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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 10:21

Programme de Première en Histoire-Géographie (à partir de la page 5 du document):

 

Histoire:

 

- Etre ouvrier en France (1830-1975).

- Le régime de Vichy et la collaboration.

- La résistance française.

- La France sous la Veme République de 1958 à 1970.

- Les femmes dans la société française de la Belle Epoque à nos jours.

- La République et le fait religieux depuis 1850.


 

 

Géographie :

 

Pôles et aires de puissance: la Californie.

La Mondialisation.

Etude d'un Pays Moins Avancée ou PMA. Le cas de l'Afghanistan.

Etude d'un Pays émergent: la Chine.

 

 

Education Civique:

 

La Constitution française.

L'élaboration d'une loi.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:38

carte_france.gif

(Source: Microsoft Corp.2007)

 

1°) Le territoire français.

 

La France métropolitaine a une superficie d'environ 550 000 km2 et 120 000 km2 de territoires d'outre-mer.

La France se caractérise par des paysages variés, montagneux, avec les Alpes, les Pyrénées et le Massif Central et plus plats dans le Centre et dans le Nord.

 

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(Source: Wikipedia)

 

2°) La France, leader de l'Union Européenne.

 

La France fut un des 6 Etats fondateurs de la CEE (Communauté Economique Européenne), créée en 1957, sous l'impulsion du français Robert Schuman. Depuis 1992, la CEE est devenue l'Union Européenne, nouvelle organisation acceptée par les français lors du référendum sur le Traité de Maastricht, en 1991.

En 2002, elle adopte la monnaie européenne, l'Euro et une Banque Centrale Européenne (BCE)  gère la monnaie européenne.

Les principaux partenaires commerciaux de la France sont des pays de l'Union Européenne. L' Allemagne est le premier client et le premier fournisseur de la France, ce qui illustre l'importance du couple franco-allemand, qu'avait illustré la célèbre photo où le Président français, François Mitterrand, tenait la main du chancelier allemand, Helmut Kohl.

 

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Après deux guerres mondiales qui avaient opposé les deux pays, l'Union Européenne va sceller la réconciliation définitive des deux pays.

La crise grecque qui a miné l'Union Européenne, en 2011, sera résolue par le duo franco-allemand, pierre angulaire de la construction européenne. Il n'en reste pas moins que cette crise aura ébranlé l'institution européenne, et qu'il faudra relancer le projet européen rapidement !

 

3°) La France dans le Monde.

 

a°) Une puissance économique.

 

La France est la 6eme puissance économique mondiale, avec notamment la deuxième agriculture du monde, derrière les USA. Champion de l'industrie agro-alimentaire, avec des produits comme le vin et les fromages, elle a aussi des multinationales comme le groupe pétrolier Total, Carrefour, deuxième groupe de distribution derrière l'américain Wall-Mart et des constructeurs automobiles comme Renault et Peugeot-Citroën. La France est aussi leader dans les produits de luxe, avec le groupe LVMH.

De même, la France, par l'intermédiaire de l'Agence Spatiale Européenne, est un pays leader dans le lancement des satellites commerciaux depuis sa base de Kourou, en Guyane.

 

b°) Une puissance militaire et diplomatique.

 

La France dispose d'une voix au Conseil de Sécurité de l'ONU, club très fermé qui réunit les USA, la Chine, la Russie et la Grande-Bretagne.

Elle dispose aussi du troisième budget militaire mondial, et possède la bombe nucléaire, ainsi que des sous-marins et un porte-avions, le Charle de Gaulle, à propulsion nucléaire.

 

c°) L'influence culturelle.

 

Près de 200 millions de personnes à travers le monde, parlent le français.

 

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(Source: Organisation Internationale de la Francophonie, 2007.)

 

Le cinéma français reste le premier cinéma européen et concourt à la propagation de la culture française dans le monde, même si ces parts de marché sont nettement inférieures à celles des USA.

 

Testez vos connaissances avec ce QUIZZ sur la France dans l'Europe et dans le Monde et avec ce QUIZZ sur la France en chiffres.


 


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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 16:09

 

 

La dérive fasciste: Doriot, Déat, Bergery, 1933-1945, de Philippe Burin,   Poche, 2007.

Le destin de trois hommes de gauche, communiste, socialiste et radical, dérivant vers le fascisme et la collaboration.

 

 Les origines intellectuelles du Léninisme, d'Alain Besançon, Gallimard, 1996.

 

Le léninisme, version autoritaire du marxisme politique, organisé autour d'un Parti centralisé et hiérarchisé, sera la matrice de la révolution d'Octobre et du stalinisme.

 


 

 

Du Pouvoir de Bertrand de Jouvenel , Poche, 1998.

 

Réflexions sur l'essence du pouvoir politique. Un incontournable pour préparer sciences politiques.

 


 

 

Le passé d'une illusion, de François Furet, Poche, 2003.

Un ancien communiste qui analyse ce que fut la grande passion du siècle dernier, cette belle utopie qui fascina des millions de gens et qui se termina dans le stalinisme. La généalogie d'un aveuglement.


 

Le socialisme en France et en Europe, 19eme et 20eme, de Michel Winock, Seuil, 1992.

 

Un ouvrage très complet sur l'origine de l'idée socialiste et sur les mouvements socialistes en France et en Europe.

 


 

 

Que faire ?, de Lénine, 1902.

Le livre clé pour comprendre le système léniniste, reposant sur un parti de professionnels de la révolution, dépositaire de la vérité historique et donc légitime pour exercer sa dictature sur un prolétariat incapable d'atteindre une conscience de classe. La préface de l'ouvrage est éclairante :

 

"...La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c'est son amorphisme et l'absence de frontières nettement délimitées; le parti se renforce en s'épurant..."
(Extrait d'une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.)

 

Réflexions sur la violence, de Georges Sorel, 1908.

Un pamphlet anarcho-syndicaliste pour la grève générale et le renversement de l'ordre bourgeois. Une attaque sans merci des socialistes réformistes à la Jaurès et du parlementarisme. Le livre qui marqua Mussolini !

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 12:12

480px-US map - states-fr

(Source: wikipedia)

 

1°) Caractéristiques géographique et démographique de la Californie.

 

carte-californie.gif

 

(Source: http://www.bourse-des-voyages.com/guide-voyage/vols/aeroports-californie.html)

 

La Californie a une superficie de 423 000 km2, elle est donc un peu plus petite que la France avec ses 550 000 km2.

C'est l'Etat des Etats-Unis d'Amérique le plus peuplé, avec 37,2 millions d'habitants, soit 8,3 % de la population totale des USA (309 millions d'habitants).

Ses 4 principales villes sont Los Angeles (4 millions d'habitants), San Diego (1,3 millions d'habitants), San José (1 million) et San Francisco (0,8 million).

Elle est bordée, à l'Ouest, par l'océan Pacifique et ses 1 300 km de plage, au Sud par le Mexique.

Cette proximité avec le Mexique a des conséquences sur les flux migratoires et sur la population californienne. En effet, des dizaines de milliers de mexicains passent, chaque année, clandestinement en Californie, et la communauté hispanique était, en 2000, la plus importante de l'Etat, avec un tiers de ses habitants.

 

californie-ethie-ethnic.png

 


 

2°) La Californie, l'état le plus riche des Etats-Unis d'Amérique.

 

La Californie représente à elle seule 13 % du Produit National Brut des Etats-Unis d'Amérique et si elle était indépendante, elle serait le 8eme état le plus riche au monde. Elle est surnommée le Golden State, l'Etat doré !

L'économie californienne bénéficie de la présence de centres de recherche nombreux (Silicon Valley) et d'universités prestigieuses comme Berkeley ou UCLA.

De nombreux sièges sociaux de multinationales comme Apple, Chevron ou HP, sont situés en Californie.

Le trois plus grands ports de Californie, Long Beach, Los Angeles et Oakland représentaient 38 % du trafic de conteneurs états-uniens, en 2008.

L'agriculture californienne est la première, en valeur, des 50 Etats américains, en 2008. Et la Californie produit 90 % du vin américain, notamment dans la vallée de la Napa.

La ville de Los Angeles est aussi la "Mecque" du cinéma mondial avec les studios d'Hollywood.

 

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L'importance des secteurs des medias et de l'industrie du spectacle dans cet état s'est traduit par l'accession, à la tête de l'Etat californien, de l'acteur Arnold Schwarzenegger, qui est resté gouverneur de Californie de 2003 à 2011. Il faut noter, que l'ancien acteur Ronald Reagan,

 

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ancien président des USA, de 1981 à 1989, fut aussi gouverneur de Californie.

La Californie est aussi une destination touristique de premier ordre, avec plus de 13 millions de touristes, en 2008, faisant travailler près d'un million de californiens ! Le parc d'attraction Disneyland, les grands parcs naturels comme Yosemite, attirent des centaines de milliers de visiteurs, sans compter le patrimoine culturel dont disposent des villes comme Los Angeles et San Francisco.

 

3°) Une puissance fragilisée.

 

Depuis quelques années, la croissance économique est en net recul, en Californie et la pollution est très importante, comme le tristement célèbre "Smog", brouillard de pollution qui entoure la ville de Los Angeles.

Dans le contexte de la mondialisation, la Californie connaît la concurrence des pays d'Asie, et un déficit commercial récurrent. Beaucoup d'entreprises américaines se sont aussi installées juste derrière la frontière mexicaine, pour produire dans les "maquiladoras" des produits bon marché en direction du marché américain, profitant d'une main d'oeuvre mexicaine bon marché.

De même, la proximité du Mexique, beaucoup moins riche, entraîne des flux migratoires vers la Californie de mexicains pauvres, les chicanos, cherchant du travail dans "l'eldorado californien", générant des tensions et de la violence. La ville de Los Angeles est aussi sévèrement touchée par le phénomène des gangs, qui ne sont pas moins de 250 dans la "Cité des Anges". Le différentiel de richesse et le racisme peuvent aussi entraîner des  émeutes ethniques, comme à Los Angeles, en 1992.

De plus, cette région chevauche une faille tectonique, la faille de San Andreas, qui génère des tremblements de Terre. Certains spécialistes prédisent un super-earthquake dans cette région, que les californiens ont surnommé le Big One !

 

Vérifiez vos connaissances en répondant à ce QUIZZ.

 


 


 



 

 


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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 11:58

Synthèse:

 

I. Classe ouvrière et révolution industrielle.

 

a°) La classe ouvrière (= le prolétariat).

La révolution industrielle qui se développe en Grande-Bretagne, à la fin du 18eme siècle, puis sur le continent européen, au 19eme siècle, va multiplier le nombre des ouvriers qui vont travailler dans les nouvelles usines. En France, de 400 000 ouvriers en 1840 à 3 millions en 1870, le nombre des ouvriers aura été multiplié par 7 en 30 ans. En 1931, ils seront 7 millions et en 1975, 8,2 millions.

 

b°) Les mutations du travail ouvrier.

 

Les méthodes de travail ont évolué avec l'apparition du travail à la chaîne imaginé par l'américain Taylor (taylorisme), puis, l'automatisation et la robotisation, qui se développent dans la deuxième moitié du 20eme siècle, notamment dans l'industrie automobile.


 

II.Représenter les intérêts de la classe ouvrière.

 

a°) Les syndicats ouvriers.

Les ouvriers qui louent leur force de travail à un patron ont des intérêts communs face au patronnat. La grève est souvent le seul moyen pour défendre ses intérêts. En 1895, la Confédération Générale du Travail (CGT), est le premier syndicat interprofessionnel. Son rôle est de négocier avec le patronnat et les pouvoirs publics pour améliorer les conditions de travail des salariés. D'autres syndicats naîtront par la suite, comme la CFTC, en 1919,  Force Ouvrière (FO), en 1947, la CFDT, en 1964.

Aujourd'hui, les syndicats sont en crise. Si un salarié sur 2 était syndiqué, en 1950, il n'était plus que 1 sur 4, en 1970 et 1 sur 10 en 2000.

 

b°) Les partis ouvriers.

L'augmentation du nombre d'ouvriers va déboucher sur la constitution de partis politiques défendant les intérêts de la classe ouvrière. Sous l'impulsion des idées de Karl Marx, les idées socialistes et communistes vont se développer pour conduire à la création de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) en 1905, dont le porte-voix sera Jean Jaurès et son journal L'Humanité.

En 1920, au Congrès de Tours, le mouvement socialiste se divise en deux tendances, les réformistes (SFIO puis Parti Socialiste en 1972) qui veulent transformer la société progressivement, en faisant des réformes, et les révolutionnaires, qui rejoignent le Parti Communiste Français, qui veulent changer radicalement la société capitaliste.

En 1936, le gouvernement du Front Populaire, dominé par les socialistes de Léon Blum, vont créer les congés payés pour les salariés et faire baisser le temps de travail avec le passage à la semaine des 40 heures.

 

 

Plan détaillé :

 

 

I. Les mutations du travail ouvrier.

 

Définition: un ouvrier est un travailleur qui loue sa force de travail à un patron.

 

a°) 19eme siècle: la naissance d'une classe.

 

Jusqu'au milieu du 19eme siècle, la grande usine reste l'exception, et le travail ouvrier très diversifié. Du salarié qui travaille chez un artisan au saisonnier qui part de la campagne pour trouver du travail en ville, les situations sont très diverses, et il n'existe pas une conscience ouvrière. La France reste avant tout un pays agricole où le travailleur au champs reste majoritaire.

La révolution industrielle va profondément modifier le paysage socio-économique de la France du 19eme siècle. Le progrès technique va provoquer un exode rural massif, des campagnes vers les villes. Le développement de l'industrie va embaucher ces bras dans les mines et les nouvelles industries, comme au Creusot, avec les usines Schneider. De 400 000 avant la révolution, le nombre d'ouvriers va passer autour des 3 millions, dans les années 1870.

Les conditions de travail des ouvriers sont alors très dures et des écrivains comme Emile Zola, vont narrer la dureté de la vie des mineurs dans Germinal.

 

b°) Le 20eme siècle et les nouvelles méthodes de production.

 

# Le Taylorisme ou le travail morcelé.

 

Nouvelle méthode de travail scientifique, le taylorisme va profondément modifier le travail des ouvriers, spécialisant ceux-ci dans une tâche spécifique, particulièrement aliénante. L'objectif de la méthode de Taylor, est d'augmenter la productivité. Charlie Chaplin dans son film, Les Temps Modernes (1936), fera une critique virulente du taylorisme et du travail à la chaîne.

 

 

# Le Fordisme.

Le Fordisme est une méthode d'organisation du travail qui s'inspire du taylorisme, tout en y rajoutant la standarisation de la production et une augmentation des salaires des ouvriers, pour favoriser la consommation. Les premiers acheteurs de la célèbre Ford T étaient les salariés d'Henry Ford !

# L'automatisation des chaînes de production.

Les progrès techniques vont automatiser les tâches, dès les années 50. Les constructeurs automobiles vont robotiser leur chaîne de production, gardant des Ouviriers Spécialisés (OS) pour la mainenance des machines.

II. L'organisation du mouvement ouvrier.

a°) Des débuts difficiles (1830-1884).

Avec la loi Le Chapelier de juin 1791, l'Etat français interdisait les associations syndicales ce qui laissait les ouvriers à la merci des patrons.
Les premières révoltes ouvrières furent celles des canuts lyonnais, en 1831, qui fut durement réprimée par le pouvoir de l'époque. Les classes laborieuses deviennent des classes dangereuses, pour les pouvoir en place.

b°) Les débuts du syndicalisme ouvrier.

Le droit de se syndiquer apparaît en 1884, sous la IIIeme République, et en 1892, la Confédération Générale du Travail ou CGT est créée. Premier syndicat, elle comptera près de 4 millions d'adhérents au début des années 30.
En 1906, la Charte d'Amiens consacre l'indépendance des syndicats par rapport aux partis politiques. Leurs objectifs est d'améliorer les conditions de travail des travailleurs en négociant avec le patronat ou en faisant grève.


c°) Des partis politiques représentant la classe ouvrière.

L'économiste et philosophe Karl Marx,

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dans son  Manifeste du Parti Communiste, en 1848, affirmait que le bourgeois exploitait la force de travail de l'ouvrier, et il appelait la classe ouvrière à renverser la bourgeoisie pour prendre le pouvoir et libérer le prolétaire des chaînes du profit. En 1864, il est des créateurs de l'Association Internationale des Travailleurs, qui deviendra la 1ere Internationale et dont l'objectif sera de promouvoir la révolution mondiale.
En France, les idées socialistes font aussi leur chemin. Lors de la révolution de 1848, les premiers Ateliers Nationaux sont crées, sous l'influence de Louis Blanc, consacrant le droit de chacun à avoir un travail, sans être à la merci d'un patron.
En 1871, alors que la France avait perdu la guerre contre la Prusse, des leaders des partis ouvriers veulent créer une véritable république sociale, protégeant l'intérêt des travailleurs, avec l'insurrection de la  Commune de Paris, salué par Karl Marx, contre le gouvernement de la IIIeme Répubolique. L'expérienc échouera, et  Adolphe Thiers réprimera durement les communards, dont une certaine Louise Michel !
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En 1905, ce sera la création de la  SFIO, Section Française de l'Internationale Ouvrière,  dont les leaders seront Jean Jaurès et Léon Blum, et qui oeuvrera à défendre les intérêts des travailleurs.
En 1920, lors du Congrès de Tours, la SFIO, divisée sur le soutien à la IIIeme Internationale, crée par Lénine

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éclatera en deux partis distincts, puisque la SFIC, ou Section Français de l'Internationale Communiste sera créée. Le Parti Communiste Français rêvera alors de prise de pouvoir par une action révolutionnaire, alors que les réformistes de la SFIO penseront qu'il est tout à fait possible de rester dans le système tout en l'améliorant par des réformes. Cette voie réformiste trouvera sa récompense lors de l'élection du Front Populaire, en 1936, qui, par les accords de Matignon, établira la semaine de travail de 40 heures et deux semaines de congés payés.
A partir de 1945, le Parti Communiste Français dirigé par Maurice Thorez, le "fils du peuple",
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sera le premier parti politique français, symbole de la place croissante des ouvriers dans la société française.

d°) Des syndicats en perte de vitesse.

Alors que les syndicats ouvriers, avec les accords de Matignon, en 1936, et les accords de Grenelle, en 1968, ont beaucoup fait pour l'amélioration des conditions de travail des salariés, ils connaîtront, dans les années 70, une baisse d'influence, en perdant des adhérents. Alors qu'en 1950, un salarié sur 2 était syndiqué, la CGT, FO, la CFDT, la CFTC et la CGC ne rassembleront qu'un salarié sur 4, en 1970. Ils furent victimes de leur succès, puisque les conditions de travail s'améliorant sous leur action, beaucoup de salariés ne virent plus l'utilité d'adhérer à un syndicat !

III. L'émergence d'une culture ouvrière.


La grande usine, lieu de travail pour des milliers d'ouvriers, va permettre aux travailleurs de se construire une identité commune, avec ses chansons, comme l'Internationale,

ses héros, comme Jean Gabin, cheminot dans La Bête Humaine.
Les bals populaires, le café, sont des lieux de sociabilité pour les ouvriers.
Les spectacles sportifs, comme le football ou le Tour de France cycliste sont très populaires chez les ouvriers.
De même, les premiers congés payés de 1936, vont permettre aux ouvriers de goûter aux joies du camping, l'été, en prenant la Nationale 7, la route du soleil !
Testez-vos connaissances en répondant à ce QUIZZ.
 
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 06:09

  Histoire de la seconde guerre mondiale :

 

L'Afrique du Nord dans la guerre, de Christine Levisse-Touzé, Albin Michel, 1998.

 

Une analyse intéressante sur le potentiel économique, humain et militaire de l'Afrique du Nord, entre 1939 et 1945.

 

 

 

 

Erich von Manstein, le stratège d'Hitler, de Benoît Lemay, Perrin, 2010.

 

Le promoteur de la percée dans les Ardennes, en 1940, le vainqueur du siège de Sébastopol, l'initiateur de la contre-offensive du Donetsk, qui arrêta l'armée rouge après Stalingrad, Erich von Manstein, fut certainement le général le plus brillant de l'armée allemande et le plus ambigu !

 

 

 

 

 

 

Erwin Rommel, de Benoît Lemay, Poche, 2011.

 

Le "Renard du désert" entre réalité et légende.

 

 

 

 La guerre italo-grecque, 1940-41, de Dominique Lormier, Calmann Lévy, 2008.

 

Un conflit peu connu, qui déstabilisa les Balkans et saigna l'armée italienne mal préparée, dans les montagne d'Epire.

 

 

 

L'histoire de l'armée allemande de 1939 à 1945, de Philippe Masson, Poche, 2010. Un ouvrage incontournable pour comprendre les causes des fantastiques succès de la Wehrmacht, au début de la guerre et cerner les limites de cette armée, qui précipiteront sa chute.

 

 

 

 



39-45, une guerre inconnue, de Paul-Marie de la Gorce, Flammarion, 1999.

Un ouvrage généraliste qui se caractérise par des analyses originales sur les occasions manquées, de part et d'autres.

 

 

 

 

 



La grande histoire de la seconde guerre mondiale, tome 1, de 1938 à 1943,de Pierre Montagnon, Pygmalion,1999.

 

 

 


La grande histoire de la seconde guerre mondiale, tome 2, de 1943 à 1946, de Pierre Montagnon,  Pygmalion, 1999.


Deux ouvrages très complets pour couvrir tous les aspects de la  guerre. Exhaustif sur toutes les batailles qui ont marqué le second conflit mondial.

 

 

 

 

Chronologie commentée de la seconde guerre mondiale, d'André Kaspi, Poche, 2010.


Un ouvrage ancien qui vient d'être réédité. L'originalité du livre, comme l'indique le titre, est de suivre le conflit mondial, semaine par semaine, sur tous les fronts. Très complet sur la dimension diplomatique et économique, avec des informations sur des pays mineurs.

 

 

 

 

Doriot, de Jean-Paul Brunet, Balland, 1986.

 

Itinéraire singulier que celui de Jacques Doriot, de l'Internationale Communiste à l'ultra-collaboration, du PCF au PPF, rare parti français à avoir épousé les thèses fascistes, de la mairie de Saint-Denis au front russe. Essentiel pour comprendre la passion totalitaire qui a marqué l'entre-deux-guerres.

 

 

 

Ils étaient 7 hommes en guerre, de Marc Ferro, Poche, 2008.

 


Ouvrage synthétique qui analyse la seconde guerre mondiale par le biais de 7 personnalités qui ont marqué le conflit, de Churchill à Staline, en passant par Tchang-Kai-Tchek. Une approche originale et une relecture intéressante du second conflit mondial raffraîchissante.

 

 

 

Histoire de Vichy, de Jean-Paul Cointet, Perrin/Tempus, 2003.

 

Livre très complet et très clair sur la période vichyste.

 

 

 

Ce que savaient les alliés, de Christian Destremau, Poche, 2009.

Un ouvrage intéressant sur la guerre du renseignement.

 

 

 

 

 

 Ce que savait Staline, l'énigme de l'opération Barberousse, de David E.Murphy, 2006.

 


L'auteur dévoile toutes les sources qui avaient averti Staline de l'imminence de l'invasion allemande et dont le Petit Père des Peuples n'a pas tenu compte. Edifiant et incompréhensible !

 

 

 

 

 La guerre à l'Est, 1941-1945,  d'Alan Clark, 1966.

 


Un ouvrage ancien qui se laisse facilement lire et qui couvre le conflit germano-soviétique. Les ouvrages en français qui couvrent ce conflit dans sa globalité sont assez rares.

 

 

 

 

Koursk, les 40 jours qui ont ruiné la Wehrmacht, de Jean Lopez, Economica, 2009.

 

Jean Lopez est le premier historien francophone à s'attaquer au front russe, dans la lignée du grand expert du front de l'Est américain, David Glantz. Exaustif et complet, pour les férus d'histoire militaire.

 

 

 

 

 Pétain de Marc Ferro, Fayard/Pluriel, 2012.

 

Spécialiste de la seconde guerre mondiale, Marc Ferro nous livre une biographie magistrale sur ce Maréchal qui signa l'armistice et se fourvoya dans la collaboration avec l'ennemi.

 

 

 

Stalingrad, d'Anthony Beevor, Poche, 2001.

 


Une narration très complète de la grande bataille qui aura été un des tournants du conflit germano-soviétique.

 

 

 

 

 

  Stalingrad, la bataille au bord du gouffre,  de Jean Lopez, Economica, 2008.

 


Beaucoup plus technique et complet que l'opus de Beevor. Pour ceux qui sont passionnés d'histoire militaire.

 

 

 

 

 

Le soldat oublié, de Guy Sajer, Robert Laffont, 1967.

 

Un classique de la littérature de guerre, avec le témoignagne d'un témoin direct, Guy Sajer, un alsacien, engagé dans la Wehrmacht, qui raconte l'enfer du front de l'Est.

 

 

 

 

 

 100 000 gamelles de glace, de Giulio Bedeschi, Robert Laffont, 1965.

 


Témoignage d'un médecin de la division alpine Julia, engagé sur le front de l'Est, qui narre la retraite de la 7eme armée italienne, dans le froid et la neige,  après la formidable contre-offensive soviétique qui perça les lignes allemandes, en novembre 1942.

 

 

 

Volontaires français sous l'uniforme allemand, de Pierre Giolitto, Perrin, 2007.

 

Un livre qui narre l'histoire ces français qui sont partis combattre pour les allemands, de la LVF à la Division Charlemagne, qui défendit le bunker d'Hitler, en mai 1945. Très complet.

 

 

 


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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:02

Programme du Brevet des Collèges :

- Les causes de la Première Guerre mondiale.

 

Programme de Premiere Bac Pro :

 

- La Mondialisation.

 

- Pôles et aires de puissance:

 

- La Californie.

 

- La Chine.

 

- Les Périphéries.


- L'Afghanistan.

 

 

- Etre ouvrier en France.

 

- Le régime de Vichy et la collaboration.

 

- La résistance française.

 

- La France de la Veme République, de 1958 à 1970.

 

- Les femmes dans la société française.

 

- La religion et l'Etat, de l'antiquité à la révolution française.

 

- La République et la fait religieux.

 

- La Constitution française.


- L'élaboration d'une loi.

 

 

 

Programme de Terminale Bac Pro :

 

- La puissance américaine dans le monde.


- Le plan Marshall et le début de la guerre froide.


- Les Etats-Unis d'Amérique pendant les guerres mondiales.


- L'année 1942, le tournant de la guerre.


- La Mondialisation.


- La France en Europe et dans le Monde.


- La France en chiffres.


- L'idée Européenne.


- La décolonisation de l'Algérie.


- Le monde depuis 1991.


- Les attentats du 11 septembre 2001.


- L'ONU.

 

- Le surréalisme.


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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 09:10
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 08:14

Programmes officiels en Français pour les classes de seconde, première et terminale.

 

Sites pour réviser :

 

- Un excellent site de l'Académie de Reims, avec des sujets d'examen corrigés.

 

 

Identité ou diversité.

 

La société de consommation, libération ou aliénation ?

 

Médias, information ou manipulation ?

 

Le surréalisme ou quand le rêve prend le pouvoir.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 10:17

daoud khan afghanistan

 

Sources:

- Le carrefour afghan de Bernard Dupaigne et Gilles Rossignol, Gallimard, 2002, collection Folio actuel.

- Al-Qaida, La véritable histoire de l'islam radical de Jason Burke, édition La Découverte, 2003.

 

J'ai complété ces deux sourcs principales avec des liens Wikipedia et d'autres sources comme celles de Bassirat.

 

I. Daoud Khan, entre soviétique et islamiste !

 

1°) Daoud: le Prince rouge.

 

Le coup d'état dans la nuit du 16-17 juillet 1973, piloté par des éléments communistes et républicains de l'armée afghane, mit fin à 50 ans de règne du roi Zaher.

C'est le cousin du roi et ancien premier ministre, dans les années 50-60, Mohammed Daoud Khan, qui prend le pouvoir, avec un gouvernement dont la moitié des ministres sont d'obédience communiste, tendance Partcham. Le changement de régime s'est fait dans l'indifférence complète, comme si le pays réel ignorait le pays "légal" !

Dès le 20 août 1973, Daoud annonce, dans un discours, une réforme agraire basée sur la constitution de coopératives, son alliance indéfectible avec l'URSS et réveille la querelle avec le Pakistan sur le Pachtounistan, avec la remise en cause de la ligne Durand !

Le roi Zaer Shah avait toujours essayé de mener une politique d'équilibre, entre les deux blocs, Daoud, lui, va s'inféoder au puissant allié soviétique, plus par désintérêt américain pour le pays, que par véritable parti pris idéologique. L'aide américaine ayant drastiquement baissé dans les années 60, puisqu'elle fut divisée par 3, et les nord-américains préférant soutenir le Pakistan, le nouveau chef de l'Afghanistan n'avait pas trop le choix de ses alliés et entra donc, en reculant, dans l'orbite soviétique.

 

2°) Daoud, otage des communistes ?

 

Cerné par les communistes afghans du Partcham, au sein de son gouvernement, et par une armée pro-soviétique, le Prince Rouge essaie de trouver de nouveaux alliés pour ne pas dépendre uniquement de l'URSS. Il se rapproche du shah d'Iran, en 1975, qui lui accorde un prêt de 710 millions de $.

Il éteint la hache de guerre avec le Pakistan, en 1976, à la suite des visites croisées avec Ali Bhutto, et Daoud Khan acceptera alors la ligne Durand et renoncera, de fait, à reconstituer le Pachtounistan, région transfrontalière chevauchant les deux pays.

 

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3°) La menace islamiste et le coup d'Etat de 1975.

 

Si les mouvements marxistes se sont développés, chez les étudiants, dans les années 60, c'est le cas aussi pour les mouvements islamistes afghans. En 1965, alors que des communistes afghans fondaient le PDPA, des étudiants islamiques créaient l'Organisation de la jeunesse musulmane, surnomée Ikhwan  , qui remporta les élections étudiantes en 1972. Et, déjà, à l'époque, les leaders islamistes étaient un certain Burhanuddin Rabbani,

 

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un tadjik, maître de conférence en étude religieuse. Proche des Frères Musulmans, il avait étudié à la Mosquée Al-Azhar, au Caire, dans les années 50, et il avait été le premier à traduire les écrits radicaux de Sayyid Qutb, d'arabe en dari, dialecte parlé par les minorités non-pachtounes, en Afghanistan. Abd al-Rab al-Rasuf Sayyaf et Gulbuddin Hekmatyar,

 étudiant en génie civil, un temps rallié au marxisme, avant de rejoindre l'islamisme,  furent, à l'époque, les adjoints de Rabbani. Ces trois noms traverseront les décennies et sont toujours les leaders de l'islamisme afghan !!

Dès son arrivée au pouvoir, Daoud va réprimer le mouvement islamiste qui n'aura d'autres solutions que de se réfugier au Pakistan. Un certain Massoud, tadjik et partisan de Rabbani sera lui aussi obligé à l'exil. Ils furent bien accueillis par Ali Bhutto, le premier ministre pakistanais, qui, à l'époque était en butte à la politique agressive de Daoud, concernant la non-reconnaissance de la ligne Durand. Le conseiller de Bhutto pour les affaires afghanes était un certain Nasirullah Babar, un pachtoune, qui paria sur le pachtoune afghan Hekmatyar, au détriment du tadjik Rabbani. Les vieilles querelles ethniques allaient pendant longtemps diviser le mouvement islamiste afghan.

Aidé par l'argent saoudien et la logistique pakistanaise, les islamistes fomentent une rebellion dans le Panchir, contre le pouvoir prosoviétique de Kaboul, le 22 juillet 1975, révolte sans issue et férocement réprimée par les forces gouvernementales.

 

4°) Daoud renversé par les communistes afghans.

 

Si Daoud s'était allié avec l'URSS, c'était plus par pragmatisme que par idéologie. Pour affaiblir l'influence soviétique au sein de son gouvernement, il avait progressivement éliminé les ministres communistes de son gouvernement. Cette politique allait réunir les deux mouvances du marxisme afghan, les parchamis et les khalqis, "frères ennemis" du communisme afghan. Moscou s'aperçoit qu'il a parié sur le mauvais cheval, et une visite du président afghan en URSS, en 1977, va sceller son sort.

 

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(Podgorny, le président de l'URSS, recevant Daoud Khan, en 1977)

 

Le 17 avril 1978, le secrétaire général du PPDA, Mir Akhbar Khayber est assassiné par un islamiste. Ses obsèques donnent lieu à de violentes manifestations d'oppostion contre le pouvoir en place. Daoud décide alors, le 26 avril, de faire arrêter les dirigeants du PDPA. Crise de lèse-majesté contre les soviétiques, la tentative d'élimination des marxistes du paysage politique afghan se retourna contre lui, puisque dès le lendemain, une faction de l'armée pro-soviétique prit d'assaut le palais présidentiel, massacrant Daoud et toute sa famille. Le 30 avril 1978, le pouvoir est alors confié aux communistes, et Nour Mohammed Taraki du Khalq,devint le Président du Conseil Révolutionnaire et premier ministre, 

 

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Babrak Karmal, du partcham, vice-président et vice-premier ministre,

 

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et Hafizoullah Amin, du Khalq, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

 

II.Les communistes afghans contre le pays réel ! (1978-1979).

 

1°) La Révolution de Saur.

 

Nom donné au coup d'état communiste, en référence au nom du mois du calendrier afghan, les nouveaux dirigeants marxistes entendaient moderniser l'Afghanistan à coups de réformes radicales. Comme jadis les bolcheviques l'avaient fait en Russie, le PPDA voulait réformer profondément le pays profond, aux forceps !

Le 30 juin 1978, le gouvernement annonce un train de réformes progressistes en 30 points. Mais le gouvernement de Kaboul est profondément isolé dans sa capitale et n'a quasiment aucun relai dans le pays profond, qui reste rural, traditionnel et profondément attaché à l'islam. Sans concertations préalables avec les assemblées traditionnelles pachtounes, le pouvoir veut changer la société par décret ! Evidemment, ça ne marchera pas ... Les jeunes "hussards" de la nouvelle république soviétique, parleront un langage incompréhensible aux paysans pachtounes, plus attachés à la hiérarchie villageoise et au respect des anciens qu'à la logomachie idéaliste de militants juvéniles !

La réforme agraire, le changement de statut de la femme, l'alphabétisation, et la répression contre les mollahs, tous ses idéaux progressistes sensés moderniser l'Afghanistan vont se heurter à la résistance d'une population bien trop ancrée dans la tradition et dans la religion pour accepter ces nouvelles valeurs.

 

2°) La révolte du pays profond contre les communistes.

 

C'est dans le Nouristan, province montagneuse de l'Hindou Kouch, parsemée de hauts sommets et de profondes vallées, où Kipling situa l'histoire de son Homme qui voulut être roi, que le 10 juillet 1978,

 

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le poste militaire gouvernemantal de Manougi, dans la vallée de Petch. Au même moment, une garnison se rebelle dans la province, et des conseillers soviétiques sont tués à Djelalabad. Les autorités vont mener une répression féroce jusqu'en mars 1979, avant de se retirer de cette région montagneuse, incontrôlable, pour se retirer dans ses postes de la vallée de Kounar. Le Nouristan, trop isolé,  ne sera plus inquiété pendant la guerre contre les soviétiques.

Le 13 février 1979, la situation se dégrade encore, avec l'assassinat de l'ambassadeur américain à Kaboul, Adolphe Dubbs, ce qui entraînera la rupture définitive entre le régime prosoviétique et les américains.

En mars 1979, la garnison d'Hérat  se soulève, et c'est l'aviation soviétique qui va annihiler la révolte, en bombardant la cité, faisant près de 50 000 morts. Cette intervention des russes, montrait bien que le régime de Kaboul ne tenait que grâce à son grand protecteur du Nord, et que l'Afghanistan était déjà devenu un protectorat soviétique, avant l'invasion de décembre 1979.

 

3°) Parchamis contre Khalqis.

 

Le PPDA est divisé en deux mouvances, le Partcham, persanophone et le Khalq à majorité pachtoune. En juillet 1978, Taraki le "radical", se défait de ses ministres parchamis, dont Babrak Karmal, un modéré. Mais au sein du Khalq, les inimitiés sont féroces. Le Ministre de la Défense, Hafizoullah Amin, n°2 du régime,

 

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semble viser la place de n°1. Le 10 septembre 1979, Taraki, à Moscou, a l'accord des soviétiques pour éliminer le ministre ambitieux. Mais le dirigeant afghan a mal apprécié les rapports de force au sein de son régime. Amin avait pris ses dispositions, et c'est Taraki qui va être occis par son ministre de la Défense, fin septembre 1979 ! Le 9 octobre, le Kaboul News Times, annoncera la mort du chef du gouvernement afghan, victime d'une longue maladie ...

Brejnev et Kossyguine n'oublieront pas ce camouflet ...

 

III. Les soviétiques en Afghanistan (1979-1989).

 

1°) L'invasion, le 27 décembre 1979.

 

L'élimination de Taraki ne changea rien à la difficulté du régime à gouverner. Miné par les dissensions internes, assailli par une rebellion islamiste, le régime d'Amin était proche de l'effondrement. Les soviétiques, ne voulant pas, après la révolution islamique d'Iran d'un nouveau régime islamiste à ses frontières, qui aurait pu faire tâche d'huile sur les républiques soviétiques d'Asie Centrale, se décident à intervenir.

Le 27 décembre 1979, des commandos soviétiques attaquent le palais présidentiel d'Amin, le tuant, avec toute sa famille, et désigne comme nouveau secrétaire du PDPA, le parchami Babrak Karmal.

 

 

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Les occidentaux accueillent la nouvelle avec une certaine indifférence. Les mesures d'embargo frappant l'URSS, le 4 janvier 1980, frappant les exportations américaines de céréales vers l' Union Soviétique, seront levées le 27 avril 1981.

 

Le 11 janvier 1980, à la télévision française, en direct de Moscou, Georges Marchais, le secrétaire général du PCF annonce que les forces soviétiques sont intervenues en Afghanistan pour mettre fin au "féodalisme et au droit de cuissage" qui séviraient dans le pays des Khan ! Dans une intervention au Journal de FR3, il justifie l'invasion soviétique pour contrer une invasion qui serait venue du Pakistan !

La seule rétorsion des USA à l'encontre de l'URSS, sera le boycott des Jeux Olympiques de Moscou, cet été 1980. Boycott dont parle Georges Marchais.

 

 

2°) La résistance afghane.

a°) Une résistance émiettée.

L'invasion soviétique va définitivement déligitimer le régime de Kaboul auprès de la population. La résistance afghane, qui s'était  déjà organisée dès 1975, contre Daoud Khan, se décompose en de multiples groupes qui recouvrent des différences ethniques et religieuses.

  Le Hezb-e Islâmi (Parti islamique) de Gulbuddin Hekmatyar,

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qui incarne une tendance dure de l'islam, visant l'institution d'un Etat islamique fondé sur la charia. C'est un mouvement composé majoritairement de pachtouns et soutenu par l'ISI, les services secrets pakistanais.
Un petit film de propagande, à la gloire du combattant Hekmatyar !


Le Hezb a connu une scission, en 1979, diligenté par Younos Khales, un docteur de la loi coranique plutôt formé à l'école de Deobandi. Un des chefs du mouvement était Djalâlouddine Haqqani, qui fut proche d'un Ben Laden et qui fut financé par l'Arabie Saoudite et la CIA.
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Le Djamî'at-e Islâmi (Société islamique) de Rabbani, à majorité persanophone, de tendance islamiste modéré, très connu en Occident avec ses deux leaders:
- le commandant Massoud, le Lion du Panshir, tadjik qui tient la vallée du Panshir.

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Massoud, le francophone, ayant étudié au lycée français de Kaboul, répond à des questions d'un journaliste français :


- Ismail Khan, qui tient la région d'Hérat.

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Le Haraqât-e enqelâb-e islâmi (Mouvement de la révolution islamique), de Nabi Mohammedi, un parti religieux traditionnaliste, qui va s'affaiblir au profit du Dajmî'at de Rabbani.

 Le Djabha-e medjât-e melli (Front de Libération National) de Sebghatoullah Modjadeddi, un membre de la célèbre famille Modjadeddi, des docteurs de la loi islamique très connus, en grande partie massacrée par les communistes en 1978 et 1979.

Le Mahaz-e  Melli-e Islâmi (Front National Islamique) de Pir Sayyed Ahmad,

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parti royaliste pachtoun, qui s'est regroupé autour de l'hériter spirituel d'Abdul Qâder  Gaïlâni, fondateur de la confrérie soufie des Qâderîya, au XVe siècle.

Ettehâd-e Islâmi (Alliance islamique) d'Abdul Rasul Sayyaf, un fondamentaliste proche des saoudiens et du wahhabisme.

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 Le Choura-e ettefâq (Conseil de l'unité islamique) de Sayyed Ali Behchti qui regourpe les Hazaras chiites derrière les mollahs, dès 1979.

 Le Harakât-e islâmi (Mouvement islamique) de l'ayatollah Mohseni, implanté dans les villes.
Ce qui caractérise la résistance afghane c'est son émiettement, qui recouvre des divisions ethniques, tribales et religieuses. Les différents groupes de résistance pourront faire des alliances de circonstances, mais ne seront jamais vraiment unis contre l'envahisseur soviétique. Pour Gérard Chaliand, la résistance afghane restera très divisée et rudimentaire, jusqu'en 1984. Seul Massoud avait organisé son mouvement de manière rationnelle et unifiée.

b°) Le Bureau de Recrutement d'Abdullah Azzam.

Avec l'actualité liée à Ben Laden et à Al-Qaida, la "légion arabe" qui combattit en Afghanistan fut largement surestimée ! Milton Bearden, agent de la CIA, chargé du djihad afghan, entre 20 et 25 000 volontaires arabes sont passés par l'Afghanistan et seuls la moitié d'entre eux aurait combattu. Ahmed Rashid, dans L'ombre des talibans, parle de 35000 extrémistes musulmans, venant de 43 pays, qui seraient passés par l'Afghanistan, de 1982 à 1992. Gilles Rossignol évoque, dans Le carrefour afghan, page 268, le passage d'un tabac d'un humanitaire français par deux Blacks Muslims américains, combattant dans le groupe d'Haqqani ! Milton Bearden parle d'un véritable déplacement idéologique de la gauche vers l'islam et géographique, de la Palestine vers l'Afghanistan, qui attire l'élan djihadiste !

La figure la plus connue de cette internationale islamiste, était, non pas Ben Laden, mais Abdullah Azzam.

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Azzam, né en Palestine en 1941, diplômé en jurisprudence islamique à l'université d'Al-Azhar, au début des années 70, sera grandement influencé, pendant son séjour égyptien, par la pensée de Sayyid Qutb, idéologue islamiste radical, affilié aux Frères Musulmans,  qui prônait l'utilisation de la violence contre les gouvernements impis !  Impliqué dans le combat contre Israel, mais scandalisé par l'athéisme des palestiniens, il préféra aller enseigner la jurisprudence islamique en Arabie Saoudite. Lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, Azzam fonda , en 1984, le Maktab al-Kadhamat (MAK) ou Bureau de recrutement, chargé de former les volontaires étrangers désirant participer au djihad afghan. Il était aussi le rédacteur en chef d'Al-Djihad, un journal en langue arabe qui collationnait les informations sur la guerre contre les soviétiques. Pour lui, le djihad était le 6eme pilier de l'islam et il promet aux combattants martyres l'accès au paradis avec 72 vierges pour le repos du guerrier mort !!


Dans son livre Défendre la terre des musulmans, il écrivait que l'Afghanistan n'était qu'un début, et qu'il faudrait continuer le djihad, après la guerre contre les soviétiques, pour que toutes les terres anciennement musulmanes, de la Somalie à l'Andalousie, reviennent, un jour, dans le giron de l'islam ! La pensée d'Azzam se veut donc internationale et non centrée sur une lutte nationale (ce sera le leitmotiv de Ben Laden, fortement influencé par Azzam), ce qui le différencie du Dr Al-Zawahiri, obsédé par l'Egypte de Moubarak !

Azzam fut tué en 1989, par l'explosion d'une bombe qui lui était destiné. Dans Les routes de la Terreur, documentaire de Fabrizio Calvi, un ancien membre du MAK évoquait la haine tenace que vouait le Dr Al-Zawahiri à Azzam. Al-Zawahiri, chef du djihad islamique égyptien, ennemi des Frères Musulmans, accusés de collaborer avec le régime de Moubarak, le président égyptien, aurait réglé ses comptes au chef du MAK, qui lui faisait de l'ombre.

c°) Ben Laden et le djihad afghan.

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Ben Laden fut avant tout un financier, qui était missionné par le prince Turki al-Fayçal, chef des services secrets saoudiens, durant la guerre soviéto-afghane. Il finance les groupes de Moudjahidin, notamment celui de Sayyaf, le seul afghan wahhabite, et le Bureau de recrutement d'Abdullah Azzam, qui encadre les islamistes du monde entier. Il fait construire des hopitaux au Pakistan, vient en aide aux veuves de guerre, et fait édifier des bunkers sous-terrains qu'il facture au prix fort aux américains !
En 1984, il passait son temps à Peshawar, au 61, rue Sayyid Jamal al-Din Afghani qu'il appelait Beit al-Ansar.
Ben Laden est alors proche d'Azzam, qu'il finance, et les volontaires arabes s'instruisent surtout dans les camps de Sayyaf, à Pabbi, près de Peshawar.
En 1986, Ben Laden fit construire, à Jagi, une base pour son propre usage, nommée la Tanière du Lion.
A la fin de la guerre, en 1989, Ben Laden oeuvra à l'unification des factions afghanes, sans trop de succès, mais avec l'aide de l'argent saoudien, 25 millions de $, il put faire nommer son protégé, Abdul Rasul Sayyaf, comme 1er ministre du nouveau gouvernement afghan. Un mois après, un assaut général fut décrété contre Jalalabad, et c'est à cette occasion, qu'on vit Ben Laden tenir une Kalachnikov dans les mains.

Contre les lieux communs, la CIA ne finança pas  Ben Laden puisque celui-ci recevait déjà beaucoup d'argent de son gouvernement saoudien. Les américains, après l'accord avec Zia, se contentait de donner l'argent ou des armes à l'ISI, qui les redistribuait comme bon lui semblait. La CIA, d'ailleurs, ne comprenait goutte aux subtilités des factions afghanes, mettant tous les moudjaihidin dans le même sac, que ce soit des islamistes modérés comme Massoud ou des foux furieux comme Hekmatyar ! Ce sera la première erreur des américains ...il y en aura d'autres !

3°) Le financement du Djihad afghan.

a°) L'ISI pakistanaise, maître d'oeuvre de la résistance afghane.

D'après Jason Burke, dans son livre, Al-Qaida, la véritable histoire de l'islam radical, Edition La Découverte, 2005, le président du Pakistan, le général Zia, aurait négocié avec les américains les modalités de l'aide US. Il était prêt à faire de l'Afghanistan un "enfer" pour les russes, mais il ne voulait pas que les américains interviennent sur le terrain, sous-traitant à l'ISI le soin de piloter la résistance afghane.
D'ailleurs, seuls les pakistanais pouvaient vraiment comprendre les subtilités des divers mouvements de résistance, mais ces derniers, évidemment, avaient une idée derrière la tête, celle de contrôler une des organisations  qui serait appelée à prendre le pouvoir à Kaboul, après le départ des soviétiques. Les pakistanais ont donc soutenu le Hezb-e Islami, d'Hekmatyar, et ont désigné ce dernier comme le chef de guerre le plus efficace, aux américains. Dans Les routes de la Terreur, un documentaire passé sur Arte, un agent de la CIA se rémémorait que l'ISI désignait toujours Hekmatyar comme le meilleur moudjahidin, pour justifier le fait que l'argent américain aille toujours vers le Hezb-e Islami. Celui-ci reconnaissait aujourd'hui, que les services pakistanais avaient intoxiqué la CIA, et que les premiers en soutenant ce mouvement, pariaient déjà sur l'avenir et l'organisation politique de l'Afghanistan post-soviétique.

b°) L'Arabie Saoudite, grand argentier du Djihad afghan.

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les américains qui ont le plus financé le djihad afghan, mais les saoudiens.
A l'époque, à l'extérieur, c'était l'Iran qui avait le vent en poupe, avec la Révolution islamique de Khomeiny, et, à l'intérieur, la légitimité des Saoud avait été remise en cause par la prise d'otage dans la Mosquée de la Mecque par les troupes islamistes de Juhayman al-Otaibi, qui préfigurait déjà le benladenisme ! Aussi, financer le djihad afghan était une manière, pour les saoudiens, de redorer leur blason et d'être présents dans la bataille contre les soviétiques athées.
D'après Jason Burke, qui cite Hamid Gul, chef de l'ISI de 1987 à 1989,  les saoudiens et les états du Golfe auraient financé les 3/4 du djihad alors que les américains se seraient contentés d'en financer le quart.
Les saoudiens financèrent en priorité le wahhabite Abdul Rasul Sayyaf, alors que les pakiastanais soutenaient Hekmatyar. Dans le cadre de cette aide, un Ben Laden était un envoyé du régime saoudien, parmi d'autres, pour s'occuper de ventiler les sommes données pour le Djihad.
L'argent saoudien servit aussi à financer des envoyés wahhabites, qui parcourèrent le sud de l'Afghanistan pour convertir des commandants locaux à leur doxa, à l'aide de $. Mais la greffe wahhabite ne prend pas, et ils n'arriveront qu'à s'implanter dans la vallée de Kounar, au nord-est de Jalalabad, et dans certaines parties du Nouristan.( source: Le carrefour afghan, page 268).

4°) 10 ans de guerre, 1979-1989.

a°) La stratégie soviétique du  "rouleau compresseur".

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Comme dans tous les conflits dits "asymétriques", entre une armée organisée et une guérilla, les soviétiques tenaient les villes et les grands axes routiers, et délaissaient les campagnes et les zones de montagne.
Leur stratégie était primaire, elle était de vider les zones autour des villes-garnisons, le long des grands axes routiers, autour des aéroports.
Les soviétiques disposeront de 150 000 hommes dans le pays, et ne pourront guère compter sur la petite armée afghane, peu fiable et minée par les désertions. Surtout que lors des offensives, les soviétiques mettaient les soldats afghans en première ligne, ce qui n'encourageait pas ces derniers à rester dans l'armée !
L'état-major de l'armée, à Kaboul, était infiltré par la résistance, qui était donc prévenue des futures offensives soviétiques, informations qui serviront à un Massoud pour résister dans sa vallée du Panshir.
Les soviétiques disposaient environ de 600 appareils de toutes sortes, en 1987, dont 245 hélicoptères d'attaque, nerf de la guerre. (Source: Le carrefour afghan, page 198).
Les Spetznatz, compagnies d'élite, feront d'ailleurs des offensives éclairs, aéroportées, redoutables !
Les offensives soviétiques suivaient une logique immuable. Des convois d'une centaines de transports blindés, des camions encadrés par une cinquantaine de chars, protégés par une vingtaine d'hélicoptères de combat, précédés par des bombardements aériens et d'artillerie. Le rouleau compresseur ravage tout, villages, maisons, canaux d'irrigation, bétails, champs, arbres fruitiers, et faisait le vide dans une région, autour d'un aéroport ou d'une garnison, entraînant l'exil de la population au Pakistan, près 5 millions de réfugiés, à la fin de la guerre. Les hommes n'ont rien à perdre et s'engagent dans la résistance. Très modeste, au début du conflit, divisée, elle ne sera guère efficace. Mais l'éparpillement des forces constitue plutôt un avantage dans ce type de guerre, et les groupes de moudjahidin qui comptaient entre 100 et 300 combattants, très mobiles, organisaient des embuscades sur les routes de montagne.
L'armée rouge n'a jamais pu réduire la résistance, très organisée, du commandant Massoud, dans sa vallée du Panshir, malgré plusieurs offensives. Pourtant, en 1984, les soviétiques ont bombardé massivement la région, obligeant les 40 000 habitants a émigré plus au nord, mais ils n'empêcheront jamais les moudjahidin de revenir attaquer les garnisons.


b°) Le tournant de 1985-1986.

L'impossible solution politique.

Au niveau juridique, le rapport du juriste autrichien Felix Ermacora, adopté le 13 mars 1985 par la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, fit l'effet d'une bombe. En effet, le document mettait l'accent sur les violations de droits de l'homme par le pouvoir de Kaboul et stigmatisait l'action de l'URSS. Véritable camouflet pour les soviétiques, le rapport légalisait, pour la première fois, les mouvements de résistance. A Moscou, Mikhaïl Gorbatchev, partisan d'une détente avec les USA,

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fit pression sur le président Babrak Karmal, pour trouver une solution politique au conflit. Le régime afghan essaie alors d'organiser des assemblées représentatives pour écrire une nouvelle Constitution et fait des appels aux religieux, promus, du jour au lendemain, du statut de "forces rétrogrades de l'obscurantisme" à celui de "vénérable clergé" ! Mais cette nouvelle politique ne trompa personne et le président Karmal dut partir, en 1986, laissant sa place à l'ancien chef du Khâd, les services secrets afghans, le Dr Mohammed Najibullah.

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Najibullah n'était peut-être par la personne idoine pour initier une politique de réconciliation nationale, avec son passé de tortionnaire ! Par contre, il était clair que les soviétiques voulaient alors sortir du bourbier afghan ! Des contacts sont pris avec l'ancien roi Zaher , avec les pakistanais et avec des forces de la résistance. Des pourpalers se déroulent à Genève, sous l'égide des Nations-Unies, et les soviétiques essaient de rallier Rabbani, à l'idée de participer à un gouvernement de réconciliation nationale. Mais on ne comble pas une décennie de répression féroce avec des formules vides. La résistance ne veut rien entendre et ne désire que le départ du gouvernement pro-soviétique.

Les Stinger, flèches mortelles pour les hélicoptères soviétiques.

Jusqu'alors, les résistants afghans bénéficiaient, surtout depuis 1983, de missiles SAM 6 et SAM 7, de lance-roquettes multiples, comme les BM 13, de fabrication chinoise, mais ces armes ne pesait guère contre les hélicoptères d'assaut blindés MI 24.
En 1986, alors que Gorbatchev cherchait une issue au conflit, la CIA livre les premiers missiles Stinger à la résistance. Arme anti-aérienne portative, les Stinger vont changer la donne du conflit, puisque le ciel afghan, jadis contrôlé uniquement par les soviétiques, va se révéler désormais fort dangereux pour les hélicoptères russes.

C'est le tournant militaire de la guerre soviéto-afghane ! Les Stinger décimèrent près de 300 hélicoptères, rendant le coût de l'occupation prohibitif pour les soviétiques et décidèrent de leur départ !

c°) Le retrait des soviétiques en 1989.

Le 8 février 1988, alors que l'URSS est minée par des problèmes intérieurs,  Gorbatchev annonça le retrait prochain des troupes soviétiques.
Le 7 février 1989, le retrait commence et le général Boris Gromov, commandant en chef, quitte l'Afghanistan le 15 février.

L'armée rouge aura perdu 13 853 soldats et 35 000 blessés, un maigre bilan par rapport au millions de civils afghans occis durant le conflit ! (Les chiffres sont variables, quant aux pertes militaires et civiles afghanes, cela va du million, estimation de Dupaigne et Rossignol à 2,5 millions, selon Wikipedia).

d°) Les conséquences du retrait soviétique.

Le départ des soviétiques n'entraîna pas l'arrêt du conflit, puisque le régime communiste de Najibullah resta en place jusqu'en 1992. Par contre, il provoqua l'arrêt des financements américains, qui laissèrent le gouvernement pakistanais avec des millions de réfugiés afghans. Dans le documentaire de Fabrizio Calvi, Les routes de la terreur, un ancien agent de la CIA évoque ce problème des réfugiés afghans, laissés à eux-mêmes, sans aide internationale, qui furent un vivier de futurs talibans et d'extrêmistes islamistes ! Pour les USA, le job était bien fini, puisque les soviétiques étaient repartis, et les financements se sont taris, laissant l'Afghanistan à sa guerre civile ! L'indifférence américaine à la situation afghane contiendra les germes des attentats du 11 septembre 2001.Car c'est sur cette terre meurtrie, que Ben Laden et Al-Zawahiri créeront Al-Qaida, en 1990.

5°) La guerre soviéto-afghane et la France.

a°) Une guerre méconnue.

De part sa position géographique, enclavée dans un hinterland montagnard, sans accès à la mer, l'Afghanistan était un pays difficilement accessible, ne possédant que peu d'infrastructures de transports.
De plus, le contexte de guerre froide entre les USA et l'URSS, rendait périlleux, pour les journalistes, de s'aventurer dans ce pays.
Pays méconnu, le conflit afghan n'a guère passionné les foules occidentales ! Amnesty International, par exemple, n'enverra jamais un enquêteur sur le terrain, durant toute la guerre et ce n'est qu'en 1987, qu'elle lancera une campagne contre la torture en Afghanistan. Pourtant, des envoyés d'associations humanitaires, comme Juliette Fournot, avaient rapporté de terribles témoignages quant aux exactions des soviétiques sur les populations civiles, mais il n'y avait pas d'images et personne ne les croyaient !

b°)  Un conflit peu médiatisé.

Christophe de Pontfilly de l'agence Interscoop, se passionna rapidement pour le combat du peuple afghan, et fut un des rares journalistes à partir sur le terrain, vivre avec les Moudjahidin, pour filmer la guerre,

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avec son compère, Jérôme Bony d'Antenne 2, jeune reporter découvert dans l'émission La course autour du monde, à la fin des années 70, et qui nous donnèrent les premières images sur le conflit afghan, dans la vallée du Panshir, dès 1982.

Jacques Abouchar, journaliste français, fut capturé par les soviétiques, le 17 septembre 1984, alors qu'il rentrait, clandestinement, en Afghanistan. Il fut condamné à 18 ans de prison par les autorités afghanes, avant d'être libéré le mois suivant.
Il y eut aussi le drame qui frappa Mohammed Chah Bazgar, auteur de Afghanistan, la résistance au coeur, (Laffont, 1987), invité d'Anne Sinclair ou de Bernard Pivot, et qui sera assassiné dans la région de Kandahar, par des miliciens communistes.
Il y aura l'association AFRANE, créée en 1980, oeuvrant pour l'amitié franco-afghane, et qui perdit un de ses sociétaires, Thierry Niquet, assassiné dans la région de Balkh, en 1986.
Si le francophone commandant Massoud fut le héros de la guerre pour les français, le conflit fut assez peu filmé, à cause de la dangerosité de l'entreprise.
Personnellement, je me rappelle de reportages sur l'Afghanistan, dans les années 80, où on ne parlait jamais de mouvements islamistes ou des "afghans arabes" ou encore d'un Ben Laden ! Mais comme la télévision française filmait la guerre soviéto-afghane par le prisme du command Massoud, dans le Panshir, un islamiste modéré,  et que celui-ci n'avait pas de rapport avec l'internationale islamiste radicale dirigée par Abdullah Azzam, cette réalité a certainement échappé aux français et à beaucoup de monde !

 
 
 
 

 

 

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Published by Tietie007 - dans Afghanistan
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