Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:10

I.La Première guerre du Golfe (1990-1991).

 

L'Irak et les pays limitrophes.

 

Carte-irak

 

 

1°) Les causes.

 


A°) L'Irak, un pays très endetté.

 


De 1980 à 1988, l'Irak de Saddam Hussein et l'Irande l'Ayatollah Khomeini, se sont livrés à une guerre sans merci qui a ruiné l'économie irakienne. Les irakiens ont été obligés, pour financer la guerre et acheter des armes de s'endetter auprès des états du Golfe, l'Arabie Saoudite et le Koweit, deux pays sunnites qui soutenaient la guerre contre les chiites iraniens.

 


B°) La colère irakienne contre le Koweit et l'Arabie Saoudite.

 


A la fin de la guerre contre l'Iran, en 1988, l'économie irakienne est exsangue. La guerre a fait monter les prix du pétrole ce qui a servi les intérêts des pays de l'OPEP et notamment ceux de l'Arabie Saoudite et du Koweit. L'Irak, lourdement endetté envers ses deux pays, demanda l'annulation de cette dette, proposition rejetée. Le 2 août 1990, pour résoudre l'impasse financière dans laquelle il se trouvait, Saddam Hussein fit envahir, par son armée, le Koweit, qui fut aisément conquis.

saddam

 

 

2°) L'intervention militaire contre l'Irak.

 


A°) Le Moyen-Orient, fournisseur du pétrole mondial.

 


La production de pétrole dans le Monde en 1990.  


http://img15.hostingpics.net/pics/276746oilproductionmap.jpg

 

Le Moyen-Orient est une zone stratégique majeure, pour les pays occidentaux, en 1990, car il est le premier producteur et exportateur du pétrole mondial. L'invasion du Koweit par l'Irak, menaçait la stabilité des prix du barril de pétrole, et le premier producteur mondial de pétrole, l'Arabie Saoudite, se sentit menacé par l'Irak de Saddam.

 


B°) L'opération Tempête du désert.

 


Le 29 novembre 1990, devant l'épuisement des solutions diplomatiques pour que l'Irak retira ses troupes du Koweit, le Conseil de Sécurité de l'ONU légitima le recours à la force contre l'Irak par le vote de la résolution 678 qui fixait un ultimatum à Saddam Hussein, qui devait évacuer le Koweitavant le 15 janvier 1991. L'URSS, en pleine déliquescence, qui disparaîtra l'année suivante, ne mit pas son veto à la future intervention. Le 16 janvier 1991, alors que la situation n'avait pas bougé, une coalition de 34 pays, dirigée par les USA attaqua l'Irak

 


desert-storm.JPG

 

En un mois, la garde républicaine, troupe d'élite de l'armée irakienne va être balayée et le 26 février 1991, Saddam Hussein annonça qu'il retirait ses troupes du Koweit. L'offensive des troupes onusiennes s'arrêta deux jours après.

 


 II.La deuxième guerre du Golfe.

 


A°) L'Irak isolé (1991-2003).

 


Après la première du Golfe, l'Irak est soumis à un embargo total, à cause de la répression qui toucha les kurdes et les chiites irakiens. Cet embargo toucha surtout la population civile irakienne et non les dirigeants du régime. Saddam et sa clique mirent en coupe réglée le pays et s'enrichirent sur le dos du peuple.

 

 

 

B°) Le choc des attentats du 11 septembre 2001.

 


Le 11 septembre 2001, 4 avions sont détournés dans le ciel américain. 2 vont frapper les deux tours jumelles du World Trade Center, un autre percuta le Pentagone, le dernier s'écrasera en Pensylvannie. Ces attentats feront 3000 morts aux USA, plus que l'attaque japonaise à Pearl-Harbor. Le Président George W.Bush va alors lancer sa guerre contre le terrorisme, pour punir les commanditaires des attentats, 


bush-terrorism.JPG

 

dont Oussama Ben Laden et son réseau terroriste Al-Qaida, qui étaient protégés par le régime du mollah Omar, en Afghanistan.

 


C°) La deuxième guerre du Golfe.

 


En octobre 2001, l'Afghanistan est envahi par les forces onusiennes commandées par les américains.

Mais le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, homme fort de l'après-11 septembre, voulait aller plus loin. Il soupçonnait le dictateur irakien d'avoir pactisé avec Ben Ladensuivant le principe que « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». De plus, l'invasion de l'Irak aurait pour conséquence d'augmenter la production de pétrole, par un pays soumis à un embargo, et donc de faire baisser le prix du barril.

Le 28 janvier 2003, George W.Bush annonça qu'il détenait les preuves (ce qui n'était pas vrai) que Saddam Hussein diposait d'armes de destruction massives et qu'il était lié au mouvement terroriste Al-Qaida. Le monde était alors divisé quant au recours à la force contre l'Irak. Les USA et les anglais étaient pour une guerre alors que les français, les russes et les allemands privilégiaient une solution diplomatique.

En février 2003, des millions de manifestants défilèrent, dans le monde entier, contre la guerre.

 

Le 19 mars 2003, les américains et leurs alliés anglo-saxons, envahissaient l'Irak sans le soutien de la communauté internationale. Devant la supériorité numérique des forces américaines, l'armée irakienne s'effondra rapidement et Bagdad fut investie. Le 15 avril 2003, George W.Bush annonçait la victoire et la fin des combats.

L'occupation du sol irakien ne fut pas un long fleuve tranquille pour les forces d'invasion. Des scandales éclatèrent comme la pratique de la torture, à la prison d'Abou Ghraib, ou l'utilisation des mercenaires de la société Blackwater, par la coalition. Toutefois, fin 2011, les troupes américaines se sont retirées du pays.

 


III.Les conséquences des conflits irakiens.

 


A°) La fin d'une dictature, la fragilité du nouveau régime.

 


Saddam Hussein fut capturé, jugé et exécuté le 30 décembre 2006. Arrivé à la tête du pays en 1979, après un coup de force, il fut, dans un premier temps, soutenu par l'Occident, contre l'Iran, malgré son régime de terreur, avant de se mettre la communauté internationale à dos, après son invasion du Koweit, en 1990.

Le nouveau régime est désormais démocratique, avec les dernières élections législatives qui ont eu lieu en 2010. Mais l'équilibre reste fragile entre les différentes communautés chiite, sunnite et kurde qui ont été montées les unes contre les autres par la politique ultra-répressive de Saddam et qui menacent de faire éclater le pays !

 


B°) La reprise de la production de pétrole.

 


En 2012, la production de pétrole irakienne, avec 3,3 millions de barrils/jour, a retrouvé sa production d'il y a 20 ans. Troisième exportateur mondial d'or noir, le pays est assis sur des gigantesques ressources de pétrole.

 


980099_petrole-irak.jpg

 

Le comble de l'histoire, c'est que les 4 plus gros gisements de pétrole d'Irak, Roumalia, Kirkouk, Kourna-Ouest et Al-Zaoubair, ne sont pas exploités par des compagnies américaines, mais par la Irak Petroleum Company, par le hollandais Shell, et par les chinois de China National Petroleum !

Et le pays qui semble le grand vainqueur de la guerre américaine en Irak semble être la ...Turquie !!

Repost 0
5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 11:17

I. Le Mali, un pays pauvre enclavé.

 

A)° Géographie du Mali.

 

mali.JPG

 

Le Mali est situé au Nord-Ouest du continent africain, pays tampon entre le Maghreb et l'Afrique noire qui a une superficie de 1,2 millions de km2 soit 2 fois et demi la superficie de la France.

Ancienne colonie française, le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960. Avec 14,5 millions d'habitants en 2009, la population du pays se décompose en plusieurs ethnies dont les principales sont les bambaras, les bobos, les bozos, les dogons, les peuls, les touaregs, les malinkés, les soninkés, les senoufos. Le français est la langue officielle, mais la langue nationale, le bambara est la plus parlée.

Avec une économie essentiellement rurale, le Mali fait partie des 49 pays les moins avancés (PMA) en termes de développement socio-économique.

Le pays se divise en trois zones climatiques :

- Le Nord désertique.
- Une mince bande centrale sahélienne, entre Tombouctou et Bandiagara.

 - Un Sud plus vert, autour de la capitale, Bamako, la capitale, qui comptait, 1,8 millions d'habitants en 2009.

  •  

 

B°)  Les pays limitrophes.

 

mali-frontiere.JPG

 (Source: wikipedia)


Le Mali est un pays qui lie l'Afrique arabe à l'Afrique noire. Ses voisins sont l'Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée et le Sénégal.

 

Il est membre de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDAO) et de l'Union Africaine.

 


II.Le Mali: des tensions politiques entre le Nord et le Sud.

 


Depuis l'indépendance en 1960, le pays connaît des tensions entre le Nord et le Sud. Au nord, les touaregs, surnommés les "hommes bleus",


http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/226586/gd/1158766902/L-homme-Bleu.jpg

 

population nomade dont le territoire se confond avec l'espace transfontalier du Sahara, plus grand désert au monde qui traverse 10 pays.

 


Zone parcourue par les touaregs.


aqmi-zone.JPG

 

 

Ces populations de touaregs demandent l'autonomie ou l'indépendance du nord-Mali, région désertique qu'ils ont baptisé l'Azawad.


azawad.JPG

                               (Source: wikipedia)

 

La première rébellion touarègue eut lieu en 1963, très durement réprimée par l'armée malienne. En 1988, le Mouvement Populaire pour la Libération de l'Azawad (MPLA) est créé. Une nouvelle insurrection conduit aux accords de Tamanrasset, en 1991, intégrant les touaregs à la vie politique du pays. Un nouvel accord sera signé à Alger, en 2006, après de nouveaux affrontements entre touaregs et armée malienne. Le gouvernement malien a du mal à contrôler une région du Nord immense et peu peuplée.

Aujourd'hui, le MPLA a été remplacé par le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) qui est une organisation laïque dont l'objectif est l'indépendance de l'Azawad.

 


  II. L'irruption des groupes de djihadistes : AQMI et Ansar Dine.

 

A°) AQMI, une conséquence de la guerre civile en Algérie.

 


L'AQMI, Al-Qaida au Maghreb Islamique est une organisation de djihadistes créée en 2007, issue des Groupes Salafistes de Combat et de Prédication (GSPC) algériens qui ont combattu le gouvernement algérien dans les années 1990. Durement réprimés par l'armée algérienne, ces groupes se sont réfugiés dans la zone sahélo-saharienne, difficilement contrôlable et transfrontalières. Ces djihadistes, très mobiles, connaissant bien le terrain, peuvent se déplacer aisément entre les différents pays constituant cette région désertique, aux frontières poreuses et échapper facilement aux actions militaires.


Le Sahel, terrain d'action de l'AQMI


aqmi-sahel.JPG

  (Source: L'Express)

 

L'AQMI s'en prend aux gouvernements de la région et notamment àl'Algérie en organisant des attentats terroristes dont les plus spectacultaires furent les attentats à la bombe à la bombe à Alger, en 2007, tuant 30 personnes, et la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas, en 2013. L'organisation terroriste se singularise aussi par ses enlèvements et ses assassinats de touristes occidentaux, faisant de la zone sahélo-saharienne, une région dangereuse.

 


B°) Ansar Dine : des touaregs djihadistes.

 


Ansar Dine est un groupe d'islamistes radicaux dirigé par Iyad ag Ghali, un des chefs de la rébellion touarègue dans les années 90, qui est apparu en mars 2012. Prônant un état islamique et l'application de la charia, Ansar Dine a participé à l'insurrection du Nord-Mali avec le MNLA, l'AQMI et un autre groupe de djihadistes, le MUJAO.


III.La révolte au nord-Mali et l'intervention française.

 


A°) La révolte du nord-Mali, une conjonction de forces disparates.

 


Si le nord-Mali connaît des affrontements depuis longtemps, l'alliance, conjoncturelle, entre les djihadistes de l'AQMI, du MUJAO, d'Ansar Dine et des nationalistes du MNLA, a aisément battu l'armée malienne, et proclama l'indépendance de l'Azawad, le 6 avril 2012, rejetée par l'Union africaine et l'Union Européenne.

Rapidement, les « touaregs laïcs » du MNLA furent éliminés par les djihadistes qui imposèrent la charia au nord-Mali et détruisirent 7 mausolées à Tombouctou, surnommée « la perle du désert », inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988, provoquant un émoi international.

 


B°) L'intervention française.

 


L'ONU et le CEDEAO.

 


Le 12 octobre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU chargea les pays africains du CEDEAO de planifier une intervention au nord-Malipour en chasser les djihadistes. Ces derniers firent appel à la France, déjà implantée en Afrique, pour intervenir.


Le dispositif militaire français en Afrique


france-afrique.JPG

 

 

Le 19 et 20 décembre 2012, le président François Hollande a rendu visite au président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika. C'est certainement lors de cette rencontre, que le président algérien a donné son accord pour que les avions français puissent utiliser l'espace aérien algérien, les deux pays ayant des intérêts communs pour lutter contre le terrorisme islamiste. Ce soutien algérien sera réitéré, le 12 janvier 2013, l'Opération Serval commencée.

 


# Les raisons de l'intervention.

 


Les pays de la région et la communauté internationale ne voulaient pas d'un Mali aux mains de djihadistes radicaux dont l'AQMI, organisation terroriste qui a déjà fait beaucoup d'attentats contre l'état algérien et s'est spécialisée dans le kidnapping. Laisser Bamako aux djihadistes aurait pu signifier la déstabilisation de la région sahélienne, menaçant des intérêts économiques occidentaux et algériens,  comme au Niger, avec l'exploitation des mines d'uranium par Areva, ou l'exploitation gazière dans le sud algérien.

Le précédent afghan fut aussi dans tous les esprits, avec une communauté internationale qui n'avait rien fait contre le régime taliban, malgré les suppliques du commandant Massoud, inaction qui s'était terminée un certain 11 septembre 2001, aux USA, avec 3000 morts suite aux attentats terroristes ayant toutché le WTC et le Pentagone.

 


C°) L'intervention.

 

# La France sous l'égide de l'ONU.


Le 7 janvier 2013, les djihadistes reprirent l'offensive vers le sud et mirent en déroute l'armée malienne. Le gouvernement malien demanda alors de l'aide à l'ONU et à la France, pays capable d'intervenir rapidement sur le terrain. Le 11 janvier 2013, François Hollande annonça une intervention militaire française contre les djihadistes au Mali, dans le cadre de l'Opération Serval sous la houlette de l'ONU.


france-mali-guerre.JPG

 

Les forces françaises repoussèrent aisément les djihadistes grâce à l'appui aérien, qui s'enfuirent vers le Nord, ce qui permit à l'armée française de reprendre Tombouctou, Gao et Kidal aux djihadistes en déroute. La France fut soutenue par ses alliés européens et américains au niveau de la logistique et du renseignement.

Sous peu, les états du CEDEAO, dans le cadre de la résolution 2085 du conseil de sécurité des nations-unies du 12 décembre 2012, doivent envoyer une force africaine d'environ 4000 soldats pour appuyer les troupes françaises.

Le Président François Hollande, en Mars 2013, a annoncé le calendrier de retrait progressif des troupes françaises du Mali.

 

# L'aide internationale.

 

Presque tous les pays occidentaux ont fourni une aide logistique à l'armée française.

L'Algérie, directement concernée par l'intervention, avait, pour des raisons de politique intérieure, mis en sourdine son aide à l'ancien pays colonisateur, qui n'a pas bonne presse dans l'opinion publique algérienne. Il n'en reste pas moins que le gouvernement du Président Bouteflika a ouvert son espace aérien aux avions français, et participe au ravitaillement en carburant de la force française, sur place. De plus, le versant algérien du massif des Ifoghas, est complètement bouclé par les forces spéciales algériennes, ce qui empêche tout repli des djihadistes en Algérie. La base de la CIA, à Tamanrasset, fournie, avec ses drônes, d'amples renseignements sur les déplacements dans la région. La CIA disposerait d'une autre base opérationnelle, à Iherhir, dans le Sahara, d'où elle aurait lancé, il y a deux ans (en 2011), une opération contre les djihadistes sahéliens.

 


Les actions de l'AQMI dans la région saharienne.

 


Repost 0
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:38

 

indochine-war.jpg

 

Bibliographie

 

La guerre du Viet-Nam de John Prados, Perrin, 2011.

 

 

 

 

 

 

I. La guerre d'Indochine (1946-1954).

 

1°) L'Indochine Française.

 


A°) La présence française en Indochine.

 

La France est présente en Indochine depuis la fin du 19eme siècle. Sous l'impulsion de Jules Ferry, surnommé "le tonkinois", père de l'école obligatoire et gratuite française et grand promoteur de la colonisation, la République créa l'Indochine Française, en 1884, réunissant l'Annam, la Cochinchine, le Laos, le Cambodge et le Tonkin.

 

indochine-france.JPG

 

L'Indochine ne fut pas une colonie de peuplement, comme l'Algérie, il n'y avait que 30 000 français qui habitait ce pays, en 1940, sur 22 millions d'habitants.

Cette colonie d'exploitation se concentrera sur la culture de l'hévéa, pour produire le caoutchouc.

 

B°) Le rôle de la seconde guerre mondiale.

 

Durant la seconde guerre mondiale, l'Indochine, malgré la défaite française,  sous la férule de l'amiral Decoux, réussit à garder une certaine intégrité du territoire malgré la pression des nippons. Toutefois, il dut faire des concessions aux japonais et ne put stopper l'invasion nippone, le 9 mars 1945, qui se traduisit par la proclamation de l'indépendance du Viêt Nam, le 10 mars. Comme dans les colonies africaines, la défaite du colonisateur français ne fit qu'accélerer le désir d'indépendance des populations colonisées.

Lors de la capitulation japonaise, le 2 septembre 1945, le leader du Parti Communiste Indochinois, Ho Chi Minh,

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/17/Ho_Chi_Minh_1946_cropped.jpg

 

à Hanoï, lut la déclaration d'indépendance.

 

2°) La guerre d'Indochine.

 

A°) Un conflit inévitable.

 

Le communiste Ho Chi Minh s'appuie sur la Charte de l'Atlantique, énoncée par le président Roosevelt, en 1941, pour légitimer l'indépendance du Viêt Nam, alors que la France, elle, veut encadrer cette indépendance. Le 6 mars 1946, l'envoyé du Gouvernement français, Jean Sainteny, signe un accord avec Ho Chi Minh, reconnaissant l'existence d'un Etat libre du Viêt Nam au sein de l'Empire français. Mais, dans le camp français, certains militaire ne veulent pas de ces accords. Le 23 novembre 1946, des échauffourées entre français et vietnamiens entraînent le bombardement du port de Haiphong par la marine française. Le 19 décembre, Ho, chef du Viet Minh (coalition de mouvements vietnamiens pour l'indépendance) lance une offensive pour libérer Hanoï qui marque le début de la guerre d'Indochine.

 

B°) Une guerre impopulaire.

 

Dans un contexte de guerre froide naissante, le parti communiste français qui pèse 25 % des voix en France, soutient le Viet Minh, dirigé par les communistes. Il s'oppose à cette guerre impérialiste et fait bloquer, dans les ports, par les dockers, des transports de troupes en partance pour l'Indochine, comme le Pasteur, bloqué 48 heures à Marseille.

La République a besoin de volontaires pour aller combattre. Le 27 mai 1948, le ministre de la Justice, André Marie, s'adresse aux directeurs de l'administration pénitentaire pour leur demander de sélectionner des détenus pour aller se battre en Indochine. 4 000 volontaires se font inscrire, pour racheter leur peine, souvent pour faits de collaboration. Ils formeront le 1er BILOM, surnommé le " bataillon des damnés" par Raymond Muelle.


bilom-indochine-muelle.jpg

 

L'armée française est surtout constituée de troupes coloniales, de la Légion Etrangère et des unités de parachutistes.

 


C°) Une guerre ingagnable.

 

Si la France contrôle les grandes villes, l'armée ne maîtrise pas le pays profond, couvert par une jungle impénétrable. En 1949, la victoire des communistes en Chine, sous la férule de Mao, va constituer un tournant, puisque les chinois vont désormais aider les troupes du Viet Minh, contre les français, et leur offrir un sanctuaire, de l'autre côté de la frontière.

L'armée française connaîtra d'ailleurs sa première défaite, en 1949, face aux troupes vietnamiennes, à Cao Bang.

 

Mourir-pour-Cao-Bang-Marc-Dem1.jpg

 

Le général de Lattre de Tassigny est alors envoyé en Indochine pour redresser la situation militaire, ce qu'il arrive à faire, avant de s'éteindre en 1952.

 

D°) D'une guerre coloniale à une guerre contre le communisme.

 

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, qui focalise la guerre froide en Asie, la France va s'inscrire dans une lutte contre les communistes, en donnant l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Viêt Nam. L'armée française profite de l'aide américaine pour combattre le Viet Minh. En 1953, le nouveau président des USA, Einsenwoher, annonce sa "théorie des dominos", et renforce son aide aux français.

 

E°) La défaite de Dien Bien Phu et la fin de la guerre.

 

La France s'épuise dans cette guerre lontaine et en mai 1954, l'armée française connaît une défaite historique dans la cuvette de Dien Bien Phu. Cette déroute accélère le désengagement des français et Pierre Mendès-France clôt le chapître français en Indochine avec les accords de Genève, signé en juillet 1954, qui mettent fin à la présence française en Asie. Le Viêt Nam est divisé en deux entités dont la frontière était le 17eme parallèle. Au Nord, les communistes de Ho Chi Minh dominaient, au sud, un gouvernement nationaliste existait.

 

II. La guerre du Viêt Nam (1964-1975).

 

1°) Deux Viêt Nam.

 

Au Nord, une République Démocratique du Viêt Nam, dirigé par les communistes et Ho Chi Minh, au sud du 17eme parallèle, depuis 1955, une République du Viêt Nam dirigée par Ngo Diemh, soutenue par les américains, qui refuse les accords de Genève et l'horizon de la réunification.

 

vietnam-1954.gif

 

Le nord Viêt Nam va alors alimenter une guérilla pour déstabiliser le régime pro-américain de Ngo Diemh, en s'appuyant, dès 1960, sur le Front National de Libération du Sud Viêt Nam (FNL) également appelé Viêt-Cong. Ce dernier était soutenu par l'URSS et la Chine communiste alors que dans la logique de la guerre froide, les USA, selon la "théorie des dominos", appuyèrent le Viêt Nam du sud.

En janvier 1961, devant l'activisme du FNL contre le sud, le président Kennedy porta à 15 000 soldats US, la présence américaine au Viêt Nam du sud.

 

JohnFK.png

 

Devant l'impopularité du régime de Ngo Diemh, les américains autorisèrent un coup d'état contre ce dernier, le 1er novembre 1963, qui ne faisait que renforcer les velléités belliqueuses du nord.

 

2°) Le début de la guerre du Viêt-Nam.

 

a°) Le président Kennedy pour le retrait des troupes du Viêt-Nam ?

 

L'historien John Prados (La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133-134) affirme que la volonté de Kennedy de se désengager du sud Viêt-Nam fut surtout entretenue, après sa mort, par quelques uns de ses conseillers, comme Robert McNamara et repose sur une de ses décisions, éditée dans la NSAM 263, de début octobre 1963, qui actait le retrait de 1000 conseillers militaires pour la fin 1963. Or, il ne faut pas oublier que c'est sous la présidence Kennedy que la présence américaine au sud Viêt Nam est passée de 1200 à 15 400 soldats, de 1962 à 1963 ! De même, dans deux émissions télévisées, l'une sur CBS, l'autre sur NBC, en septembre 1963, le président avait réaffirmé qu'un retrait des forces américaines serait une erreur. Tous les plans de retrait étaient assujettis à la défaite du Front National de Libération du sud Viêt Nam, condition qui n'était nullement réunie à l'époque. Pour John Prados, ce mémorandum NSAM 263, envisageant le retrait de 1000 conseillers américain, était un moyen de faire pression sur le président Diem, pour qu'il réforme ou quitte le pouvoir, condition sine qua non à une aide américaine.

De plus, à la même époque, le président autorisa une escalade militaire au Laos, pour soutenir les forces nationalistes pro-américaines contre le Pathet Lao, mouvement communiste soutenu par le nord Viêt Nam, qui avait repris les hostilités en 1963. Or, la problématique laotienne était intimement liée à la situation vietnamienne.

Par contre, Kennedy était pour une "vietnamisation" progressive du conflit, position qui sera adoptée par Johnson et Nixon.

 


b°) Le sud Viêt Nam, un régime à la dérive.

 

Le coup d'état du 1er novembre 1963 fut suivi par  d'autres, en cette année 1964, dont celui du général Kanh qui renversa le régime de Minh ! Cette déliquescence du régime sud Viêtnamien inquiétait les américains, alors que les forces Viêt Cong accentuaient leurs pressions.

 

c°) La guerre civile au Laos, prolégomène à la guerre du Viêt Nam.

 

Au Laos, la guerre civile gagna en intensité, à partir de 1963, et les forces nationalistes pro-américaines étaient mises en difficulté par les communistes du Pathet Lao soutenus par le nord Viêt Nam. Il y eut une escalade militaire au Laos, actée par le président Kennedy dans le NSAM 259. En mai 1964, des bombardiers américains bombardèrent la piste Ho Chi Minh, au Laos, voie qui ravitaillait la guérilla du FNL au sud Viêt Nam. L'intervention militaire des américains au Laos ne pouvait être qu'un prodrome à l'intrevention militaire au Viêt Nam, puisque la problématique était la même, un régime pro-américain, dans les deux pays, qui s'effondraient devant la guérilla communiste.

 


d°) L'indicent du Golfe du Tonkin.

 

Entre le 2 et 4 août 1964, dans le golfe du Tonkin, des tirs sont échangés entre des torpilleurs nord-vietnamiens et deux destroyers américains, les USS Maddox et Turner Joy. Après ces incidents, le Congrès des USA approuva, le 7 août, la "résolution du golfe du Tonkin" qui permettait au président Johnson,

 

450px-37_Lyndon_Johnson_3x4.jpg 

 

"de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire échec au communisme" ce qui signifiait une intervention militaire américaine.

 

3°) La guerre du Viêt Nam.

 

a°) Opération Rolling Thunder.

 

Les américains choisissent d'utiliser les bombardements stratégiques, avec l'opération Rolling Thunder,  pour faire plier le nord Viêt Nam. Ces bombardements massifs qui dureront de 1965 à 1968 seront un échec, puisqu'ils ne pourront amener le pouvoir communiste de Hanoï à négocier.

Par contre, de 1965 à 1973, les bombardiers américains bombardèrent massivement les bases arrières du Viêt Cong au Cambodge, dans le plus grand secret.

 

b°) L'offensive du Têt: défaite militaire mais victoire politique.


 

De 190 000 soldats, début 1965, les effectifs militaires américains vont augmenter à 525 000, début 1968.

Le 30 janvier 1968, les forces combinées du FNL et de l'armée nord-vietnamienne passent à l'offensive lors de l'offensive du Têt,  en attaquant les villes du sud Viêt Nam. Mais après 5 semaines de combat, l'attaque communiste sera un échec sanglant. Mais politiquement, cette offensive fut une victoire, puisque médiatiquement parlant, les combats de rues montrés à la TV américaine et les 700 boys morts surant le Têt, accéléra le retournement de l'opinion publique américaine.

 

c°) L'opposition américaine à la guerre du Viêt Nam.

 

Le 21 octobre 1967, une marche vers le Pentagone, contre la guerre du Viêt Nam, va mobiliser 100 000 personnes. Le 15 novembre 1969, de 250 à 500 000 personnes participeront à la marche anti-guerre vers Washington.

Beaucoup de jeunes américains refusent de partir se battre au Viêt Nam, le plus célèbre des objecteurs de conscience fut le boxeur Mohamed Ali.

 

Muhammad_Ali_NYWTS.jpg

 

Le mouvment hippie anti-guerre, s'appropriera le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".


d°) Nixon ou le désengagement progressif.

 

Richard Nixon, élu fin 1968, avait fait du désengagement progressif du Viêt Nam une promesse de campagne.

 

Richard_Nixon.jpg

 

Sous l'influence de son conseiller, Henry Kissinger, il commença des pourparlers de paix avec le nord Viêt Nam, à Paris, à partir de 1969.

La nouvelle stratégie des américains fut la "vietnamisation" du conflit, c'est à dire remplacer, progressivement, les boys par des sud-vietnamiens, capables de se défendre eux-mêmes.

Mais cette stratégie ne fonctionna pas, le régime du sud Viêt Nam étant trop corrompu pour avoir un quelconque crédit par rapport à sa population.

 

e°) Les accords de paix de Paris (1973).

 

Américain et vietnamien signent, le 27 janvier 1973, les accords de Paris, les américains s'engageant à retirer leurs troupes et les vietnamiens s'engagaient à libérer tous les prisonniers. L'agonie du sud Viêt Nam dura encore près de 2 ans, jusqu'à la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, clôturant 11 ans de guerre.

 

4°) La guerre du Viêt Nam dans la culture américaine.

 

Si Les Bérets Verts, de John Wayne, en 1968, était une ode à l'action militaire au Viêt Nam, rapidement, le cinéma américain va aborder la violence de cette guerre, dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, en 1979, 

 

apocalypse-now.JPG


souligner les conséquences psychologique et sociale du conflit, avec Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, en 1978, 

 

voyage-au-bout-de-l-enfer.jpg

 

et Rambo, de Ted Kotcheff, en 1982.

 

rambo_6cfb125c.jpg

 

Par rapport à la censure touchant la guerre d'Algérie, en France, Hollywood, peu après la fin de la guerre, a pu évoquer ce conflit dans tous ses aspects.

Repost 0