à une superficie un peu plus grande que la France, avec 652 000 km2. C'est un pays montagneux, traversée par le massif de l'Hindou Kouch, contrefort de la chaîne himalayenne, qui coupe le pays en deux, sur une ligne est-ouest.  Cette géographie a cloisonné le pays, renforcée par le manque de voie de communication.

Enfin, sans accès à la mer, l'Afghanistan est dépendant de ses voisins pour ses échanges avec l'étranger, contribuant à isoler un peu plus le pays.

 

2°) Une mosaïque d'ethnies.

 

L'Afghanistan a 30 millions d'habitants. Entre les pachtounes, majoritaires, les tadjiks, les ouzbeks et les hazaras, l'Afghanistan est une mosaïque de peuple dont le seul ciment est l'islam. Le lien ethnique est plus fort que le sentiment national, et a contribué à alimenter la guerre civile.

 

3°) Le contexte géopolitique.

 

# Une zone tampon entre russes et anglais.

 

L'Afghanistan n'a pas connu une colonisation proprement dite. Ce fut plutôt une zone tampon entre russes et anglais. Si les britanniques envahirent deux fois le pays, à partir de 1842, ils se contentèrent d'en contrôler les frontières avec l'Empire des Indes, le joyau de la couronne, et ne s'installèrent pas dans le centre du pays, à Kaboul. Il faut dire que l'absence de voie de communication et la géographie montagneuse du pays ne favorisaient pas sa contrôle.

Preuve du désintérêt des anglais pour la région, ils partirent définitivement en 1919.

 

# Des relations difficiles avec l'Iran et le Pakistan.

 

La population afghane est majoritairement sunnite alors que son puissant voisin, à l'Ouest, l'Iran, est majoritairement chiite. Les tensions sont donc régulières entre les deux pays, surtout que la minorité chiite afghane, les Hazaras, sont discriminés par l'ethnie majoritaire, les pachtounes.

Les relations avec le Pakistan sont aussi difficiles, car l'ethnie pachtoune habite des deux côtés de la frontière afghano-pakistanaise, et les leaders afghans, n'ont jamais reconnu la ligne Durand, frontière qui sépare les deux pays, décidée par les anglais et qui empêche de faire un Pachtounistan, pays réunissant tous les pachtounes.

 

pachtounistan.jpg

 

 

 

4°) La guerre civile, de 1975 à 2001.

 

a°) Islamistes contre pouvoir central (1975-1989).

 

De 1975 à 1979, le pouvoir de Kaboul, d'inspiration socialiste et aidé par l'URSS, a pronfondément heurté le pays profond, très attaché à l'islam et à la tradition. Des mouvements islamsites, anti-socialistes, se sont alors soulevés, dès 1975, contre le pouvoir central, aidé par la Pakistan.

En 1979, les soviétiques, craignant l'effondrement du pouvoir à Kaboul, face à la pression de la guérilla islamiste, envahit le pays.

De 1979 à 1989, les moudjahidins (=les résistants islamistes), aidés par l'Arabie Saoudite, les USA et le Pakistan vont mener une guerre sainte contre les soviétiques athées. La figure principale et emblématique de la résistance sera le commandant Massoud.

 

massoud

 

C'est durant le djihad afghan (djihad = guerre sainte) que Ben Laden fera ses premières armes.

 

b°) La guerre civile entre ethnies afghanes (1989-2001).

 

Après le départ des soviétiques, en 1989, les américains ne voient plus d'intérêt à aider l'Afghanistan, qui va sombrer dans le chaos de la guerre civile. Les différentes factions de la résistance, les tadjiks de Massoud, les ouzbekhs de Rached Dostom, les pachtounes d'Hekmatyar et les hazaras chiites vont s'entredéchirer jusqu'en 1996, entraînant un désastre humanitaire pour les populations locales,  dans l'indifférence générale, comme le soulignera un rapport d'Amnesty International.

En 1996, les pakistanais vont alors soutenir la mouvance taliban, une secte islamique pratiquant un islam extrêmiste, qui s'est développé durant la guerre contre les soviétiques, parmi les 3 millions d'afghans réfugiés au Pakistan.

Puissamment armée, cette milice d'islamistes radicaux va prendre Kaboul, en 1996, et rétablir un semblant d'ordre, mais à quel prix !!

Exécution sommaire, discrimination envers les femmes et les hindous, destruction de temple hindouiste, repli sur le pays, les talibans vont plonger le pays dans une terreur jamais connue.

Seuls 3 pays, l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan reconnaîtront le régime taliban, dirigé par un obscur religieux, le Mollah Omar.

 

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c°) Ben Laden et Al-Qaeda en Afghanistan.

 

Dès 1996, fuyant le Soudan, Oussama Ben Laden va trouver un sanctuaire en Afghanistan, comme base pour ses activités terroristes.

 

ben laden fuck

 

Les américains vont frapper les camps terroristes d'Al-Qaeda en Afghanistan, avec des missiles, en août 1998, lors de l'opération Infinite Reach.

 

d°) Les attentats du 11 septembre 2001 et l'invasion alliée de l'Afghanistan.

 

Le 11 septembre 2001, 4 avions détournés par des terroristes d'Al-Qaeda, percutent les 2 tours du WTC, à New-York, le Pentagone, à Washington et le dernier s'écrasera en Pensylvannie, faisant près de 3000 morts.

Un mois plus tard, après le refus, par le mollah Omar, d'un ultimatum américain, demandant de lui livrer Ben Laden, le responsable des attentats, les USA et leurs alliés, dont la France, envahissent l'Afghanistan.

11 ans que nous sommes là-bas, sans avoir réglé les problèmes propres à ce pays, toujours soumis à la terreur taliban. Le retrait des forces militaires occidentales a commencé en 2012 et se finira en 2014.

 

e°) Les effets dévastateurs de la guerre.

 

Avec la guerre, l'espérance de vie des afghans est tombée à 43,8 ans, la mortalité infantile est très élevée avec 15,7 %, l'analphabétisme touche 57 % des hommes et 87 % des femmes !! En 2010, l'Afghanistan était le 157eme pays sur 180, pour son PIB par habitant.

Ces chiffres n'augurent rien de bon pour l'avenir ...Ce pays n'a pas les moyens humains, ni les capitaux, pour se relever à moyen terme.

 

5°) Le renouveau de l'Afghanistan ?

 

a°) Une agriculture ravagée.

 

37 ans de guerre ont ravagé les cultures. Aujourd'hui, le seul salut pour les paysans restent la culture de l'opium, qui fait vivre près de 2 millions d'afghans.

 

b°) Des ressources naturelles difficiles à exploiter.

 

Le manque d'infrastructures routières et ferroviaires, le non-accès à la mer, rend difficile l'exploitation des gisements miniers.

Pour l'instant, la mine de cuivre d'Aynak est exploitée par un consortium chinois, alors que la mine de fer d'Hajigak, l'est par une multinationale indienne.

D'autres ressources comme le lithium sont omniprésentes dans le pays, mais difficilement exploitables, pour le moment, car dispersées dans tout le pays, qui connaît une insécurité peu compatible avec une exploitation.

Les multinationales occidentales sont peu présentes en Afghanistan, à cause de l'insécurité ambiante, seuls les chinois et les indiens investissent massivement dans le pays.

 

c°) Le pipeline transafghan, un serpent de mer géostratégique.

 

Le fameux pipeline transafghan, dont l'idée a été lancée au début des années 90 par la multinationale argentine, Bridas, rejoint, en 1986, par les américains d'Unocal, a été une première fois abandonnée juste après les frappes américains d'août 1998. Les conditions de sécurité n'étant plus réunies pour construire un tel pipeline.

Depuis lors, le projet réapparaît régulièrement sur la scène régionale, le dernier datant de 2008, et impliquant l'Afghanistan, l'Inde, le Pakistan et le Turkmenistan.

Mais au vue de l'insécurité ambiante et du chaos politique régnant en Afghanistan, il est fort probable que le projet du pipeline transafghan ne voit jamais le jour !

 

Un QUIZZ pour réviser.

 

I

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 11:22

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I) Une république faible: la IVeme république.

 

La IVeme République, créée juste après la guerre, en 1946, durera jusqu'en 1958.

 

1°) Les guerres de la décolonisation.

 

La IVeme République va être confrontée à deux guerres:

 

a°) La guerre d'Indochine (1946-1954):


 La guerre d'Indochine de 1946 à 1954, se termina par la défaite de Dien Bien Phu,

 

 

 

 

 

pour les français, entraînant les accords de Génève, initiés par Pierre Mendès-France, en 1954,

 

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consacrant le départ des français d'Asie et l'indépendance du Viet-Nam. Mais l'Indochine n'était pas une colonie de peuplement, et si la défaite humilia l'armée française, elle n'eut pas de conséquences au niveau intérieur.

 

b°) La guerre d'Algérie (1954-1962).

 

La guerre d'Algérie n'eut pas les mêmes conséquences. En effet, si l'Indochine était une colonie, l'Algérie était un département français et faisait partie intégrante, au même titre que la Corse, de la France. 1,5 millions de français vivaient en Algérie, cotôyant 8 millions d'algériens d'origine arabe. Le 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale algérien lance une insurrection contre les colons blancs qui débutera la guerre d'Algérie.

Le conflit va prendre de l'ampleur et le gouvernement français va envoyer les jeunes français maintenir l'ordre en Algérie alors que la guerre d'Indochine n'avait mobilisé que les troupes professionnelles comme les légionnaires ou les parachutistes.

Le 13 mai 1958, devant la faiblesse du gouvernement parisien, l'armée prend le pouvoir (=putsch), à Alger, et renverse le pouvoir civil. A Paris, le pouvoir vacille, et le président de la République française, René Coty, appelle le général de Gaulle au pouvoir, pour calmer la fureur des français d'Algérie, qui se sentent abandonnés par la métropole (=la France continentale).

Le général De Gaulle, qui avait déjà "sauvé" la France de l'humiliation, en 1940, en continuant le combat contre les nazis, de Londres, est perçu comme un sauveur, qui résoudra tous les problèmes. Méprisant cette IVeme République faible, il installera la Veme République, avec un pouvoir exécutif fort (=les pouvoirs du Président).

 

2°) Instabilité gouvernementale.

 

La IVeme république, en 12 ans d'existence, connaîtra 29 gouvernements différents !! En moyenne, le gouvernement était modifié plus de deux fois par an.

Avec une telle instabilité du pouvoir, il était évident que les différents gouvernements ne pouvaient pas travailler dans la durée pour régler les problèmes de la France, notamment la guerre d'Algérie, qui entraînera la chute de la IVeme République sous la pression des français d'Algérie et de De Gaulle.

 

II°) La Veme République où le primat du Président de la République.

 

1°) De Gaulle: un pouvoir fort au service de l'indépendance nationale.

 

a°) Un régime semi-présidentiel.

 

Si dans la IVeme République ce sont les assemblées qui avaient le beau rôle et la réalité du pouvoir, le président n'étant là que pour "décorer" (ou "inaugurer les chrysanthèmes"= se dit d'un personnage politique qui n'a pas de pouvoir réel, comme la reine d'Angleterre ou les présidents de la République sous la IVeme République), dans la Veme, selon la conception gaullienne du pouvoir, c'est le Président, si il a la majorité à l'Assemblée Nationale,  qui concentre les pouvoirs et qui impulse la politique gouvernementale.  Car en dernier ressort, le gouvernement est responsable devant l'Assemblée Nationale (article 20).

 

b°) 1962, l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

 

Pour renforcer le prestige et la légitimité de la fonction présidentielle, De Gaulle fera changer le mode d'élection du président de la République. Désigné par des grands électeurs, à partir de 1958, le Président, à partir de 1962, sera élu pour 7 ans au suffrage universel direct, c'est à dire par tous les français en âge de voter.

 

c°) La fin de la guerre d'Algérie et les accords d'Evian en 1962.

 

Devenue impopulaire chez les français, le général De Gaulle veut terminer la guerre d'Algérie qui plombe les finances de la France et donne une image déplorable au niveau international. Malgré l'opposition des français d'Algérie, les pieds-noirs, le général va, par les accords d'Evian, arrêter la guerre et consacrer l'indépendance de l'Algérie en tant que pays à part entière.

 

 

d°) La France sort de l'OTAN en 1966.

De Gaulle est partisan d'une politique étrangère indépendante, et ne veut pas dépendre des 2 grands, les USA et l'URSS. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la France est intégrée à l'OTAN, Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord, qui unit les armées d'Europe de l'Ouest sous le commandement américain.
Or, De Gaulle, qui avait été méprisé par le Président Roosevelt, entre 1940 et 1945, veut que la défense de la France soit française. Il ne veut plus dépendre d'une puissance étrangère pour la sécurité de l'Hexagone.
En 1964, la France dispose enfin de sa bombe nucléaire, élément essentiel pour sa défense et elle peut donc sortir de l'OTAN, en 1966.

2°) La révolte de mai 1968.

a°) Une société étouffante au niveau des moeurs.

Si la France de De Gaulle connaît un dynamisme économique, désigné par l'expression les "30 glorieuses", si les ménages s'équipent et s'enrichissent, la société reste très conservatrice (=traditionnelle) au niveau des moeurs.

b°) L'avènement des Jeunes.

La société de consommation naissante va se traduire par une culture jeune. Une musique, le rock n'roll, venue des USA avec Elvis Presley,


et des héros de cinéma comme Marlon Brando ou James Dean, qui incarnaient une révolte des jeunes contre l'univers des adultes,

se traduisent par une culture "Jeunes" que véhicule le magazine "Salut les copains". Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Claude François dans la chanson,  vont électriser les foules juvéniles.

Cette culture jeune se caractérise par son insouciance et son hédonisme (= recherche du plaisir) au travers de la musique et de la fête.
Au cinéma, une Nouvelle Vague d'acteurs et de cinéastes, comme Jean-Paul Belmondo, insuffle un nouvel élan à un cinéma français un peu vieillot.

c°) Mai 68, une révolte libertaire.

# Des revendications politiques et libertaires.

Dans toutes les sociétés, ce sont souvent les intellectuels qui impulsent la contestation. L'ouvrier ou plus généralement les travailleurs, trop occupés par le travail et leur famille, n'ont pas le temps de penser à se révolter.
Or, depuis le début des années 60, on assiste à une massification de l'éducation et de plus en plus de jeunes poursuivent leurs études dans le supérieur.
La société change, une société des loisirs émerge, et les jeunes sont un peu à l'étroit dans la morale étriquée de leurs parents.
Les étudiants stigmatisent (=condamnent) la guerre des Etats-Unis contre le Viet-Nam et critiquent un autoritarisme dépassé, comme la séparation des filles et des garçons dans l'enseignement.

# La révolte étudiante.

Après des manifestations étudiantes qui avaient commencé à Nanterre le 22 mars, début mai, 400 étudiants occupent la Sorbonne. Des leaders de la contestation se font connaître comme Dany Cohn-Bendit.

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Très rapidement, la situation s'envenime devant la riposte des autorités, et à partir du 10 mai, les étudiants prennent d'assaut le Quartier Latin, à Paris, et dressent des barricades.

Des slogans libertaires sont scandés, comme, "Il était interdit d'interdire".

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# La grève générale du 13 mai.

Les travailleurs, au début, en dehors de la révolte étudiante, vont la rejoindre, en décrétant la grève générale dès le 13 mai. La grève ne fait qu'enfler, les jours suivants et la situation devient alors révolutionnaire ! Le pouvoir vacille et le général de Gaulle disparaît pendant quelques heures, le 29 mai.

# Les accords de Grenelle.

Le 25 et 26 mai, pour terminer la grève générale, le gouvernement Pompidou négocie avec les syndicats les accords de Grenelle. Le SMIG est augmenté de 35 % et tous les autres salaires de 10 %.

# L'esprit 68.

Rétrospectivement, l'esprit 68 est avant tout une insurrection libertaire, d'une jeune génération plus éduquée, qui aspire à plus de liberté dans la vie de tous les jours, notamment la liberté sexuelle, remettant en cause la morale étriquée de leurs parents. Elle donnera lieu au mouvement hippie, dont le slogan "Peace and love" prendra le contre-pied de la société traditionnelle.
La confrontation entre l'esprit 68 et les habitants de la France profonde :

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 08:06

 La poésie est un  texte la plupart du temps en vers, même si elle peut-être en prose, qui privilégie la forme sur le fond. L'objectif de la poésie est de créer une impression de "beauté", par le jeu des images poétiques et des sonorités.

La poésie n'est pas que le domaine  des grands poètes comme Rimbaud, Baudelaire, mais se retrouve dans la chanson, avec les textes de Léo Ferré ou de Jacques Brel, le rap, et dans tous les types de discours.

 

1°) Strophes et vers.

 

Le poème est structuré en strophes, qui regroupe des vers. Selon le nombre de vers, on peut nommer la strophe :

- trois vers = tercet.

- quatre vers = quatrain.

 

Les vers peuvent être de différentes longueurs, selon le nombre de syllabes. Le poète, pour des raisons formelles, va utiliser la même longueur de vers pour son poème. L'Alexandrin, qui comporte 12 syllabes, est le roi de vers.


 2°) Les images poétiques.

 

Les poèmes "filent" la métaphore, ils débordent de comparaison, de métaphore, de personnification ou d'allégorie.

 

Regardons ce poème de Baudelaire, L'Albatros (Spleen et idéal, Les Fleurs du Mal) :

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oieaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique est laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre, mime, en boîtant, l'infirme qui volait !

 

Le Poète est semblable au prince des Nuées

qui hante la tempête et se rit de l'archer.

Exilé sur le sol, au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

 


 

 

a°) La comparaison.

 

La comparaison est une mise en relation entre deux images qui n'ont rien à voir entre elles à l'aide d'un comparatif (Comme, pareil à, semble à ...). Pour repérer les comparaisons, il faut chercher le comparatif.

 

Dans L'Albatros, vers 8, nous avons un comparatif "Comme", qui compare les ailes de l'oiseau à des avirons, c'est à dire à des rames d'embarcation. La comparaison est ici plutôt négative pour l'oiseau, puisque dans les airs, ces ailes blaiches sont magnifiques alors qu'à terre, elles sont piteuses et traînent par terre. Vecteur de liberté et de verticalité, dans les airs, elles le figent, à terre.


Vers 9, " Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !"

Aérien dans les airs, l'oiseau est maladroit et sans énergie, au sol.


Enfin, vers 10, "Le Poète est semblable au prince des Nuées", le poète compare la figure du Poète à l'Albatros. C'est une personnification, car le poète donne des sentiments humains à un animal.

Comme l'oiseau, le poète est le roi de l'imaginaire, du monde onirique (=relatif aux rêves), qui survole la réalité prosaïque (= simple) du monde des hommes, enfermés dans leur quotidien. Il se fait le médiateur (=l'intermédiaire) entre les hommes et la beauté cachée du vaste monde et brille dans les cieux de l'imagination. Mais dès qu'il retourne parmi les hommes, il est comme un étranger, en exil, raillé, incompris, mis à l'écart, car son esprit aérien se fige au contact de la triste réalité. Ses semblables ne le comprennent pas, le prennent pour un illuminé ou  un fou !

 

b°) La Métaphore.

 

La métaphore est une comparaison, elle relie deux idées mais sans le comparatif. Elle est donc plus difficile à repérer que la comparaison.

 

Vers 4 : "Le navire glissant sur les gouffres amers".

Le navire glisse sur l'eau de l'océan et pas sur des gouffres. Donc nous avons ici une métaphore où le poète compare l'océan et ses profondeurs à des gouffres amers. L'adjectif amer, relève d'un effet sonore, entrant en résonnance avec la sonorité finale du Vers 2, "Mer".

 

Vers 6: "Que ces rois de l'azur".

Le poète compare les albatros à des rois de l'azur, comparaison très positive qui fait de l'oiseau le maître des cieux.  Le mot "azur", en poésie, désigne l'infini, les cieux, le monde aérien.

 

c°) Les champs lexicaux.

 

Un champ lexical, est une ensemble de mots et d'expressions qui signifient une même idée. Ici, dans l'Albatros, nous avons deux champs lexicaux qui s'opposent, parfois même au sein du même vers, puisque Baudelaire utilise les antithèses (=oppositions) :

 

Vers 6: "Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux".

 

Les rois sont fiers et sur d'eux, et non pas maladroits et honteux.

 

Vers 9: "Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !"

Vers 10: "Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !"

 

Ces antithèses ou oppositions renforcent le message du poète, qui oppose la beauté du monde de l'imaginaire à la laideur de la réalité. L'antithèse se situe dans une phrase ou un vers, son pendant, au niveau d'une expression, est l'oxymore, qui relie deux termes opposés (ex: soleil noir, mort-vivant).

 

Dans ce poème, nous pouvons donc isoler et opposer deux champs lexicaux :

- un champ lexical  de la majesté (= noblesse, grandeur), avec les termes: "Prince, roi, géant" qui complète un champ lexical de l'élégance: "ailé, beau, ailes blanches".

- un champ lexical de la déchéance avec les mots:" maladroits, honteux, gauche, veule, infirme, laid."

 

L'opposition de ces deux champs lexicaux renforcent le fossé qui sépare l'univers du poète au monde des hommes.

 

 

3°) Les sonorités poétiques.

 

a°) Les rimes.


Les strophes comprennent des rimes, dont la musicalité rentre en résonnance. Les rimes peuvent être plates (AABB) ou croisées (ABAB), comme les rimes du poème l'Albatros.

 

b°) Les effets sonores.

 

# L'anaphore:

 

L'anaphore et la répétition d'un mot, en début de vers, ou d'une phrase, en début de strophes. La plus célèbre anaphore reste, pour moi, le discours de Marther Luther King, sur les droits civiques, prononcé en 1963, à Washington : I have a dream (=J'ai fait un rêve).

 

 

L'objectif de l'anaphore est, par ce procédé de répétition, de renforcer l'argumentation ou l'idée développée par le poète ou par l'émetteur.
b°) L'assonance et l'allitération.
Ce sont des répétitions de sons qui sont utilisés régulièrement dans le rap.
L'assonance est la répétitiion d'un son voyelle pour produire un effet musical.
Assonance en [a] :
"Le pacha se pencha, attrapa le chat, l'emmena dans sa villa et le plaça près du lilas."
L'allitération est la répétition d'un son consonne.
Allitération en [ch] et en [s]
"Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archisèches ?"
Rimes, anaphore, assonances et allitérations dans Jolie môme par Léo Ferré.



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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 11:07

I. Les différents types de texte.

 

Il y a plusieurs types de texte:

- le texte narratif (raconter une histoire).

- le texte descriptif (décrire un paysage, une personne. Il n'y a pas d'action proprement dite).

- le texte argumentatif (une publicité, un éditorial, un texte qui cherche à vous persuader).

- le texte informatif ou injonctif (notice d'un appareil, recette de cuisine ...).

- le texte poétique dont le but est de rendre "beau", le message, par des images et des sonorités.

- le texte théâtral, qui se compose de dialogues.

 

1°) Le récit et le narrateur.

 

Le récit, narre une histoire, qui peut être fantastique, policière, romanesque, autobiographique. Le narrateur est celui qui raconte cette histoire, il peut donc se confondre avec l'écrivain, mais il peut aussi être un personnage fictif, dans l'histoire comme dans Les Choses de la Vie, de Paul Guimard, où le narrateur, un homme en train de mourir, revoit ses moments de bonheur défiler devant lui.

 

 

 

 

 


 a°) Les temps du récit.

 

Trois temps reviennent régulièrement dans un récit :

- l'imparfait, plutôt le temps de la description.

- le passé simple, le temps de l'action.

- le présent de narration.

 

b°) Les personnages du récit.

 

# Un physique.

 

- grand ou petit.

- gros ou maigre.

- musclé ou chétif.

- vieux ou jeune.

- beau ou laid.

 

# Un caractère.

 

On peut déterminer le caractère d'un personnage en étudiant le texte et en relevant des informations explicites ou implicites. Le personnage peut être:

- avare ou dépensier.

- égoïste ou altruiste.

- colérique ou calme.

- asocial ou sociable.

- méchant ou bon.

 

On remarquera que, souvent, la beauté est associée à la bonté, alors que la laideur physique reflète la laideur de l'âme. Le diable est souvent représenté comme un être hideux (=laid).

A l'inverse, on imagine mal la perversité cachée sous la beauté.

 

# Une classe sociale.

 

Un personnage est toujours issu d'une classe sociale. Il peut être:

 

- un artistocrate, faisant partie de la noblesse, tout tendu vers son bon plaisir, vivant de ses rentes, passant son temps à la chasse et à courir les jolies femmes. Oisif (=qui n'exerce aucune activité) et dépensier, il mène grande vie. C'est le cas de Don Juan, séducteur obsessionnel, ou du vicomte de Valmont, qui, dans Les Liaisons dangereuses, de Chaderlos de Laclos, passe son temps à attrapper dans ses rets (=filets) de séducteur, de jolies femmes bien sages.

 

 

- un bourgeois, un homme riche qui dispose de beaucoup d'argent, grâce à sa réussite professionnelle ou à sa naissance. Figure liée à l'argent et à l'exploitation des autres pour faire du profit (= de l'argent), il est souvent méprisé par les aristocrates, qui ne se salissent jamais les mains, et par le peuple laborieux (= travailleur), qui voit en lui un exploiteur. Il peut prendre la figure du banquier qui pratique l'usure et fait rendre gorge aux mauvais payeurs ou du patron d'usine, qui fait suer ses salariés. Jacques Brel voyait les bourgeois comme des ...

 

 

- un ouvrier (=prolétaire) qui travaille dans une usine ou dans une mine. Emile Zola avait narré la condition des mineurs, dans Germinal. Dans cet extrait, les mineurs se réunissent dans une taverne (=bar), lieu de divertissement pour les hommes, pour préparer une grève.

 

 

Le monde ouvrier peut être décrit comme violent, dangereux, imprévisible, ou bien alors comme un univers laborieux, solidaire, aspirant à plus de justice et d'égalité.
- le paysan, souvent pauvre, qui travaille sa terre à la sueur de son front. Humble (=modeste), taiseux (il parle peu), il se méfie des gens de la ville et des étrangers, et connaît la valeur des choses (il est souvent pingre). Il est routinier, comme les saisons, qui guident son labeur et est très attaché à sa terre. Loin des tentations de la ville, il mène une vie sage. Superstitieux et croyant, il reste attaché à la tradition. Le peintre Jean-François Millet a beaucoup peint la condition paysanne, dans une tradition réaliste (= proche de la réalité).

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 (L'Angelus, de Millet, 1859, Musée d'Orsay. Source, wikipedia)

 

Marcel Pagnol et Jean Giono ont situé leurs histoires dans ce monde paysan, comme Jean de Florette, Manon des sources ou Regain.

 

-  le commerçant. Figure plus moderne, car liée à la marchandise et à l'argent, il exerce en ville, lieu de modernité qui s'oppose à la traditionnelle campagne. Il a une image parfois négative, puisqu'il n'est qu'un intermédiaire entre le producteur et le client, et se fait des marges conséquentes, comme dans le roman de Jean Dutourd, Au bon beurre. Mais parfois les commerçants sont contrôlés ...

 

 

 

 

2°) Le texte descriptif.

 

Le texte, comme son nom l'indique, décrit un personnage ou un paysage. La description se réfère à nos cinq sens, et plus particulièrement à la vision. Mais les odeurs et les bruits peuvent aussi la préciser.

On note donc la présence de nombreux adjectifs, qui qualifient la couleur, la forme.

Les couleurs sont signifiantes, elles peuvent créer une atmosphère lumineuse, joyeuse, positive, si le jaune (= couleur du soleil), le bleu (= couleur de l'eau) et le vert (= couleur de la nature), dominent. Elles peuvent signifier le sang, avec le rouge, ou la mort et la noirceur, avec le noir et le gris.

Les figures de style sont nombreuses, avec la comparaison et la métaphore. Ces comparaisons peuvent être positives ou négatives. Comparer quelqu'un à un serpent ou à un loup est négatif, car ces deux animaux ont mauvaise réputation alors que le comparer à à un lion va signifier la bravoure et le courage de la personne.

On y trouve aussi beaucoup d'énumérations, pour renforcer une impression ou un trait particulier de la chose décrite.

 

3°) Le texte argumentatif.

 

a°) Thème et thèse.

 

L'objectif du texte argumentatif est de persuader le lecteur ou un auditoire de la justesse de sa thèse. Une thèse, est une prise de position sur un thème.


Exemple: Je pense que l'activité des hommes est à l'origine du réchauffement climatique.


Le thème abordé est donc le réchauffement climatique, et la thèse du locuteur (=celui qui parle) est la responsabilité des hommes dans ce réchauffement.

 

b°) Les arguments.

 

Pour persuader mon lecteur ou mon auditoire, je vais renforcer ma thèse par des arguments visant à prouver la justesse de celle-ci. Je peux donner des arguments d'autorité, qui s'appuient sur des chiffres ou sur des avis scientifiques et utiliser des exemples.

 

Les arguments d'autorité:

 

- Le réchauffement climatique est d'origine humaine, car la revue scientifique Nature a prouvé qu'il y avait un lien entre le rejet de gaz carbonique dans l'atmosphère et le réchauffement.

- Météo France a parlé de la décennie la plus chaude du siècle.

 

Ici, la référence à la revue scientifique Nature et à l'institution qu'est Météo France, donne de la force à ma thèse.

 

Les exemples:

 

Les exemples sont destinés à donner une image concrète de ce réchauffement, dans ses effets.

 

- Le recul du glacier de la Mer de glace, près de Chamonix, illustre bien le réchauffement de la planète.

- Il n'a pas plu depuis un mois et le Rhône est à son plus bas niveau.

 

c°) Les connecteurs logiques.

 

Le texte argumentatif essaie de persuader donc il utilise des adverbes qui introduisent des relations d'opposition, de cause ou de conséquence, comme "mais, cependant, donc, toutefois...".

La profusion de ces connecteurs indiquent que le texte relève de l'argumentation.

 

 

 

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 19:09

I. L'initiative des lois.

 

Elles peuvent être initiées par les députés qui siègent à l'Assemblée Nationale, on parlera alors de propositions de lois.

Elles peuvent être initiées aussi par le gouvernement, on parlera alors de projets de loi.

 

II. Le parcours de la proposition ou du projet de loi.

 

 

Elle est déjà examinée par une des 6 commissions de l'Assemblée Nationale qui désignera un rapporteur de la loi dont la fonction sera d'étudier la validité du texte et pourra l'amender (=le modifier). Lorsque le rapporteur a fini son travail, la proposition de loi repasse devant la Commission qui adopte le texte.

Le texte de loi passe alors devant les députés, à l'Assemblée Nationale qui vont voter la loi.

Puis, la loi passe par le Sénat qui va étudier, amender et voter la loi.

Après le Sénat, la loi revient à l'Assemblée Nationale qui examine les articles qui ont été amendés par le Sénat.

La proposition de loi est adoptée lorsqu'elle est votée dans les mêmes termes par les deux assemblées. En cas de désaccord persistant entre les deux assemblées, le gouvernement peut donner la priorité à l'Assemblée Nationale.

Le texte est alors promulguée dans les 15 jours par le Président de la République. Ce dernier peut demander un nouvel examen de la loi et le Conseil Constitutionnel juge de la conformité de la loi à la Constitution.

La loi promulguée entre en vigueur lorsqu'elle est publiée au Journal Officiel.

 

Un QUIZZ pour tester vos connaissances.

 

 

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Published by Tietie007 - dans PREMIERE HISTOIRE GEO
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